Publié le 06/09/2017 à 00:00 / Jura Agricole

FDSEA et JA 39

Quelques semaines après les élections législatives, FDSEA et JA du Jura ont souhaité rencontrer les parlementaires nouvellement élus.

FDSEA et JA à la rencontre des députés

La semaine dernière, Ils ont donc pu échanger avec Danielle Brulebois, députée de la première circonscription du Jura et vice-présidente de l'Assemblée nationale et Jean-Marie Sermier, député de la troisième circonscription. Une rencontre avec Marie-Christine Dalloz, députée du Haut-Jura, est également programmée début octobre. Ces rendez-vous ont permis aux deux organisations syndicales de rappeler leur positionnement général à l'égard des parlementaires et en particulier leur attachement au débat démocratique et aux échanges en les considérant comme un lien essentiel entre le terrain et les pouvoirs publics.

Si le contexte économique des principales filières jurassiennes a permis de planter le décor, ce sont avant tout les sujets d'ordre national et européen qui ont été au centre des échanges, à commencer par le budget de la Pac. En effet, le 27 juillet dernier, le ministre de l'Agriculture annonçait le transfert de 4,2% des fonds du premier au second pilier de la Pac pour financer les besoins identifiés d'ici 2020 et en particulier les aides à l'agriculture biologique, les Maec et l'ICHN.
A l'époque, ce manque budgétaire de l'ordre de 850 millions d'euros avait été dénoncé par la FNSEA auprès du ministre Stéphane Le Foll. Le Président de la République, François Hollande, s'était engagé à en assumer les conséquences lors de sa visite au Sommet de l'élevage à Cournon.
FDSEA et JA ne peuvent que constater que le financement de ces mesures va se faire à enveloppe constante, en prenant aux uns pour redonner aux autres. De plus, il remet en cause l'équilibre fragile entre les territoires et les productions qui avait été trouvé lors des négociations budgétaires de la Pac en 2013 / 2014. Aujourd'hui, même si la continuité de l'Etat existe, personne ne veut assumer l'héritage, pas même un ancien ministre de l'Economie...

 

Les états généraux de l'alimentation

 

FDSEA et JA saluent cette démarche de construction collective et en particulier la volonté affichée de créer et de mieux répartir la valeur ajoutée. Mais compte tenu de la place laissée aux organisations agricoles face aux ONG environnementales, Christophe Buchet, le président de la FDSEA du Jura a mis en garde : « Nous attendons beaucoup de ces travaux qui doivent faire passer les producteurs, les transformateurs et les distributeurs du statut d'adversaires au statut de partenaires. Il y a une véritable attente de ces états généraux et la profession agricole sera attentive aux conclusions des débats. En aucun cas nous n'accepterons qu'elles se traduisent par de nouvelles contraintes telles que nous avons pu le connaitre par le passé avec le Grenelle de l'environnement notamment. »
Concernant l'environnement justement, le positionnement du ministre de l'Ecologie, Nicolas Hulot, qui s'est déclaré hostile au renouvellement de l'autorisation de mise en marché du Roundup, inquiète les producteurs.
FDSEA et JA ont dénoncé l'incohérence des propos du ministre alors que durant la Cop 21, l'agriculture de conversation a été mise en avant et que la destruction des couverts nécessite parfois l'utilisation du glyphosate. Ce positionnement est d'autant plus surprenant que les principales agences nationales et européennes se sont soit prononcé favorablement, soit n'ont pas encore eu le temps de le faire. Ce dossier a été présenté comme assez emblématique de l'évolution de la société et de ses incohérences mais il risque, à court terme de pénaliser les agriculteurs. L'accumulation des normes en matière d'environnement a également été rappelée au bon souvenir des parlementaires.

La FDSEA et JA ont pris également le temps d'expliquer le malaise ressenti par les éleveurs face aux attaques médiatiques grandissantes de la part d'associations animalistes comme L214. Le président des JA, Nicolas Saive, a insisté sur ce phénomène auprès des élus : « Le bien-être de nos animaux est au cœur de nos préoccupations et certains vivent très mal ces attaques infondées contre ce noble métier qui est pour beaucoup une passion. Lorsque êtes auprès de vos animaux du matin au soir, que la situation économique est catastrophique et que vous voyez en rentrant à la télévision des reportages à charge d'une grande violence, il ne faut pas s'étonner qu'il y ait des suicides. Nous attendons de la part des parlementaires de rétablir la vérité dans les médias, d'arrêter le financement public de ces associations et de nous soutenir publiquement ».
Enfin, les revendications des anciens exploitants ont été remises en main propre par Jacques Chalumeau, à savoir pour les retraites 85% du Smic minimum, la prise en compte des 25 meilleures années et le rétablissement de la demi part fiscale pour les veuves et veufs, supprimée sous la présidence Sarkozy.