Publié le 22/01/2015 à 00:00 / Jura Agricole

Biogaz

Les agriculteurs suivent de près le projet de méthanisation Dole Biogaz qui devrait s'implanter sur la zone artisanale de Brevans. Les négociations se poursuivent avec la société Naskeo Environnement.

Des agriculteurs intéressés par le projet de méthanisation à Brevans

«Nous sommes actuellement en discussion avec la société Naskeo Environnement qui est à l'origine du projet. Nous voulons définir plus précisément les échanges fumier/digestat et la participation des agriculteurs au capital de Dole Biogaz», annonce Gilles Marechal-Lyet, membre du comité de pilotage agricole qui s'est constitué pour être l'interlocuteur de Naskeo Environnement. «Les agriculteurs de la zone de Brevans ont été contacté pour connaître les quantités de fumier dont ils disposent sur leur exploitation mais ils n'ont pas participé au montage du projet», précise Gilles Marechal-Lyet.

De son côté, la société Naskeo Environnement a demandé dès 2011 au Grand Dole l'autorisation d'exploiter une usine de méthanisation. Les études ont été réalisées et l'enquête publique s'est achevée le 28 novembre dernier.

 

Brevans ou Innovia


Les riverains s'inquiètent de l'impact d'une telle usine et s'interrogent sur le choix du lieu d'implantation. Un collectif d'habitants et l'association Serre Vivante restent opposés au projet. Ils l'ont redit lors de la réunion d'information publique le 17 décembre à Brevans. «Initialement, un emplacement avait été trouvé sur la zone Innovia à Choisey. Cependant, l'étude de faisabilité réalisée par GRDF sur ce site a conclu que l'injection de biométhane sur le réseau était impossible», répond Sophie Clermont, responsable du projet Dole Biogaz chez Naskeo. Sans oublier la difficulté d'implanter une usine de biogaz à proximité d'un site classé Seveso. Le choix du terrain s'est donc finalement porté sur la ZAC de la Combe à Brevans. Cette zone d'activités, située à l'entrée de la ville est actuellement en développement : un bolwing y est déjà implanté.

 

Rentabilité


D'après les chiffres fournis par la société Naskeo, le projet Dole Biogaz est rentable avec un taux de retour sur investissement de 9 ans et un taux de rendement interne de 8%. L'investissement total pour la construction de l'unité de méthanisation représente environ 7 millions d'euros, dont 300 000 euros d'achat du terrain au Grand Dole ; un tiers des fournisseurs pourront être choisi localement. 2,5 emplois directs seront créés pour faire fonctionner le site et 3 emplois indirects seront nécessaires pour gérer les transports et l'épandage des matières.
Les agriculteurs concernés espèrent «un juste retour économique et agronomique» s'ils s'engagent dans le projet. Prochaine étape : la réactivation du GVA de la Plaine doloise, aujourd'hui en sommeil, qui deviendrait la structure porteuse du projet du côté agricole ; ainsi que la création d'un GIEE (Groupement d'intérêt économique et environnemental), avec l'appui de la chambre d'agriculture, du CER France Jura et d'Agriconseil 39. «Nous sommes aux prémices des projets biogaz en France. Je pense qu'il vaut mieux être précurseur pour pouvoir bénéficier d'aides, à l'exemple de ce qui s'est passé avec le photovoltaïque» conclut Gilles Marechal-Lyet.


Isabelle Pouget

Le projet Dole Biogaz


? Société de projet : Dole Biogaz, filiale de Naskeo Environnement
? Gisement : 35 580 tonnes par an dont 22 080 t/an de fumiers, 2 760 t de lisiers, 600 t d'issues de céréales, 120 t de paille, 2 400 t de déchets verts, 840 t de menues paille, 300 t de biodéchets (cantines), 1 400 t de graisses de curage et 1 140 t de jus et eaux sales (abattoir). Pas de boues de station d'épuration, à la demande des agriculteurs.
? Valorisation du biogaz : Injection de biométhane sur le réseau
? Valorisation des digestats : Séparation de phases, épandage des digestats solides, stockage en lagune in situ des liquides avant épandage. Le plan d'épandage nécessite 4 073 hectares de surface labourable. Pas d'épandage sur prairies (zone AOP Comté exclue à la demande du CIGC).
? Procédé utilisé : méthanisation hybride par voix liquide (après hygiénisation à 70°C) et par voie sèche thermophile (55°C)
? État d'avancement du projet : début du chantier possible au printemps 2015