Publié le 09/08/2017 à 00:00 / Jura Agricole

Trois questions à Nicolas Saive

Nicolas Saive, le président des Jeunes Agriculteurs du Jura, a été surpris à la lecture des deux pages réalisées par des élèves du Legta de Montmorot, publiées dans notre édition du 14 juillet et plus particulièrement sur l'article intitulé « Véganisme, le plaisir est-il dans la viande ». Un article où un groupe d'élèves de 1ère GEA avait interrogé un de ses camarades de l'établissement, élève en BTS gestion et protection de la nature et également adepte du véganisme, sur ses choix et son mode de vie.

« Nous ne sommes pas les tueurs que l'on décrit ! »

Le Jura Agricole et Rural : Vous avez été surpris à la lecture de l'interview d'un jeune vegan que les élèves du lycée agricole ont réalisée dans nos colonnes ?

Nicolas Saive : « Oui. J'ai le sentiment que ce garçon s'est trompé d'école. Il serait mieux dans un autre établissement, à suivre une formation plus conforme à ses aspirations et à ses choix... Ce n'est pas parce qu'il a cette opinion qu'il doit essayer de convaincre les autres et de stigmatiser ainsi une profession dans le but évident de l'anéantir. Cette philosophie va à l'encontre de notre culture. Et en particulier des pratiques que nous autres, éleveurs jurassiens, avons appris à Montmorot ! »

 

J.A.R. : Quelle vision avez-vous du véganisme ?

 

N.S. : « De tous temps, l'homme a mangé de la viande pour se nourrir. Où en serait-on si nos ancêtres ne l'avaient pas fait ?... Pour moi, le véganisme est un mouvement créé récemment, qui n'a aucun recul et que je considère plutôt comme une mode qui ne prend pas en compte les réalités de notre société. Aujourd'hui les filières viandent sont tracées pour mieux garantir une sécurité alimentaire aux consommateurs. Et chacun sait que seuls de forts excès de consommation de viande peuvent être défavorables à la santé... Dans le même temps, l'équilibre de leur alimentation ne semble pas être une préoccupation des vegans qui s'exposent à des carences en vitamines sous des prétextes idéologiques ! Je pense aussi que si l'on est vegan, on doit l'être jusqu'au bout, sans consommer de molécules de synthèse, et en respectant les végétaux comme ils prétendent le faire avec les animaux... »

 

J.A.R. : Quelle est la position de votre syndicat par rapport à ce mouvement vegan ?


N.S. : « A JA, nous avons été surpris par les manifestations de vegans, pendant le dernier Salon de l'agriculture. Avant, on entendait peu parler d'eux. Et là, on s'est rendu compte qu'ils avaient un pouvoir de communication énorme, avec des moyens financiers que nous n'avons pas forcément. En conseil d'administration de JA, nous avons décidé de réagir en communiquant sur notre métier, pour montrer que nous ne sommes pas les tueurs que l'on décrit. Avec des vidéos, des petits films de présentation du métier, nous voulons montrer la manière dont nous travaillons, montrer que nos pratiques respectent le bien-être animal. »

 

Propos recueillis par Michel Ravet