Publié le 22/03/2017 à 00:00 / Jura Agricole

Méligèthes du colza

La présence, souvent très visible des méligèthes n'est pas toujours synonyme de pertes de rendement. Les éventuels dégâts sous forme de boutons avortés peuvent parfaitement être compensés par l'émission d'autres boutons floraux. Respecter le seuils et si une intervention s'avère nécessaire, alterner les familles chimiques.

Visibles mais pas toujours nuisibles

 

Un insecte visible qu'il faut savoir observer
Les méligèthes sont facilement repérés et identifiés sur le haut des plantes et cette présence conduit souvent à les surestimer. La lutte raisonnée consiste à intervenir lorsque le seuil de nuisibilité est atteint au cours de la période de sensibilité du colza (stades boutons). Les méligèthes ne sont plus nuisibles à partir du début de la floraison. Encore faut-il dénombrer correctement le nombre de méligèthes par plante pour raisonner la lutte. Les comptages en bordure ou sur les plantes les plus hautes ne sont pas représentatifs de la situation. Il est conseillé de compter sur 5 x 5 plantes consécutives ; puis de calculer une moyenne ou un % par plante à rapprocher des seuils mentionnés dans le tableau. De plus il faut tenir compte des capacités de compensation des cultures.

 

Des seuils de nuisibilité à moduler selon l'état du colza
Même en cas de pertes de boutons, les pertes de rendement sont loin d'être systématiques. En effet, le colza est capable de compenser sur ses ramifications secondaires. Lorsque le colza est vigoureux et situé dans un milieu (sol et climat de printemps) favorable, il peut faire face à des attaques de méligèthes même fortes. La stratégie de lutte vise à maintenir la population de méligèthes à un niveau tolérable (et non à l'éradiquer) compatible avec la forte capacité de compensation des plantes.

 

Si besoin, choisir le bon insecticide et alterner les modes d’action

 Certains insecticides ont une action choc entrainant une mort rapide des insectes. D’autres vont jouer sur leur comportement en les empêchant de se nourrir ce qui limite les dégâts.

Les populations de méligèthes sont considérées résistantes à la plupart des pyréthrinoïdes actuelles, hormis etofenprox (TREBON 30EC), tau-fluvalinate  (ex MAVRIK FLO)

 

Afin de maintenir la durabilité des solutions chimiques Il est important d’alterner les modes d’actions et ne pas utiliser 2 fois de suite le même mode d’action (même si on traite 2 insectes différents)  pour réduire le risque d’apparition de résistance.

 

Alternatives aux pyréthrinoïdes :

  • indoxacarbe : STEWARD, EXPLICIT EC
  • pymetrozine : PLENUM 50WG 
  • les organophosphorés seuls ou en association (1). NURELLE D550(1) (2), DASKOR 440(1), PYRINEX ME (2), RELDAN 2M, BORAVI WG
  • néonicotinoides (seuls) ou en association(1) : PROTEUS(1), HOREME V200

 

(1)     : Les associations  sont réservées aux situations particulières avec présence simultanée de méligèthes et charançons de la tige. 

(2)    : Rappel : fin des utilisations des produits à base de chlorpyriphos-éthyl au 31/08/2017

Sont concernées les associations chlorpyriphos éthyl + cyperméthrine comme NURELLE D550,  PATTON, GEOTION XL ou VERSAR 550 ou chlorpyriphos éthyl seul comme PYRINEX ME ou CUZCO.

 

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L'usage des insecticides est interdit dans les cultures en présence de fleurs ou d'exsudats. En cas d’intervention tardive (stade E avec apparition des premières fleurs), utiliser impérativement les solutions bénéficiant d’une dérogation abeille (emploi autorisé durant la floraison et/ou production d'exsudats en dehors de la présence des abeilles). Lire attentivement l'étiquette car la mention abeilles est liée à chaque usage (culture x ravageur).

 

L.Ruck – D. de Fornel- Zone Nord Est