Publié le 08/03/2017 à 00:00 / Jura Agricole

CHAMBRE D'AGRICULTURE

Les questions financières ont été au centre des débats de la dernière session de la chambre d'agriculture du Jura. Dans un contexte de crise « où l'argent se fait rare », la chambre doit poursuivre sa réorganisation en mutualisant, en régionalisant, en maîtrisant au mieux ses charges...

L'étude du compte financier 2016 a été l'une des priciples questions inscrites à l'ordre du jour de la session de la chambre départementale d'agriculture qui s'est tenue à Champagnole, dans le bâtiment de la communauté de communes qui, entre autres services, abrite également une antenne de la chambre d'agriculture.

Une étude dont on l'on note une baisse de 197 000 euros des charges de fonctionnement, s'expliquant essentiellement par une diminution de la masse salariale et une maîtrise générale des dépenses. Les recettes provenant des prestations facturées par la chambre sont également en baisse de plus de 10% (moins 175 000 euros). On retiendra également que les investissements ont été limités à 81 255 euros, les projets bâtiments ayant été mis en œuvre en 2016...
La chambre d'agriculture n'a donc pas échappé au contexte économique difficile et, si elle n'a pas trop subi les effets de la crise agricole au niveau de la vente de services, elle redoute quand même la période qui débute, en raison des difficultés financières dans un grand nombre d'exploitations. Le président Dominique Chalumeaux a précisé : « La dotation correspondant à la TATFNB n'évolue plus, les conditions d'accès à des conventionnements sont de plus en plus restrictives et les transferts de compétences entre collectivités nous privent d'un certain nombre de moyens auxquels nous nous étions un peu confortablement habitués... C'est pourquoi, dans cette période où l'argent se fait rare, il est nécessaire de tout mettre en œuvre pour contenir nos charges. C'est le combat de tous les instants. »
Et le président de réaffirmer la volonté des chambres d'agricultures de rester un réseau utile à l'accompagnement des agriculteurs. Dans un contexte de difficultés et de mutations profondes, les chambres devront poursuivre la réforme de leur organisation, en se tournant vers l'avenir et en étudiant les principaux enjeux auxquels elles seront confrontées : la réorganisation du réseau au travers de la régionalisation, l'accompagnement professionnel des agriculteurs et des propriétaires forestiers, la réponse aux enjeux territoriaux et la réponse aux attentes et besoins des collectivités territoriales.

 

La mutualisation des compétences est en marche


Pour Dominique Chalumeaux, l'organisation du réseau des chambres passe par la régionalisation. Une nouvelle politique agricole sera définie dans le cadre d'un programme régional de développement agricole (PRDA) dont les premiers travaux sont engagés, via l'audit des principales filières régionales. L'idée restant de rebâtir une nouvelle chambre régionale en partant de deux chambres dont les rôles et les modes de fonctionnement étaient très différents. « Cette mutualisation de nos compétences départementales et régionales n'est sans doute qu'à ses débuts, poursuit-il. Nous étudions déjà des services communs concernant la forêt et la communication, en particulier la création d'un site internet qui sera en ligne dès le prochain mois de septembre. »
Une réorganisation qui passe aussi par la réussite du Projet Elevage Jura à qui la chambre d'agriculture va, dès janvier 1018, transférer trois de ses services : conseil en bâtiments, contrôle machines à traire et audits AOP. Un protocole de fusion et d'apport partiel d'actifs a été signé et le projet final sera soumis au vote de la chambre lors de la session de novembre.

 

Retards, incertitudes, actualités...

 

Dominique Chalumeaux a également évoqué et commenté des dossiers qui ont des conséquences directes sur la gestion des exploitations jurassiennes.
Les préparatifs de la campagne Pac sont en cours mais l'absence de circulaires ainsi que le retard de l'instruction des dossiers de l'année dernière inquiètent : « Au delà de l'incertitude générée pour les agriculteurs, nous souhaitons avoir des informations régulières sur l'instruction des dossiers 2016 par la DDT. Nous devrons savoir Si les dossiers seront disponibles et complets sur Télépac. »
Le cadre des aides à l'installation et à la transmission nécessite une déclinaison régionale. Les délais imposés par les collectivités, notamment la Région, vont avoir un impact très fort sur l'installation en 2017. « Tant que les conditions de financement ne seront pas connues, il nous sera impossible de faire du conseil et de l'accompagnement. Et, par effet papillon, il nous sera impossible de vendre une prestation aidée, comme le diagnostic transmission qui est si utile pour favoriser l'installation... »
25 exploitations, la FDGeda et la chambre d'agriculture ont élaboré un projet répondant aux enjeux de la triple performance économique, sociale et environnementale, dans les domaines de l'élevage, de la polyculture-élevage et des grandes cultures : « Une première phase réussie avec la labélisation de trois GIEE, mais l'enjeu est maintenant de mettre en œuvre le plan d'actions établi par les exploitants. »
Sans attendre de nouvelles décisions nationales, la chambre entend poursuivre ses actions dans le cadre de l'Adefor 39 : « Celà passe par la création, la gestion et la fusion des associations syndicales autorisées qui permettent aux propriétaires de se doter de dessertes efficaces et aussi de mutualiser la gestion durable de leurs parcelles, la poursuite et la fin des plans de développement des passifs, le développement de la fruitière de gestion forestière du haut-Jura qui, après un an d'existence, regroupe déjà 36 propriétaires et 200 hectares de forêts privées. »
Le domaine de la performance énergétique des exploitations s'inscrit dans la continuité de la thématique du changement climatique. Il se traduit sur les exploitations par la recherche de réduction des consommations, le développement de la production d'énergie pour l'autoconsommation et la création d'une source de revenu complémentaire : « La chambre d'agriculture est mobilisée sur cet enjeu en apportant aux agriculteurs un conseil global. Ce conseil met en évidence l'intérêt, les implications et les points de vigilance pour avancer dans cette transition énergétique et en bénéficier pleinement. Pour permettre, au final, aux exploitants de faire des choix pertinents et durables pour leur exploitation... »

 

M.R.