Publié le 25/05/2015 à 00:00 / Jura Agricole

RECHERCHE COMTE

Le Comité interprofessionnel de gestion du comté a tenu sa journée recherche à Poligny (Jura). Ce ne sont pas moins de 12 programmes de recherche qui ont été présentés. Christine Cherbut, directrice scientifique de l'Inra, était la marraine de cet événement. Elle est intervenue sur la notion d'alimentation durable et soutenable, fil rouge de la journée.

Une vision durable du comté

«La publicité et les médias nous vendent beaucoup de durabilité-marketing. Dans la filière comté, nous recherchons des indicateurs rationnels de cette durabilité», remarque Claude Vermot-Desroches, président du CIGC. Et c'est justement sur cette notion de durabilité des systèmes alimentaires, qu'est intervenue Christine Cherbut, directrice scientifique de l'Inra, en ouverture de la journée recherche comté. Elle a également partagé sa vision prospective sur les grands enjeux de la nutrition et de la santé.

 

 

La FAO donne cette définition de l'alimentation durable (en 2010) : «Une alimentation durable protège la biodiversité et les écosystèmes, est acceptable culturellement, accessible, économiquement loyale et réaliste, sûre, nutritionnellement adéquate et bonne pour la santé, optimise l'usage des ressources naturelles et humaines». Cette définition prend aussi en compte la notion d'impacts supportables ou soutenables pour une société. «Contrairement à ce que nous montrent nombre de reportages, nous mangeons de mieux en mieux mais nos comportements ont un impact négatif qu'il faut corriger pour rester soutenables», souligne Christine Cherbut. Trois aspects sont à corriger dans nos sociétés occidentales : l'utilisation des ressources (eau, energie), l'impact sur les écosystèmes et l'impact sur la santé (obésité et maladies chroniques) qui appellent à réduire de 25% notre consommation actuelle et à lutter contre le gaspillage.

«Le consommateur joue un rôle clé car il veut du goût, un produit qui ne nuit pas à sa santé et il est en quête de sens. Il est nécessaire de l'informer toujours plus et de l'impliquer. La recherche doit aider à répondre à ces questions par des programmes ambitieux qui n'oublient pas les sciences sociales. La filière comté a choisi une approche qui répond à ces enjeux, avec de vrais arguments qui, dans ce contexte mondial, la rendent extrèmement compétitive», conclut la directrice de l'Inra. On ne pouvait trouver meilleur soutien pour le programme de recherches présenté par le comté ce 23 avril à Poligny qui gravitait autour de trois notions : la durabilité des filières fromagères, la santé et le plaisir alimentaire et enfin la qualité du lait et du fromage.

 

Agrégateurs d'opérateurs

 

Les programmes de recherche comté sont suivis en interne par le CIGC et menés avec différents partenaires. Un point positif pour la filière qui démontre ainsi sa capacité à s'organiser. «Trop souvent les appuis à la recherche sont faits pour les grands groupes. Grâce à notre culture du collectif, nous avons pu accéder à des financements sans lesquels certains programmes n'auraient pas pu se réaliser», souligne Claude Vermot-Desroches qui profite de la présence d'élus comme Sophie Fonquernie, vice-présidente du cosnseil régional et Jean-Marie Sermier, député, et de la représentatnte de l'Inra pour relayer une demande : rendre la selection des programmes de recherches plus accessible aux structures interprofessionnelles comme le CIGC, qui sont de «vrais agrégateurs d'opérateurs économiques».

 

Une vision à long terme

 

Pour le CIGC, la recherche ne se limite pas à des aspects purement techniques de la technologie laitière. Elle embrasse un large spectre dans une approche du champ à l'assiette. C'est ce qui a été démontré tout au long de cette journée, où il a été question aussi bien de biodiversité ou de fertilisation dans les pairies que la qualité fromagère des laits.
«Il s'agit bien d'affirmer dans cette approche, le caractère durable de la filière et la prise en compte des aspects environnementaux, sociaux et économique dans une vision à long terme», conclut le président du CIGC. Une vision optimiste de l'avenir où la recherche aura toujours sa place.

 

IP

 

Les 12 travaux de la filière comté

 
Chaque année, le CIGC consacre environ 4% de son budget à la recherche. Les 12 projets présentés à Poligny peuvent être regroupés en trois volets : environnement, alimentation et qualité.
Autour de la durabilité des filières fromagères :
• Mesurer les impacts sociaux, territoriaux et environnementaux de la filière comté, grâce à l'analyse du cycle de vie d'un produit (projet Acydu).
• Biodiversité et gestion des écosystèmes prairiaux en Franche-Comté.
• Impacts de la fertilisation des prairies sur leur biodiversité et sur les transferts de bactéries et de contaminants chimiques du sol au lait.
• Préservation des savoirs et savoir-faire fromagers : un enjeu pour la durabilité des filières traditionnelles valorisant leur terroir.
Autour de la santé et du plaisir alimentaire :
• Etude Pature, protection contre l'allergie : étude du milieu rural et de son environnement.
• Quel degré d'absorption des acides gras saturés contenus dans des fromages à PPC de type comté ?
• Rôle du plaisir dans la régulation de la prise alimentaire : perception des arômes et saveurs du comté.
• Apports de l'analyse sensorielle de produits AOP
Autour de la qualité du lait et du fromage :
• Intérêt des macérations traditionnelles des caillettes vis-à-vis des caractéristiques physico-chimiques et de la qualité sensorielle du comté.
• Etude de l'aptitude fromagère des laits à différents niveaux (animal, troupeau, cuve de fromagerie), développer des outils de prédiction et de conseils.
• Démarche d'accompagnement des producteurs de lait engagés dans des productions de fromages sous signe de qualité.

 

La synthèse des ces présentations peut être consultée sur :
http://www.comte.com/decouvrir/une-filiere-organisee-et-solidaire/journee-recherche-comte-du-23-avril-2015.html