Publié le 14/11/2017 à 00:00 / Jura Agricole

LONS-LE-SAUNIER

Pour dire Stop aux mensonges de la grande distribution sur la pénurie de beurre, le réseau Jeunes Agriculteurs et la FRSEA Bourgogne Franche-Comté se sont mobilisés.

Les raisons d'une fausse pénurie

Depuis plusieurs semaines, les rayons de beurre se vident sous les regards inquiets des consommateurs. Jeunes Agriculteurs BFC et la FRSEA BFC ne peut tolérer cette prise en otage des consommateurs par les autres maillons de la filière, qui encore une fois se livrent une guerre des prix sans merci !

Le réseau régional Jeunes Agriculteurs et la FRSEA de Bourgogne Franche-Comté ont décidé de mener une action de sensibilisation auprès des consommateurs devant les enseignes de la grande distribution de la région le 10 novembre pour expliquer les raisons de cette fausse pénurie et la mauvaise foi des industriels et de la grande distribution.
Ainsi, une trentaine de représentants JA et FDSEA du Jura ont répondu présent à l'appel de mobilisation de la région et se sont donnés rendez-vous devant l'Intermarché de Lons-le-Saunier vendredi après-midi.
Ils ont pu rencontrer directement les consommateurs à qui ils ont vendu des tablettes de beurre local provenant de coopératives jurassiennes, tout en leur expliquant les raisons de la pénurie.
La grande distribution, confrontée à une hausse des prix du beurre, refuse de s'approvisionner. Dans un même temps, pour ne pas subir les cours du beurre industriel historiquement hauts, les clients de ce produit (boulangers pâtissiers notamment) s'approvisionnent dans les rayons de la grande distribution pour réduire leurs coûts, participant ainsi à la pénurie dans les rayons : ce sont les consommateurs qui se retrouvent directement pénalisés.
Pourtant, les producteurs laitiers n'ont pas vu la répercussion de cette hausse des cours des prix sur leur prix de vente. Un différentiel de 20 à 30 € pour 1000 litres de lait persiste sur les prix payés aux producteurs pour que ces derniers soient cohérents avec les cours mondiaux.
Comment sortir de cette situation ? Grâce à une contractualisation tripartite entre organisations de producteurs commerciales, distribution et transformateurs prévoyant un volume, une durée d'engagement et des indicateurs de marché et de coûts de production.
C'est ce que les représentants syndicaux n'ont cessé de rappeler pendant les Etats Généraux de l'Alimentation : mettre en place une autre méthode de création du prix. Cet exemple de pénurie et de déconnexion du prix pourrait se propager à d'autres productions sans apaisement des relations commerciales. Le chantier 1 des Etats généraux de l'Alimentation s'est clôturé avec la volonté de construire les prix à partir des coûts de production. L'heure est venue de l'appliquer.