Publié le 11/03/2015 à 00:00 / Jura Agricole

Cultures

Il est toujours tentant pour des questions d'organisation de « tout faire en même temps » comme le deuxième apport d'azote sur colza, blé et orge d'hiver. Encore faut-il que les stades d'applications soient au rendez-vous. Pour le blé semé fin septembre, c'est le cas. Mais pour celui semé fin novembre et tout juste début tallage, ce ne sera pas avant avril, dans 3 à 4 semaines.

COLZA HIVER

* Stade : la majorité des colzas sont encore au stade C1. Seulement quelques parcelles sont au stade C2 (entre-nœuds visibles).
* Ravageurs : les captures de charançon de la tige du chou (non nuisible) sont quasi systématiques dans les 33 parcelles de colza du réseau du BSV de Franche-Comté. Elles sont nombreuses, en moyenne 25 individus par cuvette. Par contre, seulement la moitié des sites sont concernés par celles du charançon de la tige (nuisible) avec des captures bien inférieures, 6 en moyenne. 
Pour le département du Jura, on relève des captures de charançon de la tige dans seulement 4 parcelles sur un total de 11. Elles sont faibles, une à Annoire, Les Hays, Desnes et 9 à Parcey. Il est donc trop tôt pour intervenir, d'autant plus que la tige n'est pas visible dans la plupart des colzas. Il est important de bien observer sa ou ses cuvettes cette semaine au vu des prévisions météorologiques, voire d'observer les piqures en fin de semaine, début de semaine prochaine.
Rappel : le charançon de la tige du colza est potentiellement nuisible, il pique et pond dans la tige du pied de colza. Ces piqûres provoquent des déformations du pied, des éclatements de tige. La lutte chimique consiste à éliminer les adultes avant qu'ils ne pondent. On a pour habitude de dire qu'il faut intervenir 8 à 10 jours après les premières captures, temps nécessaire pour que les femelles acquièrent leur maturité sexuelle et avant qu'elles ne pondent. Le stade de sensibilité du colza commence au stade C2, la tige doit être visible. Il se termine au stade D1.
Seuil de nuisibilité : il n'existe pas, mais on peut l'apprécier, d'une part en comptabilisant les captures, et d'autre part en observant les piqûres sur 20 pieds. Le risque est considéré élevé par nos confrères suisses si :
- Plus de 20 % des tiges sont piquées lorsque leur longueur est comprise entre 1 et 5 cm,
- Plus de 40 % des tiges sont piquées lorsque leur longueur est comprise entre 6 et 20 cm.

* Fertilisation azotée et soufrée : bien qu'ils aient déjà débuté, les « deuxièmes apports » d'azote sont à envisager prochainement notamment en cas d'annonce de pluie. Ils sont préconisés entre le stade C2 (entre-nœuds visible) et D1 (boutons accolés), période coïncidant généralement avec l'apport de soufre soit C2-D2. Ce dernier doit être de 75 kg/ha de sulfate ou 75 unités de SO3.

* Désherbage anti-graminées: en cas de nécessité, il est important d'intervenir avant que le colza se développe et recouvre parfois les graminées. La période semble propice.

 

BLE HIVER

* Stade :
 3 feuilles-début tallage pour les semis de mi-novembre.
 Tallage à fin tallage pour les semis d'octobre.
 Le stade « épi 1 cm » est atteint dans les parcelles semées fin septembre.

* Fertilisation soufrée:

Pour la troisième année consécutive, le risque de carence en soufre sur céréale d'hiver est important quel que soit le type de sol. En effet, la pluviométrie depuis le 1er octobre dépasse les 400 mm pour tous les postes de la plaine du Jura (Tavaux 405 mm !). Une carence en soufre a pour effet de diminuer le nombre d'épis au m² et la fertilité des épis. Les symptômes d'une carence apparaissent généralement à partir de fin tallage début montaison et se caractérisent par la présence de foyer au sein de la parcelle. Les dernières feuilles sont vert pâle avec la présence de stries jaunes ou vert clair le long des nervures. Les pertes vont de 2 à 10 q/ha dans la plupart des cas et jusqu'à 20 q/ha pour les carences les plus sévères.
Grille de décision d'un apport de soufre au printemps sur céréales pour les situations sans apport régulier de fumier depuis 20 ans. (Source : Arvalis).

