Publié le 17/01/2017 à 00:00 / Jura Agricole

PLASNE

2,5 millions d'euros, financés par les producteurs eux-mêmes, ont été consacrés à l'agrandissement et la restructuration des locaux de la coopérative de Plasne-Barretaine. Un modèle de fonctionnement et un exemple à suivre...

Une restructuration exemplaire

"Un outil pensé, réfléchi, dimensionné... et financé sans la moindre aide publique. Sans aide publiquee car nous avons voulu montre que notre filière était forte, solidaire et rémunératrice : c'est un modèle de fonctionnement ! " Christophe Defert, le président de la coopérative de Plasne est tout de suite entré dans la vif du sujet lors de l'inauguration de l'agrandissement des locaux de la coopérative. Et, sans prétention aucune, il a retracé toute la démarche suivie par les adhérents de la coopérative qui, après de longs mois de réflexion et de travail, se sont dotés d'un outil exemplaire à plus d'un titre...

Un petit rappel tout d'abord. Aujourd'hui la coopérative du Plateau de Plasne Barretaine collecte 7,1 millions de litres de lait auprès de 21 producteurs. Sept d'entre eux fournissent du lait 2,1 millions de litres de lait bio réservé à la fabrication de comté bio. Une particularité qui n'a pas manqué de générer quelques contraintes supplémentaires au niveau de la collecte et de la fabrication. "Mais c'était un choix des producteurs adhérents, a expliqué le président. Choix qui s'est fait sans opposition et en toute transparence..."
La plus grosse part de la collecte est transformée en comté qui sera ensuite comercialisé par l'intermédiaire de la coopérative Juramonts. 500 000 litres servent à la fabrication de morbier, tome et raclette, produits vendus uniquement sur le magasin que la coopérative a aménagé dans ses locaux, à Plasne. C'est là que travaillent sept salariés-collaborateurs, la fabrication étant sous la responsabilité du maître fromager Sébastien Ozerée.

 

 

Un peu d'histoire


La coopérative a une histoire dont on retiendra les grandes dates. 1990 est celle de la fondation, le chalet entrant en fonction deux ans plus tard. 2001 est le point de départ de la transformation du lait bio puis de la création du magasin que tous considèrent comme un formidable outil de promotion, un lieu de vie locale, très convivial. Un magasin agrandi et aménagé avec un espace d'accueil et un bar. 2003, c'est le baptême d'Obélix, le premier robot de salage....
La réflexion sur la rénovation du site a été lancée en 2008 et s'est déroulée en plusieurs phases. En 2009, une première phase a vu l'installation d'un groupe de moulage avec tunnel de lavage, de citernes de stockage du lait et du sérum ainsi que l'acquisition d'un nouveau camion équipé de deux citernes différentes, une étant réservée au lait bio...
En 2013, les adhérents ont tenu un séminaire pour dimensionner leur projet. Un objectif a été avancé : la collecte de 8 millions de litres dans un délai de cinq ans. Les taux d'intérêts étant particulièrement bas, de nouveaux investissements ont été décidés : la construction de nouvelles caves d'affinage sur 900 m2 - avec 3 500 places à comté et 3 500 places à morbier - l'agrandissementr de la salle de fabrication et l'installation de nouvelles cuves, la transformation des anciennes caves en locaux techniques... Un chantier de 2,5 millions d'euros, confié uniquement à des artisans locaux et qui a demandé 20 mois de travaux... Et, cerise sur le gâteau, sans que les fabrications quotidiennes soient interrompues !

 

Un développement durable


Les responsables de la coopérative ont voulu aller plus loin que pour un investissement classique. Le choix a été fait d'installer des appareils moins consommateurs d'énergie, des détecteurs de présence à la place des interrupteurs traditionnels : celà pour un surinvestissement de 200 000 euros qui devrait s'amortir sur 8 ans. Dans le courant du mois de février, ce sont quelque 200 mètres carrés de panneaux photovoltaïques qui seront posés et produiront une électricité qui sera consommée sur place. "Ce sera une économie de 13% sur notre facture d'électricité" a précisé Christoophe Defert.
Et cette volonté d'investir "durable" va encore plus loin puisque, outre la station d'épuration qui a été dimensionnée pour le nouvel outil de production, le président et son équipe travaillent sur la création d'un lactoduc qui mènera directement le sérum à la porcherie voisinne, courant 2017. Enfin, la coopérative s'est engagée dans le projet citoyen de parc d'éoliennes de Chamole où elle sera l'un des sept actionnaires privés de la nouvelle Sem Energie...
Autant de projets et de réalisations qui ont été salués par le prix Rallynov que la coop de Plasne a reçu en 2015. Un prix qui, comme le souligne le président et tous les intervenants qui se sont ensuite succédés à la tribune, consacre "la volonté de réunir des forces vives, pour toujours aller plus loin..."

 

Michel Ravet

 

Ils ont dit...

 

 

Franck Pourcelot, le président de Juramonts Comté a salué cette "union de coopératives qui veulent valoriser leurs fromages, via leurs partenaires et Monts et Terroirs.
Eric Chevalier de Monts et Terroir, a joué la carte de la modestie : "Nous sommes une entreprise et nous ne fonctionnons que grâce au dynamisme de la filière. Nous ne sommes qu'un maillon qui valorise le travail des producteurs et des fruitières..."
Alain Mathieu, le président de la fédération de coopératives laitières du Jura, a salué l'importance de l'investissementde la coopérative de Plasne dans ce projet immobilier. Cet argent, les adhérents auraient pu le mettre ailleurs. Mais ils ont choisi un engagement long, une vraie valeur qui montre qu'à Plasne il y a une âme..."