Publié le 11/03/2015 à 00:00 / Jura Agricole

Fertilisation prairiale

Principale ressource alimentaire des élevages de ruminants, l'herbe mérite une attention particulière en fin d'hiver, de manière à pouvoir s'assurer d'une bonne production que ce soit sur le plan quantitatif ou qualitatif pour l'ensemble de la saison.

Assurer une bonne production

La fertilisation des prairies représente un poste de charges et un levier d'action importants sur la productivité. A la fin de l'hiver, elle a pour objectif de favoriser le redémarrage de la végétation. Pour cela il faudra privilégier des engrais à minéralisation rapide, afin que les disponibilités coïncident avec les besoins importants de la flore. C'est le cas des composts, mais aussi des lisiers et purins. Un complément azoté sous forme minérale pourra aussi être apporté au printemps, à moduler bien entendu en fonction du niveau d'intensification de la prairie
Les premiers apports sous forme minérale sont à effectuer au moment du redémarrage de la végétation (seuil des 200°C). Pour rappel, la fertilisation azotée minérale n'est pas nécessaire lorsque la prairie présente plus de 30% de légumineuses au printemps. L'apport est à proscrire également sur les jeunes prairies (moins de 6 mois) comportant des légumineuses. La fertilisation azotée des prairies à exploitation précoce doit avoir lieu aux environs de 200°C cumulés depuis le 1er janvier si on veut avoir le rendement maximal. Si l'on souhaite retarder un peu la date de fauche (prévision en foin début juin), il vaudrait mieux attendre les 300°C cumulés afin de ne pas trop pénaliser la qualité du fourrage. Les dates d'apport sont très variables d'une année à l'autre, et selon la station concernée (altitude, exposition) : les 200°C peuvent être atteints fin janvier comme début mars et les 300°C entre le 15 février et fin mars. La dose d'azote peut se calculer à partir d'une équation bilan de la même façon que pour la fertilisation des céréales. Voici quelques repères : 0 à 30 unités d'azote à l'hectare pour des pâtures extensives ou des prairies en fauche tardive, 30 à 60 unités pour des pâtures intensives ou des prairies en fauche précoce, et de 60 à 90 unités dans le cas de prairies temporaires intensives récoltées en ensilage.


Phosphore et potassium


La prairie est une culture qui exporte chaque année des quantités importantes de phosphore et de potasse: 5,7 kg de P2O5 /tMS et 26,5 kg de K2O /tMS en moyenne en prairie temporaire (plutôt fauchée). L'indice de nutrition PK est la mesure la plus fiable pour connaître le niveau de fertilisation PK à apporter à sa prairie. En effet, l'analyse d'herbe mesure les quantités d'éléments que la plante a pu absorber lors de sa croissance. Une faible quantité est signe de sous-fertilisation (le rendement aurait pu être meilleur), une trop forte quantité montre que l'élément est en surplus (des économies sont possibles).