Publié le 06/09/2017 à 00:00 / Jura Agricole

AGROMETEO D'AOUT

Avec des températures au-dessus de la moyenne et des pluies relativement faibles, le mois d’août 2017 va entrer dans les annales comme le deuxième mois d’août le plus chaud de France après 2003.

Un mois d’août très chaud et sec

Ce n'est pas avec les précipitations du mois d'août que les cumuls de précipitations depuis janvier vont remonter. Il n'a pas beaucoup plu sur le centreest au cours du dernier mois de l'été et les précipitations cumulées depuis le début de l'année affiche des déficits importants. Le sud du centre-est, c'est-à-dire, les stations météo de Lanas et Montélimar ont enregistré de très faibles cumuls de précipitations en août couvrant moins de 30 % de la normale. Il est ainsi tombé seulement 16 mm à Lanas contre 64,5 mm en normale et 22,1 mm à Montélimar pour une normale de 75,4 mm. La pluie, bien qu'un peu plus présente, reste largement en dessous des normales sur le nord-est de la région, une partie de l'arc alpin et àSaint-Etienne. Dans ces zones, il manqueentre 30 % et 40 % d'eau. À Lons-le-Saunierpar exemple, il est tombé 75 mm pourune normale de 125 mm. Aux Sauvages,les pluviomètres ont enregistré 67,3 mmpour une moyenne sur trente ans de110 mm. Un peu plus au nord, Dijon etAmbérieu sont un peu mieux lotis avec25 % de déficit à Dijon avec 52 mm surle mois et 15 % de retard à Ambérieu.
Dans l'Arc alpin, le manque de précipitationsest moins flagrant. Il manque22 % à Thonon avec un cumul de 94 mmpour une normale de 120 mm et 12 % àBourg-Saint-Maurice (81 mm contre unenormale de 92 mm).


Des cumuls annuels en déficit


Seules quatre stations météo affichentdes cumuls de pluies supérieurs aux normalesde saison entre 9 et 17 %. Mâconet Grenoble ont ainsi reçu 98 mm soit8 mm de plus que la normale. À Chambéry,les quantités de précipitations dépassentde 15 mm la normale avec131 mm comptabilisés pour une normalede 118 mm. Enfin, à Lyon Saint-Exupéry,il est tombé 16 % d'eau en plus que lanormale. Si l'on regarde la pluviométriedepuis janvier, l'année 2017 apparaît particulièrementsèche. Seule la station deLanas est quasiment à l'égale de la normale.
Les douze autres stations météorologiquesdes régions Rhône-Alpes etBourgogne Franche-Comté affichent desdéficits de l'ordre de 5 à 30 %. La situationde l'Ain est d'ailleurs particulièrement
difficile. À Ambérieu, il manque218 mm depuis le début de l'année(490 mm cumulés contre une normale de708 mm), les étangs de la Dombes sontpar exemple à des niveaux très bas, mettanten difficulté les pisciculteurs. LesSauvages affichent un retard de 26 %(460 mm reçus pour une normale de622 mm), quant à Montélimar il manque22,5 % (371 mm pour une normale de480 mm). Certaines zones d'élevage sonten déficit de fourrage, et utilisent déjàles stocks hivernaux. Les autres stationsaffichent certes des déficits mais ils sontsous les 20 %. Il manque 150 mm à Lons-le-Saunier, 100 mm à Grenoble, 82 mmà Dijon, 70 mm à Saint-Etienne ou à Lyon St-Exupéry.

Météo France a ainsi dresséune carte de l'état du sol superficiel au 23 août. Il apparaît que la Loire était placéeen situation de très sec pour la saisonquand la Saône-et-Loire, le Rhône, l'Ardèche et la Drôme étaient en situation de sec pour la saison. En plus, comme la période de recharge des nappes phréatiques a été déficitaire en précipitations sur 2016-2017, la plupart des régions sont également en état de sécheresse hydrologique avec des cours et des retenues d'eau à des niveaux bas, voire très bas.


Des températures au sommet


La chaleur a été plutôt marquée en août avec un épisode de canicule sur la région Auvergne-Rhône-Alpes du 1er au 6 août, puis pendant quelques jours dans la dernière décade. Les cumuls de températures sont largement supérieurs à la normale de 8 à 25 % en fonction des stations météorologiques. Cela se traduit par une végétation en avance. Les récoltes de maïs grains ont ainsi commencé la semaine dernière avec 10 jours d'avance.
Ce climat plus chaud que la normale devrait se maintenir au cours des trois prochains mois selon la tendance publiée par Météo France. 


Camille Peyrache