Publié le 14/12/2017 à 00:00 / Jura Agricole

FCO

En présence du préfet du Jura, le GDS a rappelé l'enjeu commercial de la FCO pour l'élevage. Et plaidé pour desserrer l'étau qui pèse sur le marché bovin à l'export.

Vacciner, la seule vraie solution

« Même si les sérotypes de la FCO qui nous touchent en ce moment ne provoquent que très peu de pathologies sanitaires sur les bovins, ils ont bien de réelles conséquences sur toute l'économie de nos exploitations », insiste Rémy Guillet, président du GDS. Vu la gravité du contexte, le préfet Richard Vignon a tenu à venir rencontrer les adhérent du GDS lors de leur assemblée générale le 7 décembre à Villeneuve-sous-Pymont. Le représentant de l'Etat a clairement reconnu que l'enjeu était commercial. Les éleveurs sont confrontés à la difficulté voire l'impossibilité de sortir les bovins du département, qui plus est de les exporter.

L'apparition de la FCO sérotype 4, le 7 novembre dernier en Haute Savoie, ne vient pas arranger une situation déjà tendue. De ce fait, le département du Jura est classé en ZP ( zone de protection) dans un rayon de moins de 100km du foyer. Ceci engendre un blocage des animaux intra zone.

« La vaccination est la seule vraie solution pour répondre à la demande exigée par les importateurs, mais également pour sortir vers une zone au statut plus favorable » , martèle le président Rémy Guillot.
Elle est rendue obligatoire par l'Etat et donc complètement gratuite concernant le sérotype 4.
Le GDS conseille vivement de vacciner également contre le sérotype 8 afin de répondre aux demandes des marchés internationaux.

Chritophe Buchet, administrateur du GDS, se fait le porte parole des questions des éleveurs face à la recrudescence de ces maladies et exige notamment une efficacité sanitaire garantie et une fermeté de l'Etat concernant des animaux ramenés de Corse et qui ont disséminés la maladie. Se posent aussi des questions d'ordre scientifique : quelles études sur la circulation du moucheron vecteur selon le climat, quel impact du réchauffement climatique, quel impact de la vaccination sur les avortements. «La FDSEA est pour la vaccination mais il est important d'apporter des réponses. »

Le président du GDS plaide pour que l'étau se desserre sur le marché bovin à l'export. « D'autres sérotypes de la FCO sont à nos portes. La Corse est touchée par 5 différents. Devrons-nous vacciner contre les 27 sérotypes que comportent ce virus ? Même si la lutte contre ce virus est gérée par les services de l'Etat, nous devons avoir une cogestion étroite avec eux et mener une stratégie de lutte pragmatique de ces maladies vectorielles, sans être dans des situations de crises incessantes. Nous leur avons déjà indiqué à multiples reprises les inquiétudes des éleveurs et nous avons été force de proposition sur plusieurs mesures techniques. A l'avenir, une dérèglementation de cette maladie de la liste de l'OIE, permettrait d'assouplir les échanges, et notamment, à l'international... ».

A la question d'Alexandre Camuset, Confédération paysanne, sur la liberté de vaccination contre le sérotype 4, le préfet a répondu de manière tranchée : « Lorsqu'il y a obligation vaccinatoire, c'est qu'il n'existe pas d'autre barrière. Cette décision politique est fondée sur des avis scientifiques convergents qui obligent tout le monde à un effort de solidarité, vous n'êtes pas seuls au monde ».
Erick Kebourio, directeur de la DDCSPP*, signale qu'aucune étude n'existe sur la double vaccination sérotype 4 et 8. C'est au vétérinaire de juger l'absence de conséquences sur la santé de l'animal. Concernant le zonage, l'idée est de pouvoir regrouper zone de surveillance et de protection pour lever certaines contraintes. Un premier objectif est d'arriver à 90% de vaccination d'ici fin janvier.
Pour Jean-François Saillard, président de Jura Bétail, l'urgence est de pouvoir alléger les effectifs dans les cheptels et de sortir un maximum d'animaux. Il invite le préfet à venir se rendre compte sur place des améliorations possibles au niveau administratif. Le préfet a accepté de se rendre sur une exploitation avec les organismes d'élevage d'ici la fin de l'année.

