Publié le 10/02/2015 à 00:00 / Jura Agricole

ATLAS PAPILLONS DE JOUR

Les régions de Bourgogne et la Franche-Comté ont décidé de papillonner ensemble. Cela tombe bien car un Atlas des papillons de jour de Bourgogne et Franche-Comté vient de paraître. Fruit d'un travail de longue haleine et d'une collaboration interrégionale, il constitue déjà une référence participant à la construction de la connaissance sur la Nature.

Ca papillonne entre Bourgogne et Franche-Comté

Au fil de ce fabuleux livre richement illustré, toute la beauté de ces fragiles insectes s'expose au fil des pages ; leurs habitudes et milieux de vie, leurs répartitions régionales... de quoi faire papillonner vos yeux de plaisir !

Cet Atlas passe en revue la totalité des groupes de papillons dits de jour que l'on rencontre dans nos régions (Bourgogne + Franche-Comté), soit un total de 160 espèces (Rhopalocères et Zygènes). Beaucoup d'espèces sont partagées et communes mais d'autres demeurent très localisées. L'atlas réunit donc des cartes de répartitions précises (à l'échelle de la commune) avec des données récentes, une riche iconographie pour que chaque espèce puisse être reconnue. «Les données collectées sont en très grande majorité des données postérieures à 1976, provenant d'observateurs qui connaissent très bien le terrain ?indique Roland Essayan, coordonateur de l'ouvrage et membre de la société d'histoire naturelle d'Autun? Nous avons observé l'arrivée de quelques espèces nouvelles, mais surtout un grave effondrement généralisé concernant les espèces les plus spécialisées, soit largement plus de la moitié des espèces. Cette régression se poursuit toujours et les cartes post-2000 demeurent aujourd'hui malheureusement trop optimistes. Les papillons, très tributaires de leur environnement (pollutions, plantes-nourricières, météorologie, échanges génétiques,...) sont très sensibles à ces facteurs et il faut un regard de spécialiste pour s'apercevoir des modifications, qui ne vont pas dans le bon sens» ajoute Roland Essayan.


Comment aider les papillons ?

 

Pour aider les papillons, il faut deux choses essentielles : les plantes adéquates pour que les chenilles puissent accomplir leur cycle, et des plantes nectarifères, pour que les adultes puissent tirer leur énergie pour le vol et la reproduction. Les «espaces verts» actuels sont de véritables déserts, car on n'y trouve pas les orties, les saules, et tous les végétaux autochtones, base nourricière de la biodiversité. Les végétaux exotiques, exogènes aux feuilles souvent persistantes, font «beau», mais sont sans intérêt pour les papillons et les autres insectes, qui ne cessent de régresser. Il en est de même pour les jardins, tondus et retondus, aux haies de thuyas et de lauriers, dont les propriétaires ne se rendent pas compte de la triste illusion de nature qu'ils apportent.

À ce sujet, le site «Noé conservation» donne d'excellents conseils pour que vos jardins puissent redevenir accueillants. Enfin, il va sans dire que les pesticides doivent être totalement proscrits dans les environnements urbains et périurbains, comme la ville de Dijon s'y est engagée. C'est un premier pas qui doit en encourager d'autres. Les activités humaines étant également garantes de cette biodiversité. Les papillons dépendent des milieux ouverts et n'aiment pas les forêts. Ils ont besoins de zones agricoles extensives, de pâturages, mais supportent mal les pesticides.
Pourtant qui ne s'est pas émerveillé lorsqu'il a l'occasion d'observer un papillon en train de butiner, de faire une pariade (tentative d'accouplement), ou même de chercher à pondre ? Ce spectacle, autrefois si banal et normal, est devenu dans notre monde aseptisé, un événement rare. Pourtant, chacun, en gérant une parcelle de jardin habilement, peut arriver à faire revivre la biodiversité.


De nombreuses autres précisions sur les modes de vie des adultes (papillons) et des larves (chenilles) sont expliqués dans cet Atlas.
Pour se le procurer et apprécier ses textes et photographies colorées au fil de ses 494 pages savantes, commandez-le au plus vite à Bourgogne-Nature au 03.86.76.07.36 ou à contact@bourgogne-nature.fr.