Publié le 15/03/2017 à 00:00 / Jura Agricole

AGROMETEO DE FEVRIER

La douceur des températures a été remarquable au cours du mois de février avec des précipitations globalement assez proches des normales sauf le long d’un axe Dijon-Lyon.

Des températures presque printanières

Il faut remonter à février 2007 pour trouver des températures aussi clémentes en hiver. Le mois de février 2017 est ainsi notable par un excédent de températures compris entre 3 et 4 °C sur le quart Sud-Est par rapport à la normale (1980-2010). Les gelées ont été très peu fréquentes, ce qui est rare pour un mois de février. La station de Lyon-Saint-Exupéry enregistre seulement trois gelées matinales limitées à -1 °C. À Grenoble, le thermomètre est passé en négatif seulement quatre fois avec au maximum à -2,4°C. À Montélimar, il n'a pas gelé une seule fois.

Les cumuls de températures des stations météorologiques du Centre-Est sont très parlants. On observe ainsi un excédent en base 0 °C d'au moins 42 % sur les treize stations, pouvant grimper à 80 % aux Sauvages et jusqu'à 95 % à Bourg-Saint-Maurice. Les deux stations du sud de la zone, Lanas et Montélimar, ainsi que celle de Dijon affichent les cumuls les plus faibles, compris entre 42 et 48 %. La journée du 23 février a été la plus douce du mois avec jusqu'à 18 °C à Lyon, 19 °C à Grenoble ou 20 °C à Montélimar. Ce mois de février se classe ainsi parmi les dix mois de février les plus chauds sur la période 1900-2017.
Cette grande douceur a entraîné le démarrage de la végétation après les fortes gelées de janvier. À la fin février-début mars, les variétés d'abricotiers et de pêchers les plus précoces sont en fleurs au sud de Valence.


Retour des pluies


Du côté des précipitations, elles sont quasinormales sur la zone Centre-Est, sauf dans une zone allant de la Bourgogne au sud du département du Rhône, débordant sur la Loire à l'ouest et l'Ain à l'est. Ainsi, Saint-Étienne enregistre seulement 13 mm de pluie contre une normale à 30,6 mm, soit un déficit de 58 %. À Lyon, il manque 30 % des pluies (32,5 mm pour une normale de 46 mm), à Ambérieu, le déficit atteint 20 %, à Mâcon et Montélimar, il s'élève à 15 %. Dans les stations de Dijon et Lons-le-Saunier, le déficit de pluie est plus réduit compris entre 6 et 8 %. À l'inverse, seules cinq stations affichent des précipitations excédentaires par rapport à la normale en février. Lanas et Grenoble ont reçu 6 % de pluie en plus. Dans les Alpes, les cumuls de pluie et de neige ont été supérieurs à la normale. À Bourg-Saint-Maurice, l'excédent grimpe à 16 % avec 70 mm pour 60 mm en normale. À Chambéry, il est tombé 20 mm de plus que la normale (+ 26 %) quant à Thonon l'excédent atteint 49 % avec 67,5 mm pour une normale de 45,4 mm. Depuis le mois de septembre 2016, mois de référence pour le remplissage des nappes phréatiques, les cumuls de précipitations sont tous déficitaires par rapport à la normale. Sur six mois, il manque ainsi 180 mm d'eau à Ambérieu ou 146 mm à Grenoble, soit 33 % de moins que la normale pour les deux stations.
À Lons-le-Saunier ou Chambéry, le cumul de précipitations est inférieur de 120 mm à la normale depuis septembre 2016. À Lyon, le déficit s'élève à 110 mm (28 % de moins que la normale). Seules trois stations : Saint-Étienne, Lanas et Thonon présentent des déficits de moins de 8 %. Il manque seulement 10 mm par rapport à la normale dans la préfecture de la Loire, 35 mm à Thonon et 45 mm à Lanas. L'ensoleillement a été proche de la normale sauf dans l'extrême sud de la Drôme en déficit à cause d'entrées maritimes nombreuses porteuses de nuages. À l'inverse,
à Saint-Étienne, l'ensoleillement a été excédentaire de 16 %.


Un hiver sec aux températures variables


Avec la fin du mois de février, l'hiver météorologique 2016-2017 est terminé. Sur le plan des températures, elles ont beaucoup fluctué. Le mois de décembre a été assez proche de la normale, puis une vague de froid a touché l'est de la France en janvier, et enfin la douceur s'est installée en févier. Du côté de précipitations, c'est un peu plus exceptionnel. L'hiver a été particulièrement sec avec un mois de décembre très sec. Janvier a également été déficitaire en pluie. Le mois de février a été presque normal du côté des précipitations mais ce n'est pas suffisant pour enrayer
cette sécheresse hivernale. 


Camille Peyrache