Publié le 13/01/2016 à 00:00 / Jura Agricole

MÉTÉO

Avec des températures exceptionnellement douces pour un mois de décembre, le dernier mois de l’année 2015 restera dans les annales comme le mois le plus chaud depuis 1900.

Le printemps en décembre

Une douceur presque printanière a régné pendant ce mois de décembre 2015. Météo France enregistre ainsi un excédent de température de + 4 °C par rapport aux normales saisonnières à l'échelle nationale. Dopées par un anticyclone fort et persistant, les températures ont battu des records de chaleur partout en France avec + 4,3 °C à Lyon, + 4,5 °C à Paris et + 5,4 °C à Lille. L'ensoleillement a été beaucoup plus fort qu'à l'accoutumée avec + 186 % à Lyon par exemple. Par conséquent, les pluies ont été rares. Pour la France, l'année 2015 a été l'une des plus chaudes depuis le début des annales météorologiques.
Cette douceur a également été observée au Canada et au Pôle Nord où les températures ont été supérieures de + 20 °C par rapport aux normales saisonnières. Quand on regarde les cumuls
de températures en base 8 °C, ils atteignent des niveaux très élevés par rapport à la normale dans toutes les stations météorologiques du Centre-Est de la France, sauf dans les Alpes. Les
Sauvages ont enregistré 7 fois plus de degrés supérieurs à 8 °C en décembre 2015 que la normale. À Ambérieu, Lyon ou encore à Lons-le-Saunier, les cumuls de degrés au-dessus de 8 °C représentent 5 fois la normale. Ailleurs, c'est un rapport de 2 à 3 fois la normale, d'où une nature un peu perdue dans cette atmosphère presque printanière avec des abeilles qui butinent ou des
prunus en fleurs.


Déficit important de précipitations


Protégée par un puissant anticyclone, la France a subi très peu d'entrées maritimes humides d'où des pluies assez rares. Les Alpes ont ainsi reçu seulement 4,6 mm à Bourg-Saint-Maurice, 15,6 mm à Grenoble, 16,6 mm à Thonon-les-Bains et 17,2 mm à Chambéry, soit moins de 27 % par rapport à la normale. À Lyon, il n'est tombé que 26 % des pluies par rapport à la normale avec 14 mm contre 53,7 mm. Les autres stations enregistrent des cumuls de précipitations compris entre 30 et 40 % de la normale saisonnière.
Depuis le début de l'année, seules trois stations météorologiques affichent un cumul positif, Montélimar, Bourg-Saint-Maurice et Chambéry. Partout ailleurs, les cumuls de précipitations sont négatifs parfois de plusieurs centaines de millimètres comme aux Sauvages où il n'est tombé que 640 mm contre 972 mm à la normale, soit un déficit de 34 %. Mâcon et Dijon enregistrent
des déficits de 28 % et 22 % depuis le début de l'année. À Lons-le-Saunier, à Saint-Étienne, à Thonon et à Ambérieu, les déficits sont compris entre 13 et 18 %.
Grenoble atteint presque la normale en termes de précipitations. Seules les stations météorologiques de Montélimar, Bourg-Saint-Maurice et Chambéry affichent des excédents de précipitations
avec respectivement de 4 %, 6,5 % et 22 %. L'année hydrologique, qui a commencé en septembre, est pour l'instant déficitaire sauf à Montélimar. Les Sauvages enregistrent déjà 36 % de déficit pluviométrique par rapport à la normale. Saint-Étienne et Lons-le-Saunier affichent également 29 % et 25 % de retard par rapport à la norme.

Grâce à ce mois de décembre très doux, la pousse de l'herbe reste suffisante pour permettre à certains animaux de rester dehors comme les brebis gestantes ou les vaches taries, selon Jean-Christophe Moreau, chef de projet à l'Institut de l'élevage. « Ce temps doux peut permettre de faire économiser du fourrage mais il faut veiller à ne pas dégrader le potentiel des pâtures. » Dans les productions maraîchères, certaines productions ont trois à quatre semaines d'avance avec des surproductions de mâches, de chouxfleurs ou de salades. Les arboriculteurs attendent également avec impatience le froid qui est important pour obtenir une bonne floraison au printemps et limite la pression des prédateurs et des maladies.
Camille Peyrache