Publié le 06/04/2016 à 00:00 / Jura Agricole

FRSEA BOURGOGNE FRANCHE-COMTE

Frédéric Perrot conduisait une délégation d'élus agricoles de Bourgogne Franche-Comté au congrès de la FNSEA, à Laval. Il est intervenu pour la première fois au nom de la grande région.

« Ce congrès marque une évolution »

Frédéric Perrot, vous avez participé au 70ème congrès de la FNSEA, que retenez vous de ces 3 jours à Laval ?

Le congrès de la FNSEA est toujours un temps fort pour un responsable syndical puisqu'il rassemble des représentants de l'ensemble des territoires et des productions françaises ; productions animales et végétales, de métropole et d'outre mer. C'est l'occasion d'entendre l'expression de l'agriculture française dans toute sa diversité, unie derrière sa fédération nationale. Enfin, c'est une sorte de baromètre qui permet de mesurer le moral des agriculteurs.


Et alors, à quel niveau se situe le moral des agriculteurs ?
J'ai tout d'abord ressenti une forme de lassitude, de fatigue. La multiplication des actions parfois difficiles à gérer pèse et pour ne rien arranger, la conjoncture économique n'est pas bonne. Quant à la multiplication des normes, des réglementations complexes ou de la législation environnementale, elle exaspère les paysans. Les sujets des surfaces non admissibles ou du compte pénibilité peuvent prêter à sourire tant ils sont l'illustration qu'en l'absence de pilote la machine administrative s'emballe.
Passé le desarroi, j'ai toutefois le sentiment que ce congrès marque une évolution.


Vous pouvez nous en dire plus ? Comment voyez vous les choses ?
La baisse drastique des finances publiques doit nous inciter à poursuivre le travail engagé avec nos partenaires des filières, mais également avec la grande distribuition. Nous devons continuer à être très présents dans nos organisations économiques, dans nos groupements de producteurs, dans nos coopératives. Le combat du made in France et du manger français se gagnera ensemble.


Vous voulez dire qu'il ne faut plus rien attendre de l'Etat ?
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit ! L'Europe comme l'Etat ont un rôle très important à jouer. La Pac est certes imparfaite mais elle a le mérite d'exister. Quant à l'Etat, il doit définir et faire respecter les règles parce que dérégulation ne veut pas dire déréglementation. A vouloir laver plus blanc que blanc, on en remet des couches par rapport à nos concurrents européens. Cette veille juridique constitue l'un des principaux chantiers de la FNSEA et même s'il ne se voit pas, il est très important pour notre activité. Il faut stopper les excès de zèle dans la transcription des textes européens en droit français.


Pour la première fois vous interveniez au congrès en temps que président de la FRSEA Bourgogne Franche Comté : comment percevez vous votre rôle ?
Le niveau régional prend de plus en plus d'importance et de nombreux soutiens, notamment de la Pac, vont transiter par là. Avec mes collègues présidents de FDSEA des départements de BFC, nous avons su bâtir en quelques mois, une FRSEA en ordre de marche pour être un interlocuteur privilégié du conseil régional et de l'Etat. Sur le plan très opérationnel, des actions comme celle du département de la Mayenne en matière d'alimentation hors domicile, pourraient être transposées. Mais ce n'est qu'un exemple ! Il y a un vrai travail de fond à mener avec les nouvelles régions pour faire reconnaitre le poids économique de l'agriculture et accompagner des politiques stratégiques pour son développement.

 

Etienne Rougeaux