Publié le 11/03/2015 à 00:00 / Jura Agricole

Chronique ovine



Les brebis ne sont plus en saison sexuelle

En matière de reproduction, il est habituel de distinguer deux catégories de brebis. Les races dites «desaisonnées» ont la capacité de se reproduire naturellement au printemps et en été. Il s'agit des races rustiques, prolifiques ainsi que des Ile de France, Berrichon du Cher et Charmoise. Par contre, les races dites «saisonnées» nécessitent l'application de protocoles hormonaux (ou lumineux) pour mettre bas en automne (sauf exception pour quelques élevages). Dès le début du printemps, sous l'effet de la durée du jour qui a augmenté, la grande majorité des brebis ne présente plus d'activité hormonale du tout ou bien sont en fin de saison sexuelle. Il faut attendre début septembre pour que l'ensemble des femelles retrouvent une activité sexuelle sans la présence de mâles.


Un coup de foudre entre une brebis et un bélier


Ce qui différencie les races «saisonnées» des races «desaisonnées» est leur faculté à répondre à l'effet mâle. Si les premières restent indifférentes au bélier au printemps, les secondes y sont beaucoup plus sensibles. La technique de l'effet bélier est souvent pratiquée sans le savoir. Elle peut s'apparenter à un coup de foudre entre une brebis et un bélier. Le «contact» déclenche une ovulation chez des brebis qui ne présentaient pas de cycle sexuel avant l'introduction des béliers. Cette ovulation qui est rarement associée à une manifestation des chaleurs est peu fécondante. Ce n'est qu'au cycle suivant, soit 17 jours plus tard, que l'ovulation peut être fécondée. C'est la raison pour laquelle les mises-bas sont très souvent décalées de 15 jours par rapport aux luttes naturelles d'automne.