Publié le 20/11/2017 à 00:00 / Jura Agricole

LYCEE AGRICOLE DE MONTMOROT

Membres de l'association Adot 39, des greffés ont rencontré des élèves du lycée agricole pour leur parler de leurs expériences et montrer le bien fondé du don d'organes

Yannick, Jean, Henri, Serge... des greffés témoignent

« Je n'étais pas concerné personnellement par le don d'organes. Je n'étais pas malade. Je n'ai pas souffert du décès brutal d'un proche mais je suis passionné par ce sujet depuis mes vingt ans, depuis la première greffe du cœur qui, pour moi, a été l'événement déclencheur. J'ai voulu faire passer le message... Et pour cela, je suis accompagné par des personnes qui ont connu des pépins de santé les ayant mis dans la situation d'attente d'un organe, des gens qui tous doivent la vie à une personne décédée brutalement... ». Le discours de Pierre Noir, le président d'Adot 39 est clair. L'homme est venu à la rencontre d'élèves du lycée agricole de Montmorot, leur parler du don d'organes. Un message qui porte grâce aux témoignages de quatre greffés, membres d'Adot 39.

 

Yannick Pommier de Géruge a été greffé de deux organes : le rein et le pancréas. Malade depuis l'âge de 15 ans, il souffre de diabète. La maladie provoque une perte de la vue et, au fil des années, touche aussi les reins. Suite à ue visite chez un néphrologue, il doit être dialysé, ce qui, à terme, conduira cet agriculteur à « arrêter la ferme ». Suivront des mois d'attente... Puis, un soir, le coup de fil qui le convoque dès le lendemain matin à Lyon, pour la greffe d'un rein. Puis plus tard, celle du pancréas. « Aujourd'hui, je n'ai plus de traitements pour le diabète et, grâce aux médicaments anti-rejet, tout va bien depuis 17 ans, lance-t-il heureux. En 30 ans, j'ai eu 22 000 piqûres d'insuline, 480 séances de dialyse... Et je pense souvent aux deux donneurs, même si je ne les connais pas puisque le don d'organes est anonyme... »

 

« On doit tous être solidaires ! »


Deuxième témoin, Jean, un ancien ouvrier de Courbouzon qui, à l'aube de ses 50 ans, sentait une grosse fatigue. Il a consulté. Les médecins lui ont parlé de fatigue, de déprime, de cirrhose, du syndrome de Nash... Il a passé des examens pendant une dizaine d'années... A un an de la retraite, son état de santé l'a contraint à accepter une rupture conventionnelle de son contrat de travail... La proposition d'une greffe a été perçue comme « un coup de massue » : « J'étais amorphe, je me sentais en fin de vie et il fallait vite réfléchir... Et l'opération est arrivée ! J'ainété hospitalisé huit semaines et j'ai perdu 26 kilos. Ca m'a laissé beaucoup de temps pour réfléchir, de me poser des questions sur le donneur que je ne connais pas mais que je remercie. On s'aperçoit dans cette situation qu'on est tous des hommes et tous sur un même pied d'égalité... Et on s'aperçoit aussi que la vie n'est pas si vilaine que çà ! »

 

Henri, de Montain était sportif... « quand il était jeune ! ». Les problèmes ont commencé à la cinquantaine. Il a fait un AVC. « Le cœur pompait mal. Je me suis retrouvé à demi paralysé, je ne pouvais plus parler. Mais j'ai été secouru très vite ce qui a limité les séquelles... Il a fallu que je réapprenne à parler. Puis j'ai été convaincu que la greffe serait la seule solution. Je me suis mis à travailler à mi-temps jusqu'à ce soir de 31 décembre où le téléphone a sonné... Quand je me suis réveillé, je respirais comme tout le monde. Tout était redevenu normal. Aujourd'hui, douze ans plus tard, je fais du vélo, je bêche, je pioche... Psychologiquement, je suis devenu une autre personne. Je ne raisonne plus de la même manière et, dans la vie, je vais directement aux choses importantes... »

 

Serge souffrait de kératose de la rétine, ce qui provoquait une déformation des images. Il a attendu deux années avant qu'une cornée lui soit greffée. Il n'a pas connu de problème de rejet et, au bout d'un an, n'a plus eu de soins particuliers. A 54 ans, cet ancien prof à Mouchard a même passé son permis moto : « Pour moi c'est la seconde chance de ma vie. Et de témoigner ici, c'est une façon de montrer que, sur terre, ont doit tous être solidaires... »

 

Michel Ravet