Publié le 09/01/2015 à 00:00 / Jura Agricole

MAÏS FOURRAGE

Comme chaque année, Arvalis Institut du végétal dresse un bilan des variétés de maïs pour la grande région Nord-Est, bilan qui tient compte des résultats d'essais, tant pour les composantes du rendement que pour la sensibilité aux différentes maladies.

Les préconisations de semis pour 2015

Le choix des variétés préconisées résulte des résultats des différents essais 2014 et des années antérieures. Par petite région naturelle, nous proposons une liste de variétés qui prend en compte les conditions climatiques moyennes (tardivité par exemple) et les dates de semis (semis souvent retardé dans les secteurs humides comme le Ried ou la Bresse par exemple). La sensibilité à l'helminthosporiose est aussi à prendre en compte dans les préconisations, car même si la maladie a été peu dommageable depuis quelques années, elle avait fortement marqué la région par le passé. Nous n'avons pas pu effectuer d'observations pertinentes sur le sujet cette année en Alsace, ni dans les régions limitrophes (Bourgogne, Franche-Comté, Rhône Alpes) et donc de mettre en évidence des différences variétales. Alors qu'il n'y a pas de discussion sur certaines variétés particulièrement sensibles (qui extériorisent des symptômes même en faible pression de maladie), il peut y avoir des comportements moins affirmé pour des variétés classées «assez tolérantes». Elles peuvent, en cas de forte pression de la maladie dès le début de la campagne, être mise en difficulté.


Sensibilité à la fusariose des épis


La sensibilité à la fusariose des épis (Fusarium graminearum) est un autre critère agronomique dont il faut avoir conscience. Cette maladie a fortement marqué l'est de la France en 2014, caractérisé par une humidité permanente à la floraison mais aussi plus d'un mois après. Le champignon qui pénètre par les soies et se propage du sommet vers la base de l'épi, profite de la sensibilité de certaines variétés, de leur spathes collées et de leur stade au moment de la période climatique à risque. Certaines variétés semblent plus sensibles que d'autres. On les classe en «Assez sensible» alors que les plus saines, à priori plus tolérantes sont classées «Assez tolérante à tolérante». En conditions favorables (chaleur et humidité en fin de cycle), ces champignons pourront développer des mycotoxines qui altèrent la qualité sanitaire de la production. Pour les variétés qui ont montré le plus de symptômes il faudra veiller à adapter la tardiveté de la variété et sa date de semis en fonction de la région agro-climatique afin de prévoir une récolte avant le 31 octobre.


Viser une récolte avant le 31 octobre


Les indications sur la surface maximum conseillée par type de précocité tiennent compte des risques climatiques moyens. L'année 2014, peu favorable en cours d'été, a finalement « profité » d'une arrière-saison clémente. Les récoltes se sont tout de même terminées tardivement, courant novembre, mais les craintes de ne pas pouvoir récolter correctement à maturité, ont été réelles. Le bon sens demeure de dire qu'il est dangereux de se cantonner à cultiver des hybrides tardifs. Les repères de précocité/tardivité sont indiqués en somme de températures nécessaires depuis le semis pour atteindre 32% d'humidité du grain. C'est une indication, même si on recherchera à récolter en dessous de la barre des 30% d'humidité. Les variétés confirmées présentent des productivités intéressantes depuis au moins 2 ans. Certaines ne sont plus mises en essai mais les échos du terrain permettent néanmoins de les juger. Quant aux variétés nouvelles, apparues en 2014, elles se sont fait remarquer par leurs résultats. Les variétés classées comme «nouvelles» ne sont bien sûr pas préconisées sur de grandes surfaces. Le maïsiculteur les cultivera pour «essayer» sur quelques hectares.


AC, d'après Arvalis Institut du végétal