Publié le 17/03/2016 à 00:00 / Jura Agricole

Crise agricole

Tous les acteurs étaient réunis, à Dijon, le 9 mars, pour faire face à la crise agricole et identifier les moyens disponibles pour aider les agriculteurs à passer ce cap difficile.

La FRSEA, les JA et la chambre régionale d'agriculture rencontrent la présidente et la préfète de région.

Les représentants de la FRSEA, des JA et de la chambre régionale d'agriculture Bourgogne Franche-Comté, mais aussi les représentants des différentes filières (lait, viande, céréales) ont abordé, avec Marie-Guite Dufay, présidente de la région Bourgogne Franche-Comté et Christiane Barret, préfète de la région, la mise en œuvre rapide des mesures conjoncturelles dans le cadre du fonds d'allègement des charges (Fac), mais aussi les mesures structurelles permettant d'améliorer la compétitivité des filières régionales.

 

Plan d'urgence : les engagements doivent être tenus


3 335 exploitations de Bourgogne Franche-Comté ont bénéficié du Fac, pour une enveloppe totale de 8,4 millions d'euros. Récemment, la région a bénéficié d'une enveloppe complémentaire de 4,6 millions mais, à ce jour, les conditions, fixées par le ministère de l'agriculture, ne permettaient pas d'utiliser ces crédits pour des raisons techniques et réglementaires. «Face à une situation difficile où des exploitations vont mettre la clé sous la porte, il n'est pas envisageable de leurrer les agriculteurs avec des dispositifs qui ne sont pas efficients par rapport aux difficultés rencontrées» insiste Frédéric Perrot, président de la FRSEA.

D'autres dispositions ont été annoncées, comme la réduction des cotisations sociales, avec une baisse de 3 % des cotisations d'allocations familiales déjà en place depuis 2015 et une baisse à venir pour cette année de sept points de la cotisation d'assurance maladie. «Par contre, pour cette mesure, la MSA attend le décret pour appliquer cette baisse aux exploitants» rappelle Fabrice Faivre, président de la FDSEA de la Côte-d'Or.

Avec une crise qui perdure, il est important que les exploitations qui devront restructurer leurs dettes puissent le faire dans de bonnes conditions. Pour cela, la procédure de la banque publique d'investissement (BPI) ne doit pas être négligée. Une réunion sera prévue très prochainement par la région pour proposer d'ouvrir ce dispositif au secteur agricole. «La région pourrait intervenir dans ce cadre, il faut travailler sur ce sujet» précise la présidente, Marie-Guite Dufay. Christian Decerle, président de la chambre régionale, poursuit : «Nous sommes à la croisée des chemins. Avec cette crise, il faut envisager un accompagnement adapté pour trouver des solutions précises aux exploitations concernées et la région doit pouvoir apporter son soutien pour ce type de dispositif». «Le manque de trésorerie s'explique par la baisse des prix mais aussi par les retards pris avec le paiement des aides» souligne Philippe Monnet, président de la FDSEA du Doubs. Samuel Legrand, président des JA Bourgogne, poursuit :  «Il est très difficile, pour un jeune agriculteur installé en 2015 qui subit cette crise, la première année, de pouvoir prévoir sa trésorerie, quand il n'a aucune date pour le versement de sa DJA».

 

Code de bonnes pratiques pour les commandes publiques


Au niveau des filières, Jean-Pierre Fleury, président de la FNB, explique : «Il faut jouer la carte de Charolais de Bourgogne, avec les assises du Charolais pour revoir l'approche de la filière dans son ensemble. Il est illusoire de penser que chaque éleveur peut trouver la solution tout seul. La chaîne de valeur entre les acteurs de la filière ne fonctionne plus ; il faut imaginer un système plus équilibré». Pour le lait, Emmanuel Aebischer, président de la FDPL 70, présente succinctement la charte initiée par la FNPL : «Cette approche est nouvelle en associant, la grande distribution, les industriels et les producteurs. Par contre, il faut retravailler les coûts de production et aller vers la segmentation des marchés mettant en valeur nos spécificités régionales. Il est nécessaire d'accompagner un projet de filière pour le lait standard, afin de maintenir un potentiel de production dans notre région». Au sujet des céréales Jacques De Loizy , responsable de la commission grandes cultures à la FRSEA, demande une plus grande équité par rapport aux aides européennes : «Les régions qui ont des faibles potentiels ne doivent pas être doublement pénalisées. Nous serons très vigilants sur la nouvelle définition des zones défavorisées».

L'autre point sensible est l'origine des produits dans la restauration hors domicile. Sur ce sujet, la préfète s'est engagée à finaliser le projet de convention sur les bonnes pratiques pour les produits agricoles et agroalimentaires et la présidente de région souhaite encourager les lycées et collèges qui jouent l'approvisionnement local.

 

Environnement, normes et énergies renouvelables


Pour clôturer la rencontre, le sujet des zones vulnérables est abordé. Une réunion de travail Région, DRAAF, DREAL, avec la profession sera programmée pour clarifier la situation par rapport à la définition des zonages, l'élaboration du plan d'actions et les délais.

Sur l'excès de normes, la préfète et la présidente souhaitent avoir des cas concrets pour proposer, ensuite, des simplifications aux services concernés.

Enfin, le sujet des énergies renouvelables est également abordé. « Nous avons besoin de lisibilité» indique Christian Decerle. Il précise :  «Pour préparer demain et après-demain, il faut rendre plus lisibles les politiques publiques. Les énergies renouvelables sont une possibilité qu'il faut encourager, après avoir régler, notamment, le coût du raccordement pour les projets photovoltaïques».