Publié le 24/02/2017 à 00:00 / Jura Agricole

Cheval comtois

L’ANCTC (Association nationale du cheval de trait comtois), même si elle déplore une légère érosion, entend mobiliser ses troupes dans un contexte d’embellie des

« Comtois, se serrer les coudes ! »

L'ANCTC (Association nationale du cheval de trait comtois) a tenu son assemblée générale le 14 février à Montferrant-le-Château. Après la présentation de nouvelles têtes qui vont graviter autour du milieu des équins et plus particulièrement autour du comtois — Linda Tiranzoni en remplacement de Laura Baillard au sein de l'ANCTC ; Sandrine Buisson à la place de Daniel Lagneaux — Emmanuel Perrin retient, de l'année écoulée, trois événements : le Salon de l'agriculture, Trait Comt'Est et le concours national de Maîche. « Pour ce dernier, notez d'emblée que l'édition 2017 se déroulera le deuxième week-end de septembre. » Soit les 8 et 9 septembre à Maîche.
Histoire d'informer l'assemblée, le président de l'ANCTC annonce un potentiel changement dans l'association. Elle a déposé un dossier pour devenir organisme de sélection (OS). Le dossier est en
cours d'instruction et cette reconnaissance est importante. « Nous passons de l'adolescence à l'âge adulte », plaisante Emmanuel Perrin. Jusqu'à maintenant, l'ANCTC était maître de ses décisions. « C'était bien! » Demain, avec ce nouveau titre, l'ANCTC assumera ses choix. « Ce sera mieux. »
Il faut faire face à la diminution du cheptel. En soit, la situation ne semble pas si dramatique : « Cette baisse est proportionnelle et concerne toutes les autres races de trait ». Pour partir à la conquête d'un nouveau public pour rajeunir les troupes, un partenariat avec les Jeunes agriculteurs du Doubs a été mis en place. De nombreuses animations et des portraits vont égayer le prochain concours National.

 


Et tant qu'à faire, pour recruter de nouveaux éleveurs, Emmanuel Perrin invite chacun à utiliser les réseaux sociaux pour communiquer autour du trait comtois. « Facebook et Twitter sont
de bons outils. » Il n'est plus question d'attendre que les éleveurs se rapprochent d'eux-mêmes de l'ANCTC, mais il faut aller vers eux avec les moyens actuels : « Il y a 20 ans, je ne voulais pas de portable ; aujourd'hui, je le regarde 100 fois par jour. » Ne serait-ce que pour être informé sur les dernières tendances.

Poursuivons avec le marché de la viande équine. Au cours du deuxième semestre 2016, il a repris des couleurs. « Et la tendance se poursuit en ce début d'année. » Deux faits expliquent cette évolution : le Japon est un nouveau marché et la vente de proximité se développe de plus en plus. Et cela, malgré la pression des ONG anti-viande. Ils ne représentent que 2 % de la population. « Adressons-nous aux 98 % autres. » Pour ce dernier point concernant la proximité, il faut reconnaître le poids du consommateur. Que veut-il ? « De la traçabilité ! » Depuis de nombreuses années, la filière insiste sur la notion de cheval né, élevé et abattu en France. « Le consommateur veut aussi du bienêtre animal. » Qui peut en être les meilleurs garants ? Les éleveurs. « Quand on vous voit passionnés, amoureux de vos chevaux, comment pourrait-il en être autrement ? » Ce respect permanent permet aussi d'obtenir de bons classements lors de concours modèles et allures, ou lors d'autres compétitions dont l'attelage. « Les meilleurs résultats sont obtenus grâce aux bons traitements des chevaux ; vous le savez. »
Il ne reste plus qu'à en convaincre les consommateurs. Et qui mieux que les éleveurs peuvent en être les porte-parole des bonnes pratiques ? « Personne ! Alors ne soyons pas timides. Allons auprès des consommateurs. »


Dominique Gouhenant