Publié le 22/10/2015 à 00:00 / Jura Agricole

FILIÈRE OVINE /

Montrer que les perspectives sont aujourd’hui favorables pour s’installer en élevage ovin : tel était l’objet de la réunion organisée sur une exploitation ovine du Rhône, dans le cadre du programme national Inn’ovin.

Les voyants sont au vert dans la filière

Des prix de la viande ovine qui se maintiennent, des signes de qualité rémunérateurs pour les éleveurs, un encadrement technique bien en place... Aujourd'hui, les voyants sont au vert pour soutenir des projets d'installation en élevage ovin sans prendre de risques. Lors de la réunion du 13 octobre à Courzieu (Rhône), Audrey Desormeaux, animatrice à la Fédération nationale ovine, a donné les grandes tendances du marché de la viande ovine.

En France, la viande ovine consommée provient essentiellement d'importations (59 % des volumes) surtout du Royaume-Uni, suivi de l'Irlande et de la Nouvelle-Zélande. 38 % de la viande consommée est issue d'élevages français. Actuellement, la production de viande ovine est ainsi répartie à travers le monde : 50 % Asie, 20 % Afrique, 13 % Union européenne, 13 % Océanie,
3 % Amérique du Sud et 1 % Amérique du Nord. Le marché, mondialisé depuis plus de vingt ans, est en plein mouvement.
On observe des flux importants en provenance d'Océanie vers la plupart des continents, notamment l'Asie où ce sont des marchés émergents à fort potentiel de croissance grâce à une consommation en progression, surtout en Chine. À l'échelle de l'Union européenne, les dynamiques sont contrastées selon les pays. La France se place en deuxième position derrière le Royaume-Uni pour la consommation de viande ovine et au troisième rang pour la production, derrière le Royaume-Uni et l'Espagne et devant l'Irlande.

En France, le cheptel a diminué de 20 % en dix ans et de 30 % en vingt ans, mais cette baisse a bien ralenti. En 2010, on distingue 71 % de brebis allaitantes et 29 % de laitières. Fin 2014, on recense 5,4 millions de têtes (brebis et agnelles saillies), 20 800 demandeurs de l'aide ovine attribuée au cheptel de plus de 50 brebis. 80 % du cheptel national se situe en zone défavorisée, avec des systèmes de production diversifiés et adaptés aux spécificités des territoires. Les importations de viande ovine continuent de diminuer au cours des années 2010, de même que la consommation depuis les années 2000. En France, les consommateurs d'agneau sont de plus en plus âgés (deux sur trois ont plus de 50 ans).
Globalement, les cours moyens annuels de l'agneau tendent à progresser ces dix dernières années. Dans l'Union européenne, la France arrive même en tête sur cet aspect-là, devant le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Irlande.