Publié le 02/04/2015 à 00:00 / Jura Agricole

Qualité du lait cellules et mammites

Les pénalités et les traitements pour guérir les infections mammaires coûtent cher, mais c'est surtout la baisse du lait vendu qui pèse le plus sur le budget des éleveurs. Et cette baisse est proportionnelle à l'augmentation du taux cellulaire.

Un impact économique conséquent dès 300 000 cellules !

 

L'impact économique se chiffre à 3 niveaux :
- en premier lieu, sur la paie de lait par l'application d'une pénalité,
- en second lieu et beaucoup moins connu, sur la baisse de production laitière
- et en dernier lieu sur le coût des traitements des mammites.
Prenons l'exemple d'un élevage représentatif du Jura : 50 vaches laitières qui produisent 6 500 litres de lait soit une production annuelle de 325 000 litres de lait. Si le lait est payé 443€/1 000 litres (prix moyen constaté sur le département sur 2013-2014 par JCE), la paie de lait annuelle est de 143 975 €. Mensuellement, cet élevage livre 27 083 litres. Si sa moyenne cellulaire du mois dépasse 300 000 cellules, on obtient :
- Pénalité sur la paie de lait : avec une pénalité évaluée à -3€/1 000L (moyenne des pénalités constatées sur le département) : - 81,25€
- Perte de produit lait due à la baisse de production laitière : chute de production estimée à -4% (selon diverses études nationales), soit 1083 litres dans ce cas : - 479,77€
Cela représente donc une perte totale de - 561€ pour chaque mois livré supérieur à 300 000 cellules.
Si l'on dépasse le seuil réglementaire fixé à 400 000 cellules/ml, l'impact total est de - 991 € par mois, sans compter les risques de suspension de collecte. Et la courbe est linéaire selon le taux cellulaire. Plus le taux cellulaire augmente, plus la perte financière augmente ! 

A cela s'ajoute évidemment les frais de traitement des éventuelles mammites : frais vétérinaires, lait écarté, chute de production laitière importante, et réforme subite dans les cas les plus critiques. A noter également qu'après une infection, certaines vaches ne retrouvent jamais leur niveau de production initial et ces baisses de lait sont généralement plus fortes chez les multipares que chez les vaches en première lactation.
L'Inra et l'école vétérinaire de Nantes estiment le coût d'une mammite clinique à 120€/VL comprenant baisse de production laitière (70 %), réformes subites (13 %), lait écarté (11 %) et frais vétérinaires (5 %).

La qualité du lait livrée a donc un coût non négligeable pour les éleveurs et on peut dire que «Qualité rime avec Rentabilité».

 

A noter : la calculatrice économique sur l'impact de la qualité du lait livré est disponible auprès de vos conseillers Jura Conseil élevage ou de la chambre d'agriculture.