Publié le 26/01/2017 à 00:00 / Jura Agricole

Moissonneuse-batteuse

Les moissonneuses-batteuses de plus en plus lourdes et la contrainte du gabarit routier imposent le recours aux pneumatiques de dernière génération, voire aux chenilles.

Pneus ou chenilles pour s'adapter à la charge

La question des pneumatiques reste un sujet crucial lors de l'achat d'une moissonneuse-batteuse neuve. Plusieurs facteurs rentrent en compte : les coupes de plus en plus larges sont par conséquent plus lourdes. Les trémies offrent des capacités accrues, pouvant atteindre 14 000 litres. Par ailleurs, les agriculteurs cherchent à limiter la compaction des sols, tandis que d'autres souhaitent ne pas dépasser les 3,50 m de large sur la route afin d'éviter l'escorte par un second véhicule. Pour répondre à toutes ces contraintes, on peut distinguer trois stratégies : augmenter le diamètre des roues pour augmenter la surface de portance, choisir des pneumatiques IF ou des chenilles caoutchouc pour offrir une plus grande surface de contact sans accroître le gabarit, afin de circuler sur la route.

 

Des pneus plus hauts et moins larges

 

Ces dernières années, les constructeurs ont fait évoluer leur machine pour pouvoir monter des pneumatiques de plus grand diamètre atteignant, voire dépassant les deux mètres. Outre l'augmentation de charge par essieu, cette évolution permet d'accroître la surface de la bande de roulement sans changer le gabarit. Mieux, il est possible de passer d'une dimension « basse » et large à une dimension haute et moins large, tout en ayant une capacité de charge équivalente et une bande de roulement sensiblement de même surface. Ainsi, comparée à une taille 800/65R32 (1,85 m de diamètre), la dimension 680/85R32 (1,95 m de diamètre) peut permettre à une moissonneuse-batteuse de rester dans un gabarit inférieur à 3,50 m tout en ayant une bande de roulement supérieure de 3 %. Mais ce diamètre accru ne concerne pas uniquement les pneumatiques avant. Certains constructeurs proposent des pneumatiques de 1,65 m pour l'essieu arrière.

 

Basse pression et grande surface au sol

 

Parmi ceux-ci, une majorité exploite la technologie IF (Improved Flexibility – flexibilité améliorée), voire VF (Very improved Flexibility – flexibilité très améliorée). Ces pneumatiques se caractérisent par leurs flancs très souples et par leurs capacités de charge élevées, notamment à faible pression. À titre d'exemple, un pneu IF 680/85R32 de type CerexBib gonflé à 1,8 bar offre une surface d'empreinte 25 % supérieure à un pneu standard de même dimension gonflé à 2,9 bars pour une capacité de charge identique. Le même pneu IF 680/85 R38 gonflé à 2,2 bars conserve même un avantage de 6,6 % de surface d'empreinte par rapport à un pneu standard 900/60R32 gonflé à 2,3 bars. Aujourd'hui, outre Michelin qui a été le précurseur avec son modèle CerexBib, la plupart des manufacturiers proposent la technologie IF, voire VF.
Mais attention, ces pneumatiques ont un coût. Selon les marques, la différence de prix entre un pneu classique et son équivalent en IF ou VF peut atteindre les 20 %.

 

Des chenilles d'origine sur les plus gros modèles

 

Solution plus radicale pour limiter la compaction, la chenille est même imposée sur les plus grosses machines comme la Lexion 780 ou encore la New Holland CR 10.90. Mais même sur des machines plus modestes, l'alternative des chenilles est proposée en option d'usine. Selon les marques et les largeurs, le surcoût par rapport à une monte de pneus classiques peut atteindre 60 à 90 000 euros. Certes, le coût reste élevé, mais le surcoût se retrouve à la revente. Difficile en revanche d'estimer les gains liés à la réduction importante de la compaction des sols obtenus grâce aux chenilles. Ces dernières peuvent également avoir un avantage décisif en termes d'organisation de chantier en préservant un gabarit routier inférieur à 3,50 m, y compris avec une grosse machine. La chenille n'a pas encore une image très positive auprès des agriculteurs et entrepreneurs. La première crainte concerne le confort. Malgré les suspensions intégrées aux trains de chenilles, le confort reste plus ferme, mais l'on gagne en stabilité : il y a moins de ballant sur la route et les cahots sont gommés au champ. Quant aux bandes caoutchouc, tous les constructeurs s'accordent à dire qu'elles n'usent pas plus qu'un pneu et qu'elles feront la durée de vie de la machine.

 

Michel Portier et Ludovic Vimond