Publié le 28/06/2018 à 00:00 / Jura Agricole

SIMMENTAL

Les éleveurs simmental du Jura ont appris avec surprise que leur syndicat ne recevrait plus d'aides de la région. Pourtant le contexte est favorable pour la race.

La région retire son soutien

Michel Lanaud, président du syndicat des éleveurs simmental du Jura a créé la surprise en annonçant, en fin d'assemblée générale, une mauvaise nouvelle : la région Bourgogne Franche-Comté ne donnera plus de soutien au syndicat des éleveurs simmental du Jura. L'étonnement s'est changé en incrédulité de la part des différents participants à l'assemblée générale qui s'est tenue le 20 juillet à Desnes car cette subvention était la seule attendue pour cette année, le département n'ayant plus compétence à définir les régimes d'aides depuis l'entrée en vigueur de la loi NOTRe. Le syndicat a décidé de reprendre contact avec la région pour avoir des éclaircissements sur cette décision.

De son côté, Frank David, vice président du conseil départemental du Jura a assuré que le département resterait « un partenaire de proximité ». « J'ai tenu à ce que l'on continue à aider les syndicats de race en apportant un soutien aux éleveurs qui amènent des animaux à Paris. Nous n'avons plus de compétence économique mais je défends cette position au titre du maintien de la biodiversité, avec différentes races présentes sur le territoire. ».
Pourtant le contexte est favorable pour la la race simmental et elle a de nombreux attraits pour les éleveurs d'autres régions. Les résultats nationaux le prouvent avec une forte progression des effectifs depuis 2 ans : plus de 40 000 vaches inscrites (2 500 dans le Jura), un fort développement vers l'Ouest de la France et une progression de + 4,4% d'IA l'année dernière. Une IA simmentale sur 3 se pratique sur une autre race, souvent dans l'objectif de favoriser l'effet heterosis ou de passer progressivement le troupeau en simmental. Les résultats laitiers sont bons : 6072 kg en 306 jours à 33,9TB et 40 TB.
Les classements effectués sur des taurillons montbéliards, normands et simmentals, d'après les résultats d'abattage, mettent la race simmental en tête avec 317 kg de poids de carcasse pour des animaux abattus en moyenne à 617 jours.
Un petit bémol pour la race : la baisse du nombre de vaches inscrites au contrôle laitier qui passe sous la barre des 16 000 vaches. « En 2 ans nous avons perdu 1 200 vaches au contrôle laitier. Sans contrôle de performances, il n'y a pas de génétique », alerte Hervé Vignon, directeur de Simmental France. Le problème n'existe pas dans le Jura où toutes les vaches sont contrôlées.

 

8 nouveaux taureaux génomiques

 

Samuel Bouhin, technicien Eva Jura a présenté une photographie du cheptel jurassien sous l'angle génétique. Les 2 447 animaux répartis dans 68 cheptels sont issus de 268 pères différents, avec un trio de tête : Tombois, Viaduc et Illuninati, suivis de près par Barnum. Sur 1 208 IAP réalisées dans 102 cheptels entre juin 2017 et mai 2018 , les trois taureaux les plus utilisés sont Livre, Lézard et Guépard. Les IA totales montrent un fort engouement des éleveurs jurassiens pour les nouveaux taureaux, or les seuls nouveaux sont actuellemnt des taureaux génomiques qui représentent presque 70% des IA faites dans le Jura. « La génomique ouvre des possibilités mais comporte un risque car la fiabilité des index reste moins élevée que sur descendances», indique Hervé Vignon. Les éleveurs jurassiens diluent ce risque en utilisant un grand panel de taureaux. Enfin, moment très attendu de l'assemblée générale, la présentation de l'offre en taureaux disponibles. Elle se caractérise par un nombre important de taureaux génomiques, avec 8 nouveaux taureaux retenus cette année. L'index sur les descendances, nouvellement sorti, apporte aussi de bonnes nouvelles en confirmant des taureaux génomiques qui ont été fortement utilisés comme Haddoc et Guépard. Hasard est également remarqué.
Eric Pierrel, directeur du GDS 39 a fait un point sur le programme d''eradication de la BVD, avec 86% des cheptels dépistés au mois d'avril 2018, un bon résultat qui permet d'espérer une réussite rapide du plan.
La tenue de l'assemblée générale à Desnes a permis de remercier la fruitière de Desnes qui avait participé auprès des éleveurs simmental au SIA à Paris, en vendant du comté.
Enfin trois événements à venir pour les éleveurs simmental : l'assemblée générale de Simmental France le 28 juin au Gaec Monière en Côte d'or, le concours départemental à l'occasion de la foire de Longwy sur le Doubs, le 29 septembre, et la participation au prochain Sommet de l'élevage le 4 octobre à Cournon, avec une grande confrontation européenne de 48 vaches simmentales.

 

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