Publié le 16/10/2017 à 00:00 / Jura Agricole

MOREZ

Pour donner de la lumière à sa ville, le maire a installé un troupeau de chèvres sur les pâtures réouvertes sur les versants de la cité lunetière.

Morez et ses biquettes municipales

« La vallée sans printemps ». Le qualificatif est peu flatteur pour la ville de Morez... Même s'il relève du constat caricatural, mais souvent partagé par ceux qui vivent ou traversent cette cité de montagne, accrochée aux rives de la vallée de la Bienne.

Depuis qu'il est maire de Morez, Laurent Petit s'est attaché à « donner de la lumière » à la ville de Morez. Une lumière qui l'inondait comme le montre cette vieille photo du début du 20ème siècle qui trône aux cimaises de son bureau...
« Même si elle a contribué à son développement et à sa notoriété, l'industrialisation des années 60 a eu des conséquences néfastes pour la ville, explique Laurent Petit. Les paysans dont les troupeaux entretenaient les versants, sont partis à l'usine. Et la nature qui a horreur du vide, a repris le dessus... »
L'ouverture des paysages et la réhabilitation des pâtures se sont alors imposées comme une priorité pour la nouvelle équipe municipale. Pour permettre une exploitation durable et « tirer les bois », il a d'abord fallu créer des dessertes : 2,5 kilomètres sur les deux versants de la vallée. Le chantier a été ouvert aux équipes de bûcherons. Les résineux des anciennes pâtures sont partis en scierie et les bois blancs ont été transformés en plaquettes, sur le plateforme de La Mouille. De quoi, approvisionner la chaufferie municipale de Morez pour les deux prochaines années !
« L'agropastoralisme nous semblait la solution la plus adaptée à l'entretien de nos paysages, poursuit le maire. Et comme nous n'avons pas trouvé d'herbivore qui fasse en même temps la promotion de la ville, nous nous sommes tournés vers des pratiques plus classiques. 32 hectares des pâtures réhabilitées ont été confiés à un moutonnier des Rousses. Il nous restait une dizaine de parcelles, sur 8 hectares. Là nous avons choisi d'installer des chèvres... »
La municipalité a véritablement lancé le projet en aménageant une chèvrerie dans une ancienne ferme « Sur les Chalettes », en achetant les premières chèvres qui ont été confiées aux bons soins d'Alfred Sottier, un employé municipal « à la fibre animalière extraordinaire », selon son vétérinaire de maire !
« Notre métier n'est pas de faire de l'agriculture, constate cependant Laurent Petit. Nous avons lancé ce projet et, aujourd'hui nous avons des contacts avec deux jeunes, encore en formation, et intéressés par une installation en élevage caprin. »
L'avenir des « biquettes municipales » semble donc bien assuré !