Publié le 01/03/2018 à 00:00 / Jura Agricole

JA 39

La défense du métier et de son image a été le thème de l'assemblée générale des Jeunes Agriculteurs du Jura. Les dossiers chauds de l'actualité ont également été évoqués.

Comment faire face aux attaques ?

La réponse aux attaques régulières dont sont victimes les agriculteurs était le thème de l'assemblée générale du syndicat des Jeunes Agriculteurs du Jura, qui s'est déroulée le 21 février à Val Suran (Saint-Julien-sur-Suran). Un thème qui interpelle car pas moins de 150 JA et partenaires ont fait le déplacement de Saint-Julien-sur-Suran, malgré le temps clément qui appelait plus aux travaux dans les champs.

Indépendamment de la volonté des membres du bureau, cette rencontre annuelle a eu lieu dans un contexte particulièrement difficile pour le monde agricole, à deux jours de l'ouverture du Salon International de l'Agriculture : réforme des zones défavorisées qui exclut sept communes pour le département du Jura et négociation des accords entre l'Union Européenne et les pays membres du Mercosur qui, s'ils sont signés, auront des conséquences sur les élevages français....

Après avoir balayé les grands dossiers de l'actualité syndicale, Nicolas Saive s'est adressé plus particulièrement aux producteurs de lait à comté.
« Attention au surinvestissement dans les fermes puisque les chiffres du Crédit Agricole et de Cerfrance sont alarmants, alerte-t-il d'emblée. Depuis cinq ans, l'EBE des exploitations a certes augmenté mais le travail des exploitants n'est pas rémunéré. La totalité de l'excédent est systématiquement réinvestie dans du matériel neuf surdimensionné, des bâtiments ou alors l'alimentation du bétail. Réapprenons à être de bons gestionnaires comme nos collègues producteurs de lait standard, viande ou céréales qui, eux, ne bénéficient pas de la même conjoncture... »
Quant aux discussions sur l'ouverture du cahier des charges du comté, Nicolas Saive n'élude pas le sujet : « Demain, ce sera à nous de voir l'avenir. Sachons garder les bonnes valeurs du comté. L'exemple du lait produit avec de l'herbe au pâturage, cette image là toutes les grandes marques de produits laitiers se l'approprient. Sachons maintenir notre différence, sans vouloir tout verrouiller, sans permettre d'innovations ou au métier d'évoluer, ou à l'inverse tout ouvrir pour qu'il y ait plus de différences avec le lait standard... au risque de perdre le marché de niche dont nous bénéficions.»

 

Redescendre dans la rue


Autre sujet d'actualité chaude évoqué par le président des JA, celui du Mercosur. Un contrat qui, selon lui, « pourrait faire disparaître entre 20 000 et 30 000 agriculteurs »... « Toute l'année nous nous battons, poursuit-il, pour que le consommateur ait des produits tracés et de qualité, tandis que cet accord prévoit l'importation de produits n'ayant pas les mêmes exigences de production ni d'utilisation de produits interdits en France. Il en va de la sécurité alimentaire pour les consommateurs ! Nous voulons des fermes et pas des firmes, avec une alimentation de qualité, ce qui passe par une traçabilité de tous nos produits. L'agriculture ne doit pas être encore une fois une monnaie d'échange vis-à-vis d'autres secteurs industriels. On ne peut pas se permettre de jouer avec les denrées alimentaires... »
Et d'avertir solennellement le représentant de l'Etat : « C'est la goutte d'eau qui va faire déborder le vase. Nous sommes prêts à mettre en place des actions de tous types pour arriver à nous faire entendre. Nous avons privilégié le dialogue au défilé dans les rues ces deux dernières années mais, s'il le faut, nous n'hésiterons pas à redescendre dans les rues et bloquer certaines villes pour arriver au retrait de ce projet... »

 

Table Ronde

Comment répondre aux attaques quotidiennes ?

 
 
C'est sur d'autres préoccupations, et non des moindres, que JA a décidé de se pencher lors de la table ronde qui réunissait Céline Imard, vice-présidente JA national en charge du dossier environnement, Justine Grangeot, vice-présidente JA BFC en charge du dossier communication et Germain Bour, représentant de l'association #FranceAgriTwittos.
En effet, face à des consommateurs schizophrènes, qui se disent prêts à défendre le « consommer local » mais qui privilégient le « prêt à manger » et le moins cher, le combat est rude.
La multiplication des vecteurs d'information, la culture de la peur, la recherche du sensationnel via la sélection des informations, le développement des réseaux sociaux sont autant de facteurs qui amplifient les attaques sur le métier.
Pour y faire face, tout le monde peut s'approprier des techniques simples :
- Ne pas utiliser la brutalité mais faire preuve d'empathie,
- Toucher l'émotionnel et non répondre avec des termes techniques,
- User du principe « c'est le premier qui dit qui y est »,
- Utiliser la force et la simplicité des réseaux sociaux pour faire passer des messages simples et clairs,
- Répondre aux sollicitations des médias et véhiculer un discours accessible et compréhensible par tous (faire preuve de pédagogie),
- Illustrer ses propos avec des photos, qui sont souvent plus parlantes que des discours,
- Se rapprocher d'organisations non-gouvernementales défendant les mêmes problématiques,
- Se structurer, répondre collectivement et au même moment aux attaques,
- Continuer à dialoguer entre professionnels du métier pour ne pas laisser le doute s'insinuer entre agriculteurs,
- Donner de l'importance à l'Homme dans tous les supports de communication utilisés,
- Faire face à la « désinformation » