Publié le 09/02/2017 à 00:00 / Jura Agricole

Agrométéo de Janvier

Avec des températures inférieures de 2 à 3°C à la normale saisonnière, le mois de janvier a été particulièrement froid, cinq ans après la vague de froid intense de février 2012. Sans commune mesure avec cet épisode, ces gelées sont plutôt positives pour les agriculteurs.

Une vague de froid sans dégât

Cela faisait longtemps, depuis 2012, que notre région n'avait pas connu une telle vague de froid venu de Sibérie, même si celle de février 2012 avait été plus intense et plus longue. Entre le
17 et le 26 janvier, il a quand même fait très froid quand on repense aux deux hivers doux précédents. L'Est de la France a été particulièrement touché par le froid avec des températures inférieures de - 4,1 °C par rapport à la normale sur la région Grand Est et sur l'ex-Franche-Comté. Il a fait jusqu'à -16,3 °C en Haute-Saône ou -15 °C à Colmar. Le centre-est, soit la moitié nord d'Auvergne-Rhône-Alpes et la Saône-et-Loire, a été également touché par le froid dans une moindre mesure avec un déficit mensuel de -2 à -3 °C par rapport aux températures de saison. L'épisode de grand froid a duré pendant huit à neuf jours dont trois à cinq jours du 22 au 25 janvier sans dégel. Ce froid se lit également dans les cumuls de températures en base 0°C. Seules trois stations, dont les deux plus au sud, Lanas et Montélimar ainsi que Bourg-Saint-Maurice, ont cumulé plus de la moitié de la normale.
Les autres affichent toutes des cumuls de températures en base 0°C inférieurs à 60 % de la normale. Par ailleurs, dans les quatre stations de l'arc alpin, Bourg-Saint-Maurice, Chambéry, Thonon
et Grenoble, ainsi qu'à Dijon, les températures maximales n'ont jamais dépassé 8°C.


Un gel bénéfique


Cette vague de froid a plutôt réjoui les agriculteurs, satisfaits de retrouver un hiver « normal » après deux hivers trop doux, même si elle a rendu les conditions de travail en extérieur plus éprouvantes. L'alternance du gel et du dégel a plusieurs effets que l'on peut juger positifs. D'abord, sur les sols qui ont subi les gelées. Le froid permet de faire éclater les mottes, créer des porosités de différentes natures en fonction des propriétés du sol, notamment du taux d'argile et ainsi rendre son travail plus facile pour la préparation avant les semis de printemps. Sur la végétation, que ce soit le blé ou les arbres fruitiers, le gel remplit un rôle très important, une sorte de déclencheur pour les plantes. Les plantes ont besoin de cette période de dormance pour être plus vigoureuses en début de printemps. Un hiver gélif permet aux végétaux de fleurir mieux et de manière plus abondante. Par ailleurs, le gel a une action sur certains adventices et les couverts végétaux d'inter-cultures qu'il détruit, évitant autant d'interventions coûteuses en temps et en énergie. Il participe à la régulation des populations de ravageurs et retarde le développement des larves.


De faibles précipitations


Ce froid a d'autant plus été apprécié qu'il a été plutôt sec. La quasi-totalité de la France a été sous l'influence d'un anticyclone assez stable qui s'est maintenu pendant la vague de froid. Du coup, les perturbations pluvieuses se sont faites beaucoup plus rares sur le centre-est et les stations météorologiques enregistrent un déficit de précipitations moyen de 50 %.
Dans le détail, quatre stations affichent des déficits supérieurs à 60 % : Grenoble avec 16,8 mm soit 30 % de la normale à 55 mm, Montélimar qui enregistre 20 mm équivalents à 32 % de la normale de 62,8 mm, Chambéry avec seulement 35 % des précipitations par rapport à la normale de 99 mm et Ambérieu où il n'est tombé que 29,5 mm pour une normale à 81 mm. Seule la station de Saint-Étienne dépasse le seuil des 50 % avec 27 mm soit 80 % de la normale établie à 33,4 mm. L'absence de dépression pluvieuse a favorisé l'ensoleillement qui s'est accru de 20 % par rapport à un mois de janvier normal.
Avec le mois de décembre, cela fait deux mois où les précipitations ont été plutôt faibles voire très faibles par endroits. Depuis septembre, période de début du remplissage des nappes phréatiques, les cumuls de précipitations sont presque tous déficitaires de 15 à 30 % sur les différentes stations météorologiques. Saint-Étienne est la seule station météorologique à afficher
un cumul de précipitations conforme à la normale, et Lanas affiche un petit retard de 8 %. Pour réussir à atteindre les cumuls normaux d'ici le printemps, il faudrait quelques bonnes pluies en février et mars.