Publié le 21/07/2016 à 00:00 / Jura Agricole

Ambroisie à feuille d'armoise

Le déchaumage représente aussi une arme face à l'ambroisie. Résistante à la sécheresse, cette adventice peut profiter de l'interculture pour se développer.

Ambroisie :  lutter pendant l'interculture

L'ambroisie à feuille d'armoise, plante invasive qui pose de réels problèmes de santé publique (allergies violentes), a bénéficié cette année de conditions climatiques printanières propices à une forte extension cet été, en particulier dans les chaumes de céréales.
La présence d'ambroisie à la récolte peut avoir plusieurs origines. En cas de levée en culture d'hiver dès mars-avril, en absence de contrôle par désherbage, elle reste à l'état latent sous la végétation. Un faible peuplement épi, lié à des difficultés d'implantation, mais aussi les zones de mouillères, ou compactées, laissent de l'espace à l'ambroisie et permettent sa levée et sa croissance. Enfin les passages de roues pour la pulvérisation et l'épandage d'engrais sont fréquemment infestés par les ambroisies, de même que les bordures de champ. A contrario, un désherbage en culture réussi et une culture dense et homogène réduisent fortement le risque de présence d'ambroisie.
Avant la récolte, les plantes restées jusqu'alors sous le couvert de la culture sont en état de vie ralentie. Avec le passage de la moissonneuse-batteuse, les plantes les plus grandes vont être coupées mais toutes, grandes et petites, vont aussitôt bénéficier d'une mise à la lumière, en l'absence de toute concurrence. Celles qui sont coupées vont produire de nouvelles tiges et toutes vont croître rapidement.
La destruction de l'ambroisie dans les intercultures d'été permet à la fois de diminuer les émissions de pollen dans les secteurs agricoles et d'éviter d'accroître le potentiel semencier : elle évite à la fois la pollinisation et la grenaison.


Vérifier la présence de l'ambroisie


Si la culture est déjà colonisée par l'ambroisie, l'intervention post-récolte est urgente car la pollinisation aura lieu quelques semaines après la récolte. Il est prudent de ne pas se fier aux dates calendaires repérées par habitude, la pollinisation pourrait intervenir dès la fin juillet. En cas de non colonisation par l'ambroisie, l'agriculteur dispose de plus de latitude pour gérer l'interculture : ainsi un couvert végétal constitue une bonne option, car l'ambroisie est très sensible à la concurrence.
Le choix du déchaumage seul suppose qu'il n'y ait pas de vivaces sur la parcelle car son action conduirait à les multiplier. Attention, les déchaumages n'ont pas toujours l'efficacité attendue pour différentes raisons. Ainsi un travail trop profond ne laissant pas les plantes arrachées en surface. Ces ambroisies se repiquent et repartent en végétation suite à une pluie. Un travail avec des outils non adaptés, écartement trop important entre dents, passages de roues sur-creusés, non travaillés. Un travail trop grossier sera peu favorable à la levée des adventices. Dernier facteur d'échec, des interventions trop tardives sur plantes trop développées difficiles à détruire.
Pour réussir le déchaumage et permettre la destruction des ambroisies présentes, il est donc conseillé de reprendre les passages de roues de façons spécifiques car ils vont nécessiter un outil et un réglage adapté. Sur le reste de la parcelle, travailler superficiellement en visant environ cinq centimètres. La totalité de la surface doit être déchaumée de façon homogène, ce qui peut nécessiter deux passages et des équipements adaptés : dents rigides combinées à des disques de nivellement, socs larges avec ailettes, disques plus serrés, à angles d'entrures plus élevés. Veiller au bon arrachage des ambroisies avec les plantes laissées en surface, pour permettre leur dessèchement.
En cas de récolte de la paille, profiter de pluie, mais il est impératif d'intervenir avant le stade butoir qu'est la floraison de l'ambroisie.


Jean Pauget