Publié le 04/02/2016 à 00:00 / Jura Agricole

FRPL

Les représentants des sections laitières dans les départements de la nouvelle région Bourgogne Franche-Comté se sont réunis à Besançon le 20 février autour de Pascal Clément, administrateur FNPL. Ils ont évoqué la nouvelle organisation syndicale, et discuté de la « charte de valeurs » que la FNPL a proposée pour « responsabiliser » la filière.

La FNPL propose une charte de valeurs à la filière

Les délégués des FDPL et des sections lait des FDSEA de Bourgogne et de Franche-Comté se sont réunis, avec les représentants des OP, à Besançon le 20 janvier. Le secrétaire général adjoint de la FNPL, Pascal Clément, également producteur de lait dans la Sarthe, présidait les débats.


Les indicateurs : une « machine à perdre »


Après un tour de table et une présentation de la conjoncture laitière, les producteurs ont évoqué la politique de leurs collecteurs pour ce début d'année 2016. En local comme à l'international, si les fondamentaux sont toujours bons, les prix restent très bas. « Tous sont persuadés que les besoins seront couverts. C'est un peu comme nous avec le soja », illustre Pascal Clément.
Du côté des laiteries françaises, les positionnements sont variés. Certains se détachent du contrat qui débouche évidemment sur un prix du lait excessivement bas et déconnecté de la vraie valorisation des produits laitiers (Bel, Sénagral, Danone, Milleret). D'autres collent aux indicateurs contractuels. « Dans le grand libéralisme la ferme France ne trouve pas son salut » regrette Pascal Clément. D'autant que les indices PVI (prix de vente industriels) ont augmenté fortement en avril 2013 (médiation) et mars 2014 (actions des producteurs et « box des négociations »). En d'autres termes, « les industriels ont bénéficié des actions des producteurs », mais le système ne permet pas aux prix du lait de refléter la réelle valorisation des produits laitiers, notamment la part du marché intérieur. Une « machine à perdre » diront certains.


Une meilleure répartition de la valeur ajoutée


Or toutes les actions visant à rééquilibrer cette injustice se voient empêchées : l'interprofession fait preuve d'une inertie coupable (c'est la raison pour laquelle le président de la FNPL a démissionné de la présidence du Cniel, financé à 70 % par les producteurs), et l'autorité de la concurrence empêche la moindre tentative de discussion amiable (la Commission européenne fait même du zèle en dénonçant les tables rondes françaises). Bref, la filière fond par la base, « tandis qu'on n'a pas encore vu de grande surface déposer le bilan ».
Une des réponses de la FNPL en ce début d'année est de proposer une « charte des valeurs ». « C'est une main tendue » à la filière, a indiqué Thierry Roquefeuil, son président. Présentée à la presse le 20 janvier, cette charte vise à une plus juste répartition de la valeur ajoutée dans la filière laitière. Elle sera soumise, dans les jours qui viennent, aux différents acteurs économiques, transformateurs et distributeurs, à qui il sera proposé d'adhérer sur une base volontaire. « Notre objectif est que chaque opérateur l'intègre dans ses conditions générales d'achat ou de vente », lors des négociations commerciales qui viennent de s'engager, précise André Bonnard, le secrétaire général.
« S'il existe une vraie valeur des produits laitiers, et c'est le cas, notamment pour le marché intérieur français et européen, cette valeur doit permettre à chaque acteur d'avoir les moyens de pérenniser son activité, d'investir et d'innover pour le futur », plaide la FNPL. Pour être plus précis, il n'est pas question que la valorisation du lait sur le marché intérieur, qui représente plus de 50 % de la production du lait soit à la merci des évolutions erratiques des prix sur les marchés mondiaux, explique-t-elle.

 


Un socle de valeur « a minima »


Sur la charte, « un premier décompte du nombre de signataires sera effectué à la mi-février », promet André Bonnard, un deuxième décompte sera effectué au SIA », qui ouvre ses portes quelques jours avant la fin des négociations commerciales entre industriels et distributeurs, poursuit-il. Mais « ne pas signer cette charte signifie ne pas être d'accord pour maintenir l'emploi sur le territoire et ne pas rechercher plus de transparence dans les relations commerciales », précise-il.
Il est vrai que la charte contient vraiment un socle de valeurs « a minima », comme le feront remarquer certains intervenants à Besançon. « Une relation de confiance peut-elle vraiment se rétablir après la situation que nous vivons ? » s'interrogera un délégué... La balle est dans le camp des transformateurs.


LD