Pluviométrie 1/10 au 1/03 Précédent avec fertilisation soufrée de plus de 60 kg SO3/ha (colza ...) Autres précédents
Risques élevés : sols superficiels, filtrants. Forte ou normale > 250mm 40 50
Faible < 250 20 30
Risques moyens : argilo calcaire profond, limon battant hydromorphe Forte > 400mm 30 40
normale 20 30
Faible < 300mm 0 20
Risques faibles : sols profonds sains. Forte > 400mm 20 30
normale 0 20
Faible < 300mm 0 0

Pour éviter le risque de lessivage mais aussi apporter l'élément au début de la période des forts besoins, l'apport doit être effectué entre la fin du tallage et le tout début de la montaison (épi 1 cm). Il faut généralement 100 à 150 kg/ha de « sulfate d'ammoniaque », parfois moins pour apporter la quantité de soufre nécessaire. Il est vivement déconseillé d'augmenter la quantité apportée pour satisfaire le besoin azotée notamment lors du deuxième apport. C'est une dépense inutile et un gaspillage.

La kiésérite peut être retenue à condition d'être dans un sol qui le justifie et notamment par une faible teneur en magnésie.

Il est possible aussi d'intervenir une fois la carence observée. Dans ce cas, une pluie est nécessaire après l'apport pour que le soufre apporté soit efficace.

* Régulateur :
Au vu des pratiques constatées lors des formations Certiphyto, une majorité de parcelles ne reçoit pas de régulateurs. Et aucun phénomène de verse n'est constaté par ces agriculteurs. Preuve que pour la plupart des parcelles, ce traitement ne présente pas d'intérêt. Cependant, pour d'autres c'est un traitement systématique. Avec des produits peu coûteux (équivalent Cycocel C3 ou C5), c'est une assurance à pas chère.

Compte tenu des nouveaux objectifs du plan Ecophyto, l'abandon de ce traitement est probablement une des réductions les plus aisées à faire sans gros risque de perte de productivité ou de qualité. Encore faut-il laisser un témoin non traité dans chacune de ses parcelles traitées pour le savoir et remettre en cause ses pratiques si la verse se manifeste.

Si quatre critères déterminent principalement le risque de verse :
- la sensibilité de la variété,
- la densité de tige,
- le niveau de nutrition azotée en début de cycle,
- les conditions météorologiques à la montaison,

C'est généralement le premier le plus important.

Variétés les moins sensibles : Fructidor, Allez-y, Cellule, Oregrain, Ionseco, Oregrain, Premio, Compil, Altigo, Musik, Apache, Aprilio, ...
Variétés moyennement sensibles : Rubisko, SY Moisson, Adagio, Aubusson, Graindor, Alixan, Galopain, Soissons, Arezzo, Aldric, Ambello, Pakito, Laurier...
Variétés les plus sensibles : Galibier, Orvantis, Solehio, Hysun, Sokal, Boregar, Hystar, ...

Pour les situations à risque, l'application d'un produit type « C3 ou C5 » reste le meilleur rapport qualité prix. Le stade « épi 1 cm » est atteint dans les parcelles les plus précoces.

 

ORGE HIVER –ESCOURGEON

* Stade : tallage. La plupart des parcelles restent jaune, apport d'azote ou non.
* Fertilisation azotée: voir blé. Toujours sur la base des résultats du Finage, la dose X est aux environs de 140 unités pour un objectif de 70 q/ha et de 165 unités pour 80 q/ha.

 

ORGE de PRINTEMPS

 

* Stade : alors que des semis s'effectuent ce jour dans la plaine, ceux du 12-13 février lèvent. Quelle différence de résultats pour des semis effectués à un mois d'écart ? Réponse dans 4 mois !

* Fertilisation azotée:
Arvalis recommande de fractionner la dose d'azote totale, en particulier pour les semis précoces, les sols superficiels ou les parcelles à faible reliquat et dose totale supérieure à 120 unités. Soit 50 unités à la levée et le reste de la dose calculée courant tallage. Pour les doses faibles, un apport unique au stade 3 feuilles début tallage peut être retenu.