Publié le 23/11/2017 à 00:00 / Jura Agricole

CENSEAU

Pour anticiper et répondre en amont aux questions de leurs adhérents, les deux coopératives ont choisi d'organiser des réunions de section comunes. La dernière s'est tenue le vendredi 17 novembre, à la maison du Temps Libre de Censeau.

 Prêts pour une fusion historique

La date du 18 décembre sera une date importante dans l'histoire de l'élevage jurassien. C'est celle de la fusion programmée de deux organismes qui, au quotidien, travaillent avec et au service des éleveurs : Jura Bétail et Jura Conseil Elevage.

Les réunions de secteur de cet automne ont été une belle occasion pour leurs dirigeants des deux coopératives de présenter l'objet de cette fusion, d'ouvrir le débat et d'anticiper ainsi sur la journée du 18 décembre qui officialisera la démarche, à Champagnole.
A Censeau, pour la dernière réunion de secteur, les présentations d'activités ont été fort synthétiques, de la volonté même des présidents et directeurs qui voulaient laisser plus de temps au débat... « pour aller au fond des choses, pour aller à l'essentiel... »
Premier intervenant, Dominique Peinturier, le directeur de Jura Bétail a donné des chiffres : près de 5 millions d'euros de chiffre d'affaires, une légère baisse d'activité, un rebond dans les ventes de semence, une baisse des échographies... Et des capitaux propres qui atteignent les 4,7 millions d'euros : un niveau cohérent. « Une coopérative saine et solide, ce qui est important pour se projeter et maîtriser son avenir » résumait le directeur.
A signaler également pour cette année 2017 l'augmentation importante du coût des manifestations, en raison de la participation au Simagena et de l'organisation de la journée génétique à Dole. Un contexte plus difficile auquel s'ajoute la disparition de la subvention qu'accordait le conseil départemental...
Au niveau de l'insémination artificielle, le directeur parle de « rupture par rapport à ce qui avait été fait depuis dix ans. On a perdu des vaches, comme à la fin des années 90 et nous ne sommes pas satisfaits... » Le marché de l'IAP est à la baisse (moins 1,8% et pour les coopératives historiques de mise en place, cette baisse d'activité atteint les 2,7 % . Cette baisse est compensée par l'arrivée d'émergents (indépendants, vétos, privés...) qui font les 10% que ne font pas les historiques. Dans ce contexte, Jura Bétail est la seule entité à être positive (+ 0,7%). D'où une certaine satisfaction mais avec la conscience de la place qu'occupe la coopérative à l'échelon national : 14ème sur 20...

« Le choix de Jura Bétail a été de ne pas aller se marier avec ses voisins mais de se concentrer sur le Jura, avec d'autres métiers de l'élevage... » justifie Dominique Peinturier. La transition semblait toute trouvée...

 

Vacciner pour anticiper


Mais, alors que l'on s'attendait à des questions sur le projet élevage jurassien qui sera entériné à Champagnole, c'est plus sur des questions d'actualité immédiate que les discussions sont parties. Avec 3136 animaux commercialisés, la filiale Montbéliarde du Jura enregistre une baisse de chiffre d'affaires de 7%. « Le retour de la FCO en France, au mois de septembre 2015 est le point de départ d'un cycle vicieux, explique le directeur. 2016 a été une année compliquée, 2017 sera une année terrible car la remontée de la FCO vers le Jura provoque tout un tas de problèmes. Ajoutez la fermeture du marché de l'Algérie pendant six mois et, avec l'arrivée du sérotype 4 en Haute-Savoie, les restrictions de mouvements, le blocage des génisses pour l'Algérie, une dérogation pour le Maroc et le déconnage de l'administration... Nous sommes dans une situation complexe qui peut changer du jour au lendemain. Mais si vous ne vaccinez pas vous ne pourrez rien faire. Et si vous vaccinez, vous aurez peut-être la possibilité de faire quelque chose ! ».
Des propos repris par le président Jean-François Saillard qui, dans son rapport moral, est revenu sur « l'acharnement des services de l'Etat. » Il a même évoqué l'idée « d'une manifestation sous les fenêtres de la préfecture... »...
Il rappelle la nécessité de rester dans une logique d'anticipation car « 27 sérotypes existent et les années qui viennent vont être encore compliquées. La FCO est une épée de Damoclès au dessus de nos têtes. Nous ne savons pas comment elle évolue et la vérité du jour n'est pas forcément celle du lendemain... »
Une dose d'optimisme quand même avec la courbe des ventes à l'export – en particulier vers les Etats-Unis - stimulée par le développement du croisement sur holstein, ainsi que sur la réussite de la journée génétique de Dole. L'événement sera reconduit le 21 mars prochain.

 

Libre choix aux adhérents


« Une journée historique ». Le mot est encore de Jean-François Saillard qui, avant de laisser la place à son collègue Yoann Bernard de Jura Conseil Elevage, a précisé les grandes lignes de la fusion. Le projet avait été engagé trois ans auparavant, en partenariat avec le groupement de défense sanitaire et la chambre d'agriculture du Jura. Des travaux ont été menés pour définir un projet commun, modifier l'objet social, les statuts et les règlements intérieurs des organismes appelés à fusionner. Tout ceci sera validé par vote le 18 décembre. La nouvelle entité – dont le nom ne sera dévoilé que ce jour là – proposera des prestations d'insémination artificielle, de conseil en élevage, de contrôle de performances, ainsi que d'autres services : dératisation, contrôle de machines à traire, mise à disposition de personnel... l'objectif étant de laisser aux adhérents le libre choix d'utiliser tout ou partie des services proposés.

 

Michel Ravet