Publié le 24/02/2015 à 00:00 / Jura Agricole

Bilan campagne tournesol

La campagne 2014 a été marquée dans le quart Est de la France par un scénario complexe cumulant difficultés à l'implantation et à la récolte. Ces difficultés sont le plus souvent d'ordre climatique et ont eu des conséquences sur le peuplement, sur l'état sanitaire en végétation et sur la quantité de jours de travail disponibles.

Une campagne tournesol 2014 plutôt décevante

Le rendement moyen du quart Est est de 24,2 q/ha ce qui est assez modeste, avec des extrêmes pouvant aller de 14 à 18 q/ha dans le sud de l'Alsace et le sud de Rhône-Alpes, et jusqu'à 29 à 32 q/ha dans le nord de l'Alsace, une partie de la Lorraine, dans la Marne et l'Aube. Le rendement moyen cache de fortes hétérogénéités. L'hiver 2013-2014 caractérisé par une quasi-absence de gel et un excès d'eau a provoqué une mauvaise structuration des sols. Le sec du début de printemps n'a pas permis d'améliorer les structures : les sols étaient durs et motteux. C'est dans ce contexte qu'ont commencé les semis de tournesol vers le début du mois d'avril. Les levées sont souvent hétérogènes, lentes, et donc vulnérables aux dégâts d'oiseaux mais aussi sujettes à un mauvais enracinement. L'efficacité des herbicides de prélevée a été pénalisée par le manque d'eau. À la fin de cette période d'implantation, les densités sont moyennes, le développement des plantes est hétérogène et il y a de nombreux échecs de désherbage. La douceur printanière a favorisé l'arrivée précoce de pucerons verts : de forts symptômes de crispations sont souvent observés, notamment dans le nord de la zone Est. Le stress hydrique s'amplifie et courant juin, on voit apparaître des symptômes de carence induite en bore dans les sols légers qui est accentuée par le mauvais enracinement des tournesols. L'arrivée de la pluie en juillet, pendant la floraison, va permettre un retour à une alimentation hydrique correcte. Le manque de rayonnement va avoir des effets négatifs sur le remplissage des graines et sur la teneur en huile. Cette atteinte au potentiel de rendement est accentuée par le développement parfois très important de phomopsis tardif ainsi que de botrytis, de phoma et de sclérotinia sur capitules. Des phénomènes de verse mécanique sont observés dans les parcelles mal enracinées. La fin de cycle se fait dans des conditions très humides et fraîches. La récolte a lieu assez tardivement et de façon incomplète au vu des hétérogénéités de maturité au sein d'une même parcelle. Les capitules qui semblaient secs, ont des taux d'humidité souvent importants. Le salissement des parcelles a créé une forte concurrence et les plus sales atteignent parfois difficilement les 10 q/ha. À l'inverse, certaines parcelles sortent clairement du lot et dépassent les 40 quintaux.


Les enseignements de la campagne 2014


Le choix de la variété reste le critère prioritaire. En effet, outre son caractère oléique ou non, la précocité de la variété, sa tolérance au sclérotinia et au phomopsis, sa productivité et enfin sa teneur en huile sont des paramètres majeurs à bien prendre en compte. En zone Nord-Est, préférez des variétés précoces et très précoces à semer avant le 15 avril, quand les sols sont ressuyés et réchauffés pour augmenter les chances de levées homogènes et rapides. Les semis trop tardifs exposent souvent la culture au stress hydrique lors des phases du cycle les plus sensibles et à des retards de récoltes lourds de conséquences (qualité, quantité, séchage). Des alternatives au désherbage traditionnel de prélevée sont envisageables quand la parcelle a un stock semencier élevé qu'il faut alors anticiper avec des variétés tolérantes à des herbicides inhibiteurs d'ALS, ou alors quand il est possible d'intervenir avec un désherbage mécanique, seul ou en complément d'un herbicide plus ciblé.


Cétiom