Publié le 05/04/2017 à 00:00 / Jura Agricole

AGROMETEO DE MARS

Avec une température moyenne de 2,2 degrés supérieure à la normale, le mois de mars s’inscrit comme le 2e plus chaud depuis 117 ans, après celui de 1957 en France. Les précipitations soutenues sur la partie ouest et sud de Rhône-Alpes sont déficitaires dans le centre et l’est.

Un mois exceptionnellement doux

Avril s'est invité en mars. La température moyenne sur la France est ainsi proche de 10,9°C, soit plus de 2,2 degrés au-dessus de la normale établie à 8,7°C. Mars 2017 se classe au second rang des mois de mars les plus doux depuis 1900, très près du mois de mars record sur la France, datant de 1957, il y a 60 ans au cours duquel la température moyenne était de 11°C, soit 0,1 °C de
plus que 2017. La douceur a persisté tout au long du mois, atteignant son paroxysme le jeudi 30, des pics de douceur moins intenses ont été observés aussi autour des 11 et 16 mars. Autre fait à noter, aucun épisode de froid n'a été observé. L'écart à la normale des températures a été plus marqué sur la moitié est du pays que dans l'Ouest et le Sud-Ouest. C'est ainsi que sur la zone centre-est, les températures ont été supérieures de trois degrés par rapport à la normale. Les Alpes du nord ont d'ailleurs enregistré des températures très douces avec des cumuls en base 8°C trois fois supérieurs à la normale à Bourg-Saint-Maurice, deux fois à Chambéry-Aix ou à Thonon-les-Bains. Sur le reste de la région Rhône-Alpes, Jura et Saône-et-Loire, les cumuls de températures dépassent de 60 à 80 % la normale. Seule exception, à Saint-Étienne où la somme des températures est proche de la normale.
Avec de telles températures, la végétation a accéléré son développement. A fin mars, le blé entre dans le stade 1 noeud pour un petit 1/3 des parcelles, les autres y arrivant après le stade épi 1 cm. Depuis le début de l'année 2017, les observations des stations météo indiquent un excédent de températures en base 0° C de l'ordre de 15 à 25 % par rapport à la normale, notamment sur les reliefs. Par exemple, la station météo de Bourg-Saint-Maurice enregistre un excédent de 47 % de températures en base 0°C, celle de Les Sauvages affiche + 27 %.


Des pluies disparates


Du côté des précipitations, si à l'échelle nationale, le cumul est excédentaire de 12%, dans la zone sud-est centre, les sommes de pluies sont très inégales. Deux zones ont enregistré des cumuls de pluies importants, dans le sud Ardèche d'abord, à Lanas où il est tombé 110 mm contre 54 mm pour la normale, soit le double. À Saint-Étienne ensuite, où les chutes de pluie ont atteint 50 mm pour une normale de 37 mm soit 35 % de plus. Quatre stations météo enregistrent également des cumuls positifs plus limités compris entre 8 et 17 % de plus que la normale : Les Sauvages, Montélimar, Mâcon et Bourg-Saint-Maurice. Sur les autres stations météorologiques suivies, les pluies ont été inférieures à la normale. Il est tombé seulement la moitié des pluies d'un mois de mars normal à Grenoble et un peu plus de la moitié à Ambérieu. Le long du lac Léman, à Thonon-les-Bains, les précipitations ont été déficitaires de 30 %. Enfin, à Dijon et Lons-le-Saunier, il manque 25 % des précipitations d'un mois de mars avec respectivement 45 mm (contre 60 mm) et 78 mm (contre 103,7 mm).


Une faible recharge des nappes


Depuis le début de l'année, les quantités d'eau tombées sur la zone sud-est-centre sont déficitaires dans la quasi-totalité des stations de 10 à 43 %, sauf à Lanas qui affiche un excédent de 15%. Ambérieu accuse le retard le plus important avec seulement 138 mm d'eau depuis le début 2017 contre une normale de 241 mm soit un retard de 43 %. Quatre stations enregistrent des cumuls en déficit de 30 à 40 % : c'est le cas de Dijon, Montélimar, Grenoble ou Lyon. Ailleurs, les déficits d'eau sont compris entre 10 et 25 % depuis le début 2017. C'est également une tendance déficitaire qui s'affirme quand on prend les cumuls de précipitations depuis septembre 2016, début de la recharge des nappes phréatiques. Si deux stations, celles de Lanas et de Saint-Étienne atteignent tout juste la normale, toutes les autres stations de la zone Rhône-Alpes, Bourgogne et Jura sont en déficit de 35 % pour Ambérieu et Grenoble, compris entre 20 et 25 % pour Lons-le-Saunier, Lyon et Chambéry, et entre 10 et 20 % à Dijon, Les Sauvages, Thonon, Bourg-Saint-Maurice, Mâcon ou Montélimar.

Dans sa dernière note, le BRGM, bureau de recherches géologiques et minières a confirmé la faible recharge hivernale due à ces faibles cumuls de pluies hivernales. « Un nombre restreint de nappes phréatiques (28 %) affiche un niveau moyen ou modérément haut, souligne le BRGM dans son dernier communiqué sur l'état des nappes d'eau souterraine. La situation montre qu'une partie notable du territoire n'a pas encore bénéficié de la recharge hivernale habituellement observée à cette période de l'année. »

Les nappes du centre-est de la France, Bourgogne et Rhône-Alpes affichent des niveaux modérément bas, stables ou en baisse. Les premières pluies d'automne qui avaient commencé à engendrer un premier épisode de recharge n'ont pas perduré et la situation ne s'est pas beaucoup améliorée au cours de l'hiver. ■


Camille Peyrache
Source : Météo-France et BRGM