Publié le 17/06/2015 à 00:00 / Jura Agricole

ABATTOIR BIGARD

Les éleveurs de l’Ain, du Jura et de la Saône-et-Loire bloquent depuis dimanche soir les accès de l’abattoir Bigard à Cuiseaux. Pas de doute, ils sont déterminés, non seulement à tenir, mais à infléchir la politique de la filière...

Des éleveurs déterminés

Dimanche soir, voiture après voiture, les éleveurs sont arrivés et ont bloqué les deux entrées de l'abattoir Bigard à Cuiseaux. Rapidement, les effectifs ont dépassé les cent manifestants et, depuis, ce chiffre n'a pas baissé, il est même monté, du fait des roulements mis en place, à près de cent cinquante. Lundi soir, rien moins que cent trente-sept repas ont été servis...
«L'important est de tenir dans la durée», martèle Christian Bajard, secrétaire général adjoint de la FDSEA de Saône-et-Loire et président de la section bovine, bien conscient que Bigard a rempli
ses bouveries et organisé ses équipes en conséquence... L'opération est avant tout médiatique et chacun se félicite des reprises qui ont été faites, dans les journaux, sur les radios et les télévisions.
Elles ont permis aux représentants d'avancer les arguments percutants des éleveurs. Pour preuve, l'opinion publique adhère à ce mouvement.

 

Tenir bon


Devant les grilles du site Bigard, on les sent en colère, les éleveurs, laitiers ou allaitants, qu'ils soient venus de l'Ain ou du Jura voisins ou de Saône-et-Loire.
Tous affichent leur détermination «à infléchir la politique du moins-disant qui règne au sein de la filière et dont le premier maillon que nous sommes paye le prix fort», dénonce Luc Jeannin, secrétaire général de la FDSEA de Saône-et-Loire.
Les causes, on les connaît. Le prix de la viande qui ne permet tout simplement plus aux éleveurs de dégager un revenu décent. Surtout, le manque de volonté pour ne pas dire l'inertie négative de la filière à inverser le cours des choses, alors que tous les critères sont réunis pour cela !
Nul n'attend un coup de baguette magique lors de la table ronde de mercredi, mais des signes forts et l'implication des pouvoirs publics pour qu'enfin le dialogue s'ouvre au sein de la filière et que
ses différents maillons travaillent de concert à créer et à aller chercher de la valeur ajoutée. Il y a urgence. Pour les éleveurs bovins, ce sera là la seule condition de la levée des blocages...