Publié le 23/02/2017 à 00:00 / Jura Agricole

JEUNES AGRICULTEURS 39

L'assemblée générale des jeunes agriculteurs du Jura s'est tenue le 16 février sur le canton de Chaussin-Chemin, à la salle des fêtes de Petit-Noir. Cette assemblée générale ordinaire a mis l'accent sur la coopération agricole.

Les hommes au cœur de la coopération

En effet, depuis le milieu du XIXème siècle, l'homme a su se regrouper, coopérer pour ainsi partager et défendre des idées. La coopération est une forme d'organisation collective permettant, dans un domaine économique et social de partager des idées entre tous les acteurs en respectant l'intérêt général. L'un des principes fondateurs de la coopération est « une personne, une voix ». Ainsi, quel que soit le nombre de parts que peut avoir un adhérent, sa voix est aussi prépondérante que celle d'un autre adhérent.

En agriculture, la coopération agricole est bien présente et existe depuis longtemps sous différentes formes. Il existe des coopératives agricoles de tous types de production, ce qui représente en France 2 700 entreprises coopératives. Il en existe aussi pour le matériel sous forme de Cuma (11 545 Cuma).

 

Un modèle qui réussit

 

A l'heure actuelle, la coopération chez les agriculteurs jurassiens est bien ancrée dans les principales productions que sont le lait, la viande, les céréales et le vin. C'est pour maintenir ce modèle et son succès que JA a organisé lors de l'assemblée une table ronde sur le thème Les hommes au cœur de la coopération.
« Nous souhaitons ainsi démontrer l'intérêt de la coopération et notamment insister sur le rôle des coopérateurs », ajoute Nicolas Saive, président de JA39.
Pour élargir leur réflexion, les JA ont demandé à des sociétaires et administrateurs des Salines de Guérande d'expliquer comment l'organisation en coopérative a pu sauver un métier artisanal voué à disparaître. C'est la force du mutualisme et de la coopération qui a permis de relancer la production et d'installer de jeunes paludiers.

 

Engagez-vous !

 

Aujourd'hui les jeunes agriculteurs sont appelés à s'engager à leur tour, à la suite de leurs aînés, dans un modèle économique qui répond à leurs exigences à la fois économiques, en gardant le plus possible la main sur leurs produits, parfois jusqu'à l'acte de commercialisation, et à leurs exigences personnelles, en donnant un sens collectif et dans la durée à leur métier. A JA 39, on y croit !

 

 

Nicolas Saive : « Nous JA, que faisons-nous ? »

 
« Notre assemblée générale se tient dans un canton du bas Jura qui subit de plein fouet la crise de l'agriculture française. Comme si les conséquences climatiques ne suffisaient pas, la conjoncture économique a mis à mal les structures d'exploitation. Surgit une question : comment installer ? Nous JA, que faisons-nous? Nos actions de défense du métier ont été peu médiatisées. Nous avons voulu des actions pacifiques comme rencontrer les consommateurs en distribuant du lait, faire des relevés de prix et de provenances dans les supermarchés, nous devons communiquer sur la traçabilité exemplaire de l'agriculture française. Nous avons amené une vache en ville dans le cadre de la semaine du foncier pour montrer que l'élevage est mis en péril par une urbanisation incessante. Nous nous sommes mobilisés contre le nouveau zonage de la directive nitrates et les critères arbitraires de classement des zones défavorisées. La réglementation française et européenne ne cesse de changer, une vache ni retrouverait pas son veau ! La simplification administrative n'est pas encore de mise. On nous promet le changement mais on ne sait pas pour quand...
Nous animons aussi les cantons avec nos concours de labour, la finale de pointage, les interventions dans les écoles, la fête de l'agriculture, l'objectif est de faire découvrir notre métier et peut-être susciter des vocations. JA c'est la promotion de nos métiers, le travail avec la FDSEA et surtout l'installation, avec la chambre d'agriculture. En 2016, nous avons réalisé une charte de l'installation avec tous nos partenaires. Nous insistons pour que le projet soit celui du jeune et non le projet du Gaec ou du papa ! Enfin, nous alertons les JA contre le surinvestissement. Aujourd'hui, malgré un prix du lait à comté élevé, certaines exploitations ne sont pas encore rentables... Nous ré-affirmons que nous ne voulons pas des firmes mais des exploitations familiales transmissibles. »