Publié le 12/03/2015 à 00:00 / Jura Agricole

Viticulture Crémants

Les crémants protègent leur marché et gagnent 92% des actions qu'ils ont engagées au Conseil d'Etat. Leur fédération nationale communique...

Les crémants protègent leur marché

Le 28 octobre 2011, les ministres compétents homologuaient 36 cahiers des charges qui devaient donner naissance à 36 Indications Géographiques Protégées (IGP), toutes déclinées avec une possibilité de produire et de revendiquer des vins effervescents sous cette dénomination.
L'Institut National de l'Origine et de la Qualité (INAO) avait validé ces cahiers des charges alors que la Fédération Nationale des Producteurs et Elaborateurs de Crémant était intervenue pour indiquer qu'il lui semblait illégitime d'accorder cette reconnaissance. Divers arguments ont été avancés par la fédération et déployés par Maître Claire Waquet, avocat au Conseil d'Etat et mandaté par la fédération pour défendre ses intérêts.
La reconnaissance et l'homologation de ces cahiers des charges aurait largement perturbé le marché des vins effervescents, voire déstabilisé celui-ci avec l'arrivée d'un tel potentiel de volume dont les règles en matière d'élaboration n'avaient d'ailleurs aucune ligne conductrice globale. L'expérience en matière de vinification de vins effervescents et l'historique de production sont deux arguments de taille que l'INAO aurait dû examiner plus précisément avant de transmettre les dossiers aux ministres de tutelle.
Le Conseil d'Etat vient de donner raison à la Fédération Nationale des Producteurs et Elaborateurs de Crémant dans son appréciation initiale et sa vision des choses puisqu'il vient d'émettre ses derniers jugements en rejetant au final 33 des 36 Cahiers des Charges, créditant d'autant la démarche engagée par la Fédération.
«Nous sommes bien évidemment ravis que nos arguments aient été entendus et suivis d'effets pragmatiques par la non autorisation d'élaboration de vins effervescents sous la bannière des IGP pour la plupart des régions concernées. Le très fort taux de réussite prouve combien nous avons eu raison d'engager ces 36 actions, ceci dans l'intérêt des producteurs de Crémant et d'une visibilité souhaitée du marché pour le consommateur.» indique Jacques Cattin, président de la FNPEC.
Les crémants représentent 7 Appellations d'Origine Protégées (AOP) en France et réparties dans les 7 régions autorisées à en produire comme l'Alsace, Bordeaux, la Bourgogne, Die, le Jura, Limoux et la Loire. Ils représentent ensemble quelque 75 millions de bouteilles commercialisées annuellement avec un marché en constante progression et qui ne cesse de se développer au fil des années. Les crémants peuvent être déclinés en rosés dans la majorité des régions et l'export représente en moyenne quelque 20% du volume global commercialisé.
Le niveau de qualité des crémants vise le haut de gamme avec un rapport qualité/prix qui est loin d'être étranger à cette succes story, tout comme d'ailleurs la diversité de l'offre qui ne cesse de se densifier avec les cuvées mono-cépage, millésimées ou autre de prestige. 

 

Historique de l'action au Conseil d'Etat 

28/10/2011 : homologation de 36 Cahiers des Charges par les ministres compétents (agriculture - finances – budget) sur proposition de l'INAO
26/04/2013 : Le Conseil d'Etat annule l'IGP Coteaux de Coiffy et l'IGP Haute Marne
03/12/2014 : Le Conseil d'Etat annule l'autorisation de production de vins effervescents pour l'IGP Côtes du Lot et l'IGP Yonne
02/03/2015 : le Conseil d'Etat annule l'autorisation de production de vins effervescents pour 17 IGP
06/03/2015 : Le Conseil d'Etat annule l'autorisation de production de vins effervescents pour 12 des 14 dernières IGP examinées