Publié le 28/06/2018 à 00:00 / Jura Agricole

Grandes cultures

Malgré une fin de printemps chaude, de fréquentes précipitation ont assuré l'alimentation hydrique des céréales et des colzas. L'impact des maladies fongiques est encore difficile à quantifier, alors que la moisson de l'orge vient de démarrer.

Une fin de cycle assez propice

2018 est une année chaude, comparable à 2003 si l'on en juge par les graphiques synthétisant les sommes de températures... Mais à la différence de 2003, les perturbations porteuses de pluies et les systèmes orageux ont assuré l'alimentation hydrique des cultures, et même la recharge de nappes phréatiques. « La récolte de l'orge a débuté cette semaine dans la région et devrait se poursuivre dans d'excellentes conditions, puisque les prévisions météorologiques sont favorables pour toute la décade », observe Emeric Courbet, en charge des grandes cultures à la Chambre d'agriculture de Haute-Saône.
Du côté des blés, la plupart des indicateurs sont au vert « la fertilité des épis est correcte, contrairement à ce qu'on avait pu observer il y a deux ans avec des épis non fécondés et des épillets vides... Le nombre d'épi au m² est très correct, mis à part dans certaines situations où cette culture a souffert de l'engorgement du sol en eau sur la fin de l'hiver. La concurrence adventice, notamment des vulpins a été assez bien maîtrisée – même si on voit beaucoup de folle avoine cette année, ce qui va poser un problème de gestion du stock de graines dans le sol pour les prochaines années. Il n'y a pas eu de phénomène d'échaudage, on voit encore des blés bien verts, il n'y a pas de températures extrêmes annoncées... Bref, avec ces conditions idéales pour le remplissage des grains, très favorables au PMG, on pourrait avoir de très bonnes surprises sur les sols superficiels ! Les simulations de rendement donnent par exemple avec Fructidor, pour 500 épis/m² avec 45 grains /épis et un PMG à 38g, un rendement de 85 qx/ha. » Seule incertitude, la qualité sanitaire de la récolte. « On observe beaucoup de Microccum nivale et quelques Fusarium roseum sur les feuilles, qui se propagent vers les épis, mais attention, ces symptomes ne sont pas forcément synonyme de teneurs élevées en mycotoxines. Tout dépend du climat, et seules les analyses après la récolte pourront préciser les choses. »


Patienter pour les colzas


Les colzas finissent actuellement de mûrir. « Il faut patienter jusqu'à la maturité et éviter de récolter des silliques vertes, poursuit le conseiller. Il y a globalement un potentiel correct, notamment sur la composante PMG, même si c'est toujours délicat d'estimer les rendements du colza... dans certains secteurs on observe un peu d'alternaria, et ailleurs des dépérissements liés à l'excès d'eau de fin d'hiver.»


AC