Publié le 09/05/2018 à 00:00 / Jura Agricole

Rencontres à la Ferme de la Bussière (RIX - 58)

Feder et Axereal ont organisé le 3 mai dernier une journée professionnelle et technique sur le site de la Ferme de La Bussière à Rix, dans la Nièvre. Les principales thématiques, abordées sous forme d'ateliers, ont réuni éleveurs et techniciens dans une même recherche d'efficience.

Une journée Feder-Axereal pour partager en filière

C'était une « journée de cohésion et de sensibilisation » à l'adresse des adhérents, des clients et des techniciens, tous professionnels de l'élevage. Le contexte de la consommation de viande bovine évolue rapidement : la tendance est à la déconsommation et à l'attente de plus de goût, de naturalité, de transparence tout au long de la filière et bien sûr de bien-être animal. Face à cette évolution rapide des tendances, la filière doit réagir, quitte à opérer un « renversement de pensée », c'était tout l'objet de cette journée organisée par Feder et Axéréal. L'intervention, par vidéo de Olivier Mevel, n'a laissé aucun doute quant à la nécessité de devoir séduire le consommateur « en répondant à ses envies ». Envie de naturalité, de sécurité alimentaire et envie de voir reconnaître de nouvelles valeurs associées à la consommation de la viande.

Face à cette dynamique des villes, le local a une carte à jouer. « La production locale devient même un signe de qualité à part entière » à condition d'être associée à une alimentation à l'herbe et à une conduite de troupeau au pâturage, en plein air. Ce sont des cartes maîtresses et de nouveaux standards qui soutiennent une consommation de viande axée sur la qualité plus que sur la quantité.
Les différents ateliers organisés par Feder et Axéreal permettaient de répondre à ces nouvelles exigences. Une herbe de qualité suppose un choix d'espèces et de variétés adaptées au contexte pédo-climatique. Une bonne production d'herbe dépend aussi de la qualité et de l'efficacité de la fertilisation. La récolte ensuite ne doit pas être négligée. L'engraissement, dont beaucoup d'éleveurs dans la Nièvre comme ailleurs, se sont éloignés, devient une pratique plus accessible et la complémentation s'adapte aux nouvelles attentes des consommateurs. Enfin, le bien-être animal, indissociable du confort de travail de l'éleveur, suppose une réflexion aboutie sur le bâtiment, son environnement, son accessibilité, son ergonomie repensée à l'échelle de l'animal. Quelques rudiments d'éthologie facilitent ainsi grandement la circulation des animaux et de sécurisent l'ensemble de l'activité, de l'arrivée, au pansage et jusqu'au départ en camion.
A mesure que la consommation de viande se fait plus « consciente », les pratiques d'élevage et les modes de production prennent de plus en plus d'importance pour le consommateur. Un consommateur souvent mal informé, d'où l'importance de communiquer largement sur ces pratiques. L'état d'un bâtiment et son environnement en disent plus long que tous les discours. C'est d'autant plus important que, comme le rappelait Olivier Mevel, « pendant des décennies les liens se sont distendus entre le consommateur et l'éleveur », du fait notamment que la filière viande est une filière longue. Au travers de son engouement pour les circuits courts, le consommateur cherche à réduire cette distance avec des éleveurs auxquels il garde toute sa confiance.
Pour Feder, il est important de montrer comment une organisation et ses partenaires peuvent accompagner les éleveurs et leur apporter des réponses en termes de pratiques, de matériels, de conseil et de communication. Les réponses se trouvaient ce 3 mai sur cette Ferme de La Bussière, site d'allotement et d'engraissement appartenant au groupe, dont plusieurs bâtiments sont en bonne voie d'achèvement. Différents ateliers présentés lors de cette journée visaient d'ailleurs à promouvoir cette orientation complémentaire et à démontrer qu'elle pouvait représenter un complément de revenu intéressant, sans rien sacrifier à la santé, la sécurité et à l'environnement pour les hommes comme pour les animaux.


AMK