Publié le 05/05/2015 à 00:00 / Jura Agricole

RECOLTE DE L'HERBE

Une vitesse d'avancement maîtrisée est la clé d'un fanage de qualité. L'accroissement du débit de chantier passe donc obligatoirement par des matériels de plus grande envergure.

Les faneuses multiplient les toupies

Le fanage est la dernière des prestations de fenaison que les éleveurs délèguent. Aussi, face à l'agrandissement des exploitations et l'augmentation des surfaces, ils n'hésitent pas à investir dans des faneuses de grande dimension : 11, 13, voire 17 et même 20 mètres. Le fanage est en effet une étape clé dans le processus de fenaison, notamment le premier passage qui suit la faucheuse. S'il est réalisé à la va-vite, certains paquets d'herbe verte demeurent jusqu'au ramassage. Il est donc important de maîtriser la vitesse d'avancement, pour laisser le temps à la faneuse de démêler les andains réalisés au préalable par la faucheuse. Le fanage est toutefois facilité par l'utilisation d'un kit d'épandage large sur la faucheuse. Cependant, à ce rythme, il n'y a pas d'autre choix pour augmenter le débit de chantier que de s'équiper de faneuses de grande largeur. Dans ce marché, on distingue quatre types de matériels : les faneuses portées, les modèles traînés, ceux semi-portés circulant sur les deux roues des toupies centrales et les semi-portés avec leur propre essieu de transport.

Si, il y a encore trois ans, les faneuses portées s'arrêtaient à 9 mètres de large, elles atteignent aujourd'hui 11 mètres pour certaines. Mais, en termes d'encombrement routier, il semble qu'on soit arrivé au maximum. Simples, ces machines sont probablement plus maniables, mais exigent plus de puissance de relevage. Un tracteur de 50 chevaux suffira pour animer une faneuse semi-portée de 9 mètres, quand il faudra un tracteur de plus gros gabarit pour lever un modèle porté de même largeur. Avec la croissance des tailles d'exploitation, la puissance du tracteur semble cependant ne plus être un facteur limitant.

 

Portées et semi-portées privilégiées au transport

 

De moins en moins plébiscitées, les faneuses traînées se composent de deux moitiés pivotant vers l'arrière. Chez certains constructeurs, une partie des toupies se relèvent pour limiter le nombre de roues au contact de la route au transport. D'ailleurs, ces machines, et notamment leurs roues, ne sont pas conçues pour parcourir de longues distances sur la route. Moins maniables que les autres familles de faneuses, les traînées ont même disparu du catalogue de plusieurs constructeurs.
Il en est de même des faneuses semi-portées s'appuyant au transport sur les roues des toupies centrales, dont la stabilité au transport n'est pas la qualité première.
La dernière famille est composée des faneuses semi-portées dotées d'un essieu de transport. Sur le marché, l'offre se décompose en modèles à essieu arrière et ceux à essieu avant. Ces derniers offrent les gardes au sol les plus importantes, avec les faneuses portées naturellement. Ces machines disposent généralement de roues de plus grande dimension au niveau des deux toupies centrales pour éviter que ces dernières grattent davantage du fait du poids du timon et de l'essieu relevé au travail. Pour pallier ce problème, d'autres constructeurs ont fait le choix d'un essieu posé au sol en position flottante.

 

Petites ou grandes, l'idéal est deux toupies par andain

 

Selon les modèles, le nombre de toupies varie à largeurs de travail semblables. Plus le diamètre de la toupie est important, plus le nombre de bras porte-dents par toupie est élevé : quoi qu'il en soit, le nombre total de bras porte-dents pour une même largeur est comparable entre faneuses à petites toupies et modèles à grandes toupies. Certains agriculteurs préfèrent les petites toupies, plus coûteuses, estimant qu'elles grattent moins le sol pour balayer une grande surface. Sur les grandes toupies, les vitesses périphériques sont annoncées plus faibles, garantes d'un plus grand respect du fourrage et d'une moindre usure. En revanche, le réglage de l'angle d'attaque doit être plus pointilleux. Mais c'est avant tout la largeur des andains de faucheuse qui est à prendre en compte, l'idéal étant qu'un andain de faucheuse soit repris sur toute sa largeur par deux toupies. C'est dans cette configuration que le premier fanage, étape clé du séchage, est le plus efficace.

 

Dents et porte-dents pour un ramassage de précision

 

Deux types de dents se partagent le marché : symétriques et asymétriques. On définit ainsi la longueur identique ou non des deux dents. Pour les partisans des premières, les deux dents travaillent deux couches de fourrage différentes, tandis que les défenseurs des secondes prennent le parti d'avoir des longueurs de dents adaptées à l'angle d'attaque, de façon à gratter la plus grande surface possible. Avec ses dents très couchées, Lely se démarque en argumentant que le sol est nettoyé avec les côtés arrondis des dents limitant les risques de souillures du fourrage. Concernant l'angle d'attaque, la plupart des modèles de faneuses proposent trois ou cinq positions différentes, s'adaptant ainsi aux conditions de fenaison et surtout à la hauteur de fauche. Plusieurs modèles de faneuse peuvent recevoir une roue de jauge pour améliorer encore le suivi du sol et la régularité de ramassage. Cet équipement peut cependant trouver ses limites en grandes largeurs dans des terrains très irréguliers.

 

Des bras redessinés pour respecter le fourrage

 

Mais c'est aussi la forme des bras porte-dents qui a évolué ces dernières années. Plusieurs constructeurs ont en effet redessiné les bras, plus effacés, pour un travail moins agressif. Du côté de la cinématique d'entraînement, les transmissions à doigts se sont largement démocratisées. Conçues pour durer la vie de la machine, ces transmissions dispensent d'entretien, tout en permettant d'animer les toupies, même avec des éléments repliés à 180°. Également, plusieurs faneuses sont pourvues d'un boîtier permettant de réduire les vitesses de rotation pour la formation d'andains de nuit. Enfin, pour éviter d'envoyer le fourrage dans la haie en bords de champ, il existe plusieurs solutions. Certains constructeurs peuvent équiper leur faneuse d'une toile déflectrice escamotable manuellement ou hydrauliquement depuis la cabine. D'autres mettent en oblique l'ensemble de la faneuse en modifiant la position des roues de la faneuse. Quant à Kverneland et Vicon, la mise en oblique n'est que partielle.