Publié le 01/03/2017 à 00:00 / Jura Agricole
Le tournesol ne manque pas d'intérêts dans les systèmes de production. Le faible investissement économique que demande cette culture, son exigence modérée en eau et les intérêts en termes de rupture du cycle des adventices et des bio-agresseurs sont des avantages notables.

Donner un bon départ au tournesol

Précocité et tolérance aux maladies sont les caractéristiques premières dans le choix de la variété.

 

Le choix de variétés précoces, voire très précoces (secteurs les plus froids, semis tardif), reste essentiel dans les régions du Nord et de l'Est. Les potentiels de rendement des variétés plus tardives sont séduisants mais représente un prise de risque certaine pour la récolte (date, perte de graines, couts de séchage, semis des céréales).

Le sclérotinia du capitule et le phomopsis sont à raisonner de façon prioritaire dans le choix variétal. Concernant le phomopsis, le choix de variétés Très Peu Sensibles ou Résistantes représente une protection suffisante pour s'affranchir d'une intervention fongicide.
La tolérance vis à vis du sclérotinia du capitule permet de limiter les risques si l'on combine comportement variétal et respect des règles agronomiques de base qui limite le risque d'une récolte tardive.

Cette année, l'inscription de nouvelles variétés oléiques concerne 3 précoces.
Tous les résultats variétaux sont disponibles sous www.myVar.

 

Soigner l'implantation pour obtenir une levée régulière et rapide

 

La plage optimale de semis se situe sur les 2 premières décades d'avril pour l'ensemble des secteurs du Nord et de l'Est.

Le tournesol étant une plante à pivot, les défauts de structure du sol (tassements, manques de fissuration) limitent l'enracinement et pénalisent l'accès des plantes aux ressources en eau et éléments minéraux.
Le lit de semences ne doit pas être trop motteux et/ou encombré de débris végétaux pour permettre une levée homogène et limiter le risque limaces.
Il faut veiller à limiter les passages d'engins et attendre le ressuyage complet avant d'entrer dans les parcelles pour éviter le tassement des sols et/ou le dessèchement du lit de semences.
La température du sol conditionne pour beaucoup la vitesse de levée et donc l'exposition du tournesol aux ravageurs : Si les conditions climatiques ne sont pas optimales pour semer, il est préférable de retarder le semis de quelques jours.
Idée : des semis groupés sur un même secteur sont des pratiques qui, en parallèle de la qualité d'implantation et d'une date de semis choisie, contribueront à réduire les dégâts de ravageurs et d'oiseaux.

 

Sécuriser la levée et l'homogénéité du peuplement

 

Le tournesol compense mal une hétérogénéité de peuplement, les pertes pouvant dépasser 5 q/ ha.
Semer entre 2 et 4 cm à une densité de semis n'excédant pas 75 000 graines/ ha. L'écartement entre rang ne doit pas dépasser 60 cm. La vitesse de semis doit être au maximum de 5 km/ h.

Le contrôle des limaces se joue au moment du semis en appliquant un antilimace en surface au semis ou juste après si une attaque est redoutée.
Les semis de tournesol sont souvent la cible des pigeons et corvidés. La période de sensibilité maximum de la culture aux dégâts d'oiseaux se situe entre le semis et la première paire de feuilles. Les moyens de lutte sont limités mais ils peuvent atténuer considérablement les problèmes :
- Techniques d'effarouchement (visuelles, sonores) : il est recommandé d'attendre le tout début de la levée ou quelques jours avant pour éviter l'accoutumance des oiseaux et de déplacer, ces dispositifs au cours de la période de sensibilité du tournesol.
- Régulation des populations d'oiseaux (piégeage, battues). Elle n'est possible que si l'espèce est inscrite sur la liste des « nuisibles ».
Ces méthodes sont soumises à autorisation. Pour tout renseignement complémentaire, consulter les services préfectoraux et les fédérations départementales de chasseurs.

 

Delphine de Fornel – Arnaud Van Boxsom Terres Inovia