Publié le 25/06/2015 à 00:00 / Jura Agricole

Récolte des céréales

Lors de la moisson, l'objectif est de préserver le grain et de limiter le taux d'impuretés pour le stockage. Pour cela, il est important de faire les bons réglages sur la moissonneuse-batteuse.

Bien régler la moissonneuse-batteuse

Les impuretés du blé tendre et du blé dur sont de quatre types. D'abord les grains brisés, fraction déterminante pour les différents débouchés car elle conditionne la qualité de l'amande, l'intégrité du grain et donc sa faculté germinative. Seconde classe, les impuretés constituées par des grains, tels que les grains échaudés, ceux d'autres céréales, les grains attaqués par des prédateurs, les grains colorés et mouchetés et enfin les grains chauffés par séchage. Troisième type d'impuretés, les grains germés : c'est sur cette fraction que la moissonneuse-batteuse a le moins de pouvoir de tri, car elle ne peut être gérée qu'au niveau du caisson de nettoyage. Enfin dans la dernière catégorie on retrouve les impuretés diverses : graines étrangères, grains avariés, impuretés proprement dites (pierres, terre, pailles, balles...), balles, ergots, grains cariés et les impuretés d'origines animales.
Certaines de ces impuretés sont générées au moment du battage et d'autres résultent des conditions de développement de la culture (itinéraire technique, conditions climatiques...). Il est cependant possible pour chaque fraction d'impuretés d'adapter les réglages de la moissonneuse-batteuse afin de ne sélectionner principalement que le grain sain selon l'exigence du contrat de vente.


Six paramètres à régler


Afin de faciliter le travail du chauffeur, il est possible de ne focaliser notre attention que sur six paramètres de la machine : les organes de battage (la vitesse de rotation du batteur ou rotor, l'écartement batteur/contre-batteur ou rotor/contre-rotor), les organes de nettoyage (la puissance des vents, l'ouverture de la grille supérieure dite grille à ôtons, l'ouverture de la grille inférieure dite grille à grains) et la vitesse d'avancement de la machine.
Ces réglages sont également à moduler en fonction des conditions climatiques et de cultures ainsi que du type de machine. Ainsi, d'après des comparatifs de moissonneuses-batteuses réalisés par l'ITCF en 1995 et 1998, les machines équipées du système de battage axial se classent en tête de classement pour le critère « grains brisés » avec un taux inférieur à 1 %, 0.4 à 0.8 % quel que soit le débit de chantier (150 q/h à 270 q/h). Dans ce comparatif, les moissonneuses-batteuses de type « conventionnel » avaient affiché des taux de grains brisés de 1.6 à 3.4 %, ce qui reste inférieur à la norme de commercialisation.


Quelle moissonneuse-batteuse ?


Les moissonneuses-batteuses conventionnelles sont recherchées pour leur aptitude à ne pas abîmer la paille. Cependant, le battage s'effectuant au niveau du batteur et du contre-batteur à hauteur de 90 %, a tendance à fragiliser davantage le grain, surtout dans le cas d'une vitesse de rotation du batteur excessive et/ou d'un écartement batteur/contre-batteur trop faible. Dans le cas d'une quantité importante de paille, le grain résiduel va avoir du mal à être récupéré au niveau des secoueurs, limitant le niveau de charge de la machine et donc son débit de chantier.
D'où la présence sur le marché des modèles hybrides qui combinent à la fois un battage avec batteur/contre-batteur et une séparation forcée réalisée par des rotors longitudinaux à la place des secoueurs augmentant la surface de séparation. Pour ce type de machine, il convient de faire attention aux réglages adoptés pour les organes de battage mais aussi à la vitesse de rotation des rotors.
Bien que les trois types de machines aient des organes et des caractéristiques différentes, elles sont toutes capables de produire un grain de qualité. Au sein des machines, seuls les organes de battage et de séparation les différencient. Il en ressort néanmoins qu'il est important d'adapter les organes de battage, de séparation et de nettoyage à la culture et aux conditions de récolte.


François Becquet et Amandine Bonnery (Arvalis - Institut du végétal)