Publié le 05/12/2016 à 00:00 / Jura Agricole

AGROALIMENTAIRE

Sur proposition de son président, le Jurassien Jean-Charles Arnaud, l'INAO s'est délocalisé pendant trois jours à Dole.

L'INAO s'est délocalisé 3 jours dans le Jura

Une fois n'est pas coutume, les instances de l'INAO se sont délocalisée dans le Jura. Une idée qui trottait depuis longtemps dans la tête de Jean-Charles Arnaud, PDG de la maison d'affinage Juraflore à Poligny et président de l'INAO. Les membres de l'INAO se sont donc réunies à Dole du 15 au 17 novembre, salle de la Commanderie. Ces trois jours de travail dans le Jura ont été consacrés aux dossiers en cours au sein des trois instances de l'INAO : la commission permanente des appellations d'origine agroalimentaires, le comité national des appellations d'origine agroalimentaires et le conseil permanent. Des travaux à huit clos dont les résultats sont publiés sous forme de directives et de décrets officiels qui paraîtront notamment au Journal officiel.

 

200 professionnels

 

A l'occasion de la venue de l'INAO, les médias régionaux était conviés à une conférence de presse. Il fut rappelé la mission et le fonctionnement de ses instances. L'INAO se caractérise par une double gouvernance qui associe les pouvoirs publics et plus de 200 professionnels. L'Institut national de l'origine et de la qualité a pour mission de rédiger les textes et cahier des charges destinés à devenir, après signature du ministre ou du Premier ministre, une Appellation d'origine contrôlée (AOC) ou une Indication géographique protégée (IGP).
L'Institut, dont le siège est à Montreuil-sous-Bois (93), s'appuie sur plusieurs délégations territoriales couvrant l'ensemble du territoire métropolitain.
Environ 260 agents accompagnent les producteurs dans leurs démarches d'obtention d'un signe officiel d'identification de l'origine et assurent la supervision des contrôles des signes officiels.
L'INAO intervient aussi en faveur de la protection des signes et des dénominations, y compris lors des négociations internationales. C'est notamment le cas de l'accord Ceta signé entre le Canada et l'UE qui vient compléter l'accord de protection des IG existant déjà pour le secteur viticole. À l'issue des échanges, les autorités canadiennes ont accepté de protéger une liste de 179 indications géographiques agroalimentaires (dont 42 françaises) sur leur territoire.

 

 

En Bourgogne Franche-Comté

 

Il fut aussi rappelé aux journalistes la contribution importante des signes de qualité pour le dynamisme et le développement des territoires. L'exemple fut tout trouvé. La région Bourgogne se caractérise par une très grande diversité de produits sous signes officiels d'identification de la qualité. On y recense plus de 172 signes officiels (AOP, IGP, IG, label rouge), majoritairement des AOP.
Dans le secteur viticole, 4 200 exploitations sont concernées pour un chiffre d'affaires 2014 (estimé) de 1,45 milliard d'euros. 95% des surfaces du vignoble sont en production en AOP, le reste en IGP. Il n'y a quasiment pas de production de vin sans IG.
Le secteur produits laitiers dont fabrication fromagère est aussi fortement impliqué. Il se situe essentiellement en Franche-Comté, grâce aux AOP fromagères qui concernent 5 850 exploitations et 260 autres opérateurs (fruitières, affineurs ,etc.). Le chiffre d'affaires généré par cette activité est de 570 millions d'euros (ventes à la première commercialisation) pour une production de 75 000 tonnes de fromages. Les beurres et crèmes concernent 69 exploitations et 3 transformateurs pour un CA de 2.8 millions d'euros et une production totale de 640 tonnes.
L'industrie laitière est le principal employeur de la région avec 5 430 emplois dont 4 000 en fabrication fromagère pour un CA de 1,739 milliard d'euros (données agreste 2016) soit 35% du CA total des IAA dans la région.
Dans le secteur de la viande, 500 exploitations de Bourgogne sont engagées en IGP et environ 1 400 exploitations respectant un cahier des charges label rouge (dont les ¾ en viande bovine allaitante) .
Enfin plus de 1500 exploitations certifiées bio exploitent près de 90 000 ha ce qui représente 4% de la SAU de la région.

 

Les ODG et l'agroécologie

 

Enfin, l'un des sujets d'actualité pour les organismes de défense et de gestion des AOP concerne l'intégration des dispositions agroenvironnementales dans leur cahier des charges. Le ministère de l'Agriculture a demandé en janvier 2016 à l'INAO et aux ODG de s'engager « avec détermination » dans une démarche agro-écologique. La commission environnement de l'INAO a travaillé sur de "mesures-types". Ces mesures seront mises à disposition des ODG , après validation par chaque Comité national. Elles viennent compléter les autres méthodes de certification déjà existantes (HVE...), et se basent sur une démarche « de bon sens », précise l'INAO : « Les ODG pourront le faire à leur rythme, selon leurs moyens, selon leur situation : il a toujours été clairement entendu que cette démarche se conduirait sur la base du volontariat. Ne laissons pas à d'autres, pourtant moins bien placés, la chance de pouvoir développer une communication offensive sur cette thématique agro-écologique... », ajoute Jean-Luc Dairien, directeur de l'INAO.

 

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