 

L'accompagnement des éleveurs en difficultés

 

L'assemblée génrale s'est poursuivie avec une présentation des différentes activités du GDS. Au niveau du département, le GDS est le mettre d'oeuvre d'une cellule préventive menée par les OPA qui doit accompagner les éleveurs en difficultés et anticiper les situations difficiles, en lien avec les services de l'Etat.
« C'est une grande responsabilité qui nous est confiée dans des contextes économiques et moraux très difficiles. Pour que cette cellule préventive soit opérationnelle, il nous faudra disposer d'indicateurs technico-économiques : observatoire de la mortalité des animaux de rente, résultats HN cellules-germes, taux d'anomalie IPG, en respectant la confidentialité des données ... Et comment assumer ces missions sans moyens financiers supplémentaires ? Une fois encore l'Etat se décharge sur la profession », remarque Rémy Guillot qui souligne à contrario les bonnes relations entretenues entre le GDS et la DDcsPP locale.

 

Mission de service public

 

La délégation de mission de service public confiée au GDS, comme l'action IBR par exemple, est gérée par l'OVS (Organisme à vocation sanitaire) de Franche Comté jusqu'en 2019. L'OVS est actuellement en phase de surveillance pour l'accréditation Cofrac. En 2020, cet organisme devrait prendre une configuration Bourgogne Franche-Comté. « C'est bien unis que nous serons plus forts pour échanger avec l'administration ou avec le conseil régional », estime le président du GDS qui annonce qu'une « enveloppe conséquente » pourrait d'ailleurs ête obtenue au niveau régional pour l'amélioration sanitaire des cheptels. Une fois la décision prise, le GDS pourra ajuster à la hausse les aides versées aux éleveurs en 2018.
Le travail du GDS a également été reconnu à travers la signature d'une convention sur la gestion de la FCO BTV4.

 

Regroupement des organismes d'élevage

 

Une nouvelle coopérative d'élevage va naître dans le Jura de la fusion des deux coopératives Jura bétail et Jura conseil elevage et des services « élevage » de la chambre d'agriculture (bâtiments, services, machines à traire et fourrages).
Le GDS du Jura conserve son identité « pour des raisons d'impartialité et d'indépendance », imposé par leur organisme qualité, le Cofrac.
« Le GDS du Jura sera néanmoins très proche de cette coopérative afin d'apporter, à vous éleveurs, la complémentarité nécessaire à une gestion globale de votre élevage », indique rémy Guillot. A titre d'exemple, le réseau des techniciens (contrôleurs et inséminateurs) a été sollicité pour déployer le plan BVD.
Pour jouer cette complémentarité avec la nouvelle coopérative, les statuts du GDS, qui dataient de plus de 60 ans, ont été rajeunis et aménagés. L'activité se recentre sur les bovins, les autres races sont gérées par l'OVS. Le conseil d'administration est réduit de 35 à 14 membres dont 7 membres issus des éleveurs adhérents et 7 membres de droit (chambre d'agriculture, goupement technique vétérinaire et 5 représentants de la nouvelle coopérative d'élevage).
Le système de renouvellement de l'équipe dirigeante du GDS est modifié. Les délégués par canton disparaissent. Ce sont les éleveurs adhérents du GDS qui prendront part directement à l'élection du futur conseil d'administration de l'association.
Les éleveurs présents ont donc procédé au vote pour désigner leurs représentants au CA. Les sept éleveurs élus sont : Paul Bourcet (Augisey), Thierry Cuby (La Favière), Rémi Guillot (Cornod), Cyrille Mercier (Sermange), Laurent Pagnier (Entre deux monts), Jean-Marc Rohrer (Chazelles, Laurent Villet (Plasne).

 

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