Publié le 08/01/2018 à 00:00 / Jura Agricole

FCO

Avec ce début d'année 2018, les choses ont fortement évolué en matière de FCO sérotype 4. On peut même parler de changement radical. Le point avec le président du GDS du Jura.

FCO, un changement radical de stratégie

« C'est avec soulagement qu'aujourd'hui et au terme de ces deux mois de blocage, les décisions du Cnopsav consacré à la FCO du 21 décembre prennent forme au travers d'un arrêté ministériel modifié en date du 28 décembre 2017 qui permet le passage de l'ensemble du territoire continental en zone réglementée BTV 4 (FCO sérotype 4) », estime Rémi Guillot, président du GDS39.
De ce fait, désormais et comme pour la FCO sérotype 8 :
- les animaux peuvent circuler librement (sur l'ensemble du territoire national) ;
- la vaccination contre le sérotype 4 de la FCO devient volontaire.
Les éleveurs des trois zones règlementées sont ainsi enfin libérés de leurs contraintes, notamment celles qui pesaient sur les restrictions aux mouvements et le commerce national peut reprendre son cours normal. Par ailleurs, et comme cela est le cas depuis le début de la crise, les conditions d'échanges d'animaux vers l'Espagne et l'Italie restent inchangées.
GDS France, les GDS des différentes zones réglementées, le GDS du Jura, se sont mobilisés aux côtés des autres représentants de la profession pour faire évoluer la situation. Ainsi, l'ensemble des familles professionnelles (GDS, éleveurs, coopératives, négoces) s'est prononcé à l'unanimité pour approuver la décision de la DGAl d'étendre la zone réglementée à l'ensemble du territoire continental « et ce dans les plus courts délais autorisés par les enjeux d'exportation auxquels nous étions contraints ».


Libre circulation des animaux en France


L'Etat a ainsi profondément modifié sa stratégie. Ce changement radical s'explique notamment par la plus que probable sortie du virus en dehors de la zone réglementée actuelle, et cela depuis l'été dernier..., et par les "capacités" de l'Etat à maintenir des mesures drastiques, onéreuses et inacceptables sur le terrain pour tenir cet objectif d'éradication.
«Dans la politique d'éradication, prônée par l'Etat en début de crise, nous avions soutenu la stratégie vaccinale avec la profession. C'était la seule vraie solution pour libérer les mouvements nationaux et internationaux même si, dans un même temps, les cas cliniques sur les bovins étaient « quasi » inexistant. Mais nous avions sans cesse alerté l'Etat sur la pérennité des conditions d'échanges pour les zones réglementées, et surtout sur la capacité à maintenir cette stratégie si d'autres foyers étaient découverts dans d'autres départements..
Désormais, « la stratégie de vivre avec le virus BTV 4 est décidée, il conviendra désormais d'utiliser les doses de vaccins BTV 4 disponibles, prioritairement vers les ovins et les caprins, ainsi que les animaux destinés à l'export comme pour le BTV8 ».

 

Vaccination volontaire


Pour la profession, et comme le rappelle le GDS du Jura, «l'enjeu est de pouvoir utiliser à terme un vaccin bivalent aux deux sérotypes 4 et 8 de la FCO pour faciliter les conditions de vaccinations » ; « il faudra également se battre au côté de l'administration pour la réouverture des marchés internationaux dans des conditions sanitaires acceptables ».
Toutefois « cet épisode douloureux nous rappelle que les risques d'introduction de virus FCO exotiques sont élevés et qu'il est urgent et nécessaire de renforcer les contrôles aux mouvements avec les pays (ou zone) à risque ». Par ailleurs, la DGAl a informé la profession que les discussions étaient d'ores et déjà bien engagées à Bruxelles pour déclasser complètement ou au moins certains sérotypes de la FCO, notamment dans le cadre de la nouvelle loi de santé animale.
Et en conclusion, « en attendant une réglementation plus souple au regard des risques cliniques engendrés par cette maladie, nous demandons à l'Etat des mesures concrètes pour un renforcement des contrôles sur les animaux entrant sur notre territoire. Il nous faut être en capacité de prévoir ces crises, d'organiser calmement les mesures à mettre en œuvre. Il faut à tout prix éviter de changer de stratégie au pied levé ; ce n'est pas lisible et cela met à mal la crédibilité de la puissance publique ».