Publié le 19/04/2017 à 00:00 / Jura Agricole

OS MONTBELIARDE

Ce mercredi 12 avril, les représentants de la montbéliarde ont tenu séance à Micropolis-Besançon. La réunion a défini les nouveaux contours de l’organisation de la race.

Une montbéliarde européenne

Avant de tracer l'avenir de la montbéliarde, Alain Vuaillat s'est inspiré de l'actualité lors de son rapport moral. De fait, l'élection présidentielle et plus particulièrement tous les débats qui tournent autour de l'Europe — le Frexit en écho au Brexit — s'est invitée lors de cette assemblée. « Que deviendra notre projet si le futur gouvernement décidait de quitter l'Europe ? Voilà une question qui revenait régulièrement dans nos assemblées de secteur », lance le président de l'OS montbéliarde.
Alain Vuaillat appelle à la raison : « Le scrutin est primordial pour la Nation. » Se transformant en professeur d'Histoire le temps d'une matinée, il rappelle que la France a été un des premiers pays
à mettre en place la démocratie et à écrire la charte des Droits de l'Homme. « Ce serait une grave erreur de sortir du concert européen. Notre économie a plus à gagner en étant sur active sur un marché de vingt-huit pays où les produits peuvent circuler librement avec une monnaie unique. »


Aléas et réflexions


D'un point de vue hexagonal, Alain Vuaillat s'emporte aussi envers certaines personnes, « nées avec une cuillère d'argent dans la bouche », qui attaquent les pratiques de l'élevage national ; lui
reprochant des atteintes au bien-être animal, et au non respect du rythme de la nature. « Nous éleveurs, nous sommes fiers d'apporter une nourriture abondante, variée et de bonne qualité à la population. » Ce qui n'est pas le cas sur toute la planète. Les derniers journaux télévisés parlent de malnutrition pour ne pas dire de famine. « Or en Afrique, certains s'inspirent des modes d'exploitation et de production afin nourrir une population en forte progression. » Et pour aller de l'avant, des partenariats jouent la carte de la coopération dans un esprit constructif.
Ce n'est un secret pour personne : l'année 2016 été particulièrement difficile ; la crise laitière s'est enlisée provoquant des prix au plus bas pendant le premier trimestre 2016. « Et comme cela ne suffisait pas, une météorologie catastrophique a eu un impact terrible sur les rendements et la qualité des récoltes. »
Pour autant, cela n'a pas échaudé les acteurs de la montbéliarde. Il fallait pousser un projet pour être en phase avec le nouveau règlement zootechnique européen (Rzue). Une cellule de réflexion
a permis de fédérer les énergies et les initiatives « afin de se positionner dans le contexte libéral de demain ». Alors que tout le monde avait la tête aux semis du maïs et au foin, une matinée a permis de percer les abcès. Histoire de battre le fer quand il était chaud, une autre journée a permis d'imaginer la nouvelle gouvernance de la montbéliarde. Acte trois, la groupe a validé les représentations au sein des commissions et établi les clés de répartition de leur financement.
Enfin, il était aussi question de revendiquer fortement un ancrage au terrain. « C'est pourquoi nous voulons redynamiser l'union des syndicats montbéliards afin d'avoir les remontées des souhaits des éleveurs mais aussi pour expliquer les choix qui sont dans notre race. »