Publié le 04/05/2017 à 00:00 / Jura Agricole

COOPERATIVES LAITIERES

Comme le monde bouge et que la fusion des régions est une réalité, les FDCL du Doubs et du Jura, se restructurent pour prendre date avec l'avenir et préserver la bonne santé des AOP régionales.

Les coopératives laitières en pleine évolution


Frasne est définitivement la capitale des fruitières et coopératives du Doubs et du Jura. D'abord, la commune est au centre du massif du Jura. Ensuite, parce que le bourg dispose d'une infrastructure qui peut accueillir 400 personnes, les mettre à table pour le moment convivial et deux salles où les FDCL du Doubs et du Jura peuvent tenir en simultané leurs assemblées générales avant de se retrouver en assemblée plénière pour entendre les propos d'un invité – ce jeudi 27 avril, Gilles Fumey, professeur de géographie à la Sorbonne, était le grand orateur – avant de clore les travaux avec Sophie Fonquernie, représentante de la présidente du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté (voir par ailleurs).
« Ce rendez-vous est un moment fort avec nos adhérents », confirme Bernard Marmier, président de la FDCL du Doubs. Quelques messages d'importance sont diffusés, du haut de l'estrade ; en bas, la salle n'est pas en reste et interpelle les responsables. Ensuite, quelques informations concrètes permettent à chacun de se faire un idée de la santé de la filière. « Enfin, nous pourrons aussi écouter une voix extérieure à la filière. » Ensuite, à table chacun pourra refaire le monde.


Un modèle en mouvement


Mais avant d'entendre cet orateur, il convenait de refondre les statuts et de prendre une nouvelle direction : la fusion des deux FDCL « pour travailler surtout autour de l'avenir de nos filières ». Plusieurs bonnes raisons ont conduit à ce choix, pour ne pas dire à cette obligation : il fallait mettre en place un cadre plus adapté à la fusion des régions et à la baisse drastique des financements. « Ainsi, avec la Fédération régionale des coopératives du massif jurassien, nous aurons une visibilité plus forte. »
Cette volonté est loin d'être anodine. Il suffit de rappeler qu'en quelques années, 30 % des coopératives ont disparu et que les restantes ont grossi de plus 45 %. « Notre modèle est en mouvement », constate Alain Mathieu. « La diversité des coopératives nous interrogent », poursuit le président de la FDCL du Jura.
« Nous voulons apporter des réponses nouvelles pour construire demain. » Il faut donc anticiper et accompagner les changements. Si la réussite est indéniable, elle se doit d'être durable ; elle peut être menacée. « Beaucoup de choses bougent autour de nous », poursuit Bernard Marmier. L'Autriche et la Bavière sont quasiment sans OGM. « Le bio évolue et répond aux demandes des consommateurs. »
Face à une bonne santé que l'on pourrait presque qualifier d'insolente, chaque producteur pourrait privilégier la tentation du profit à court terme. « J'appelle cela la malédiction de la richesse. » Elle frappe les sociétés dans l'opulence. « Dire que le comté est dans l'opulence, c'est peut-être exagéré ; mais par rapport à d'autres filières peut-être. » Gilles Fumey est invité à discourir sur ce points, et bien d'autres.


Dominique Gouhenant