Publié le 24/03/2016 à 00:00 / Jura Agricole

TRAIT COMTOIS

L’ANCTC s’est dotée d’une nouvelle équipe. Volontaire, elle entend poursuivre la promotion du comtois. Avec d’autant plus de pugnacité que les dossiers se complexifient et se multiplient.

Le comtois en ordre de marche

«Un navire n'est pas toujours simple à diriger, mais sans capitaine à bord, c'est encore plus compliqué. » Emmanuel Perrin, président de l'ANCTV (association nationale du cheval de trait comtois), introduit par ces mots l'assemblée générale tenue à Montferrand-le-Château mardi 9 février. Il est accompagné par quatre vice-présidents et un conseil d'administration. « Devant la complexité des dossiers, des changements survenant à tout moment, un homme seul ne peut rien. » Il s'est entouré d'une bonne équipe et de salariés réactifs pour réussir. Il se sent surtout soutenu par la base.

« Sans vous les éleveurs, nous, les dirigeants, nous ne pouvons rien faire. » Il y a du pain sur la planche et la situation n'est pas toute rose. « Les dossiers dépendant du MAAF (ministère de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt) sont de plus en plus compliqués, avec des aides en constante baisse. » Il y a de quoi s'arracher les cheveux. Pour oeuvrer au profit de la race comtoise, l'ANCTC veut se doter de moyens supplémentaires en augmentant la cotisation pour atteindre les 50 €, soit le même niveau que les éleveurs de bretons et de percherons.

« Selon, notre calcul, l'augmentation s'élève à 7 centimes par jour, soit trois paquets de cigarettes par an. » Tout n'est pourtant pas sombre. Beaucoup de régions ont pu obtenir la prime pour race menacée.
Le MAAF favorise plus des actions collectives qu'individuelles. Ainsi l'ANCTC se retourne vers la SFET (société française des équidés de travail). « De plus en plus de dossiers passent et passeront
par notre maison mère. Le seul bémol, c'est que le travail de nos salariées n'est pas toujours valorisé à sa juste valeur. »


Solidarité et passion pour le comtois


Par ailleurs, l'organisation des concours modèles et allures et utilisation se met en place. Une nouveauté est annoncée en 2016 : tous les concours devront avoir l'aval de l'ANR pour être inscrits au programme de la SFET. Pour être un bon organisme de sélection, il faut aussi disposer de toutes les cartes et ne pas toujours être tributaire des autres. « Il est difficile de conduire le
carrosse si on ne tient pas les guides. » « Vous voyez, le voyage est encore long, mais dans un premier temps, nous allons nous efforcer de mieux communiquer. » Dans chaque secteur, dans
chaque département, le comtois a des représentants. Le président invite chaque adhérent à diffuser toutes les informations en sa possession et faire remonter toutes les remarques du terrain.
« Faire de la rétention d'information n'est jamais bon. »
Emmanuel Perrin lance un ultime message : « Il faut nous fédérer dans la cohésion. » Ce n'est pas en créant chacun son association, son concours, que le comtois pourra avancer. « Certes, il
peut y avoir des différends, voire des divergences. » Mais il est nécessaire que les acteurs se mettent autour d'une table, afin de discuter et de dialoguer pour trouver la bonne solution. « Soyons capable de mettre nos ego de côté, et mettons en avant l'intérêt de notre cheval, notre comtois. » Cela passera par la nouvelle Route Trait Comt'Est qui se déroulera fin août
dans la Nièvre. « Une belle occasion pour montrer notre solidarité et notre passion pour notre comtois. »


Dominique Gouhenant