Publié le 12/03/2018 à 00:00 / Jura Agricole

BILAN METEO

Après un mois de janvier marqué par des records de précipitations et la douceur des températures, le mois de février se remarque à l’inverse par des températures inférieures à la normale et des précipitations plus faibles que la normale.

Des gelées importantes lors d’un mois déficitaire en pluie

Le mois de février s'inscrit en contraste par rapport à janvier où d'importantes précipitations avaient touché l'est de la zone Centre-Est, Bourgogne Franche-Comté et Rhône-Alpes. En février, les précipitations s'inscrivent en retrait par rapport à la normale des 30 dernières années. Une seule station météo enregistre un cumul de précipitations strictement égal à la normale, celle de Saint-Étienne. Les autres affichent des cumuls sous les valeurs normales, parfois avec des écarts importants comme à Lanas où il est tombé 21 mm pour une normale de 62 mm ou encore à Grenoble où les précipitations du mois représentent seulement la moitié de la normale avec 24,2 mm pour une normale de 48,6 mm.


Un déficit de précipitations de 10 à 30 %


Cinq stations de la zone Centre-Est ont reçu entre 60 et 80 % des pluies de la normale. C'est le cas de Montélimar dans le sud de la Drôme, dans le nord-est de Rhône-Alpes à Ambérieu (46,6 mm pour 69,1 mm) et à Lons-le-Saunier (53,8 mm pour 71,8 mm), à la frontière entre les monts du Lyonnais et les monts du Beaujolais, aux Sauvages (39 mm pour 50 mm) et dans les Préalpes à Chambéry (54 mm pour 71,6 mm). Cinq autres stations, situées dans l'axe Dijon-Lyon et dans l'arc alpin, ont été un peu plus arrosées avec des cumuls entre 80 % et 90 %.
La capitale des Gaules a enregistré un cumul de précipitations de 36,8 mm pour une normale de 46,3 mm. À Bourg-Saint-Maurice, il a plu beaucoup moins qu'en janvier avec 47,3 mm pour une normale à 60 mm. Le long de la Saône, à Mâcon, les pluies de février ont représenté 85 % de la référence (40,2 mm pour 47 mm).
Plus au nord, à Dijon, les précipitations atteignent 90 % de la normale.


Une période de recharge hivernale inégale


Depuis le début d'année, les cumuls restent largement excédentaires suite aux importantes précipitations de janvier. En revanche, depuis le début de la période de recharge hivernale en septembre dernier, cinq stations de la zone Centre-Est sont encore déficitaires. En Ardèche du sud, Lanas affiche le plus important retard par rapport à la normale avec seulement 54 % des pluies des six derniers mois, ce qui représente 310 mm en moins. Montélimar fait légèrement mieux avec 57 % soit 240 mm de retard. Plus au nord, aux portes du Forez, Saint-Étienne affiche également un déficit important de 34 % des précipitations par rapport à la référence historique. Il manque 115 mm sur les six derniers mois sur les pelouses de Geoffroy-Guichard. Dans le derby du retard des précipitations, c'est d'ailleurs Saint-Étienne qui l'emporte sur  Lyon, également en retard, mais dans une moindre mesure. Il manque ainsi 42 mm à Lyon soit 10 % des précipitations depuis septembre. Les Sauvages affiche enfin un léger retard de 7 % soit 33 mm.

Malgré les fortes précipitations de janvier, seules deux stations ont une avance significative sur la normale depuis septembre : Chambéry (+ 25 %) et Bourg-Saint-Maurice (+ 65 %). Dans les autres stations, les cumuls sont très proches des normales avec des excédents compris entre 1 et 10 %. Si le mois de janvier a permis de recharger les nappes phréatiques, on note qu’il reste des zones où les pluies n’ont pas été suffisantes pour avoir un effet fort sur les niveaux des eaux souterraines. Sur le plan des températures, le mois a été plutôt froid avec des températures sous les normales saisonnières. Une vague de froid venue de Sibérie par un front du nord-est a traversé l’Europe à la fin février entraînant de forte gelée jusqu’à -10 °C en plaine les 26 et 27 février sans que cela n’ait d’impact significatif sur les cultures en place.

Pour les vergers, il y a eu une inquiétude dans la vallée du Rhône, mais il semblerait que le potentiel soit préservé. Plusieurs stations n’ont pas enregistré un seul degré au-dessus de 8°C pendant un mois comme à Dijon, Lons-le-Saunier, Les Sauvages, Bourg-Saint-Maurice ou encore Thonon.

Au final, la fin du mois de février clôt l’hiver météorologique qui aura été très contrasté, alternant douceur et grand froid, période sèche et très perturbée. 


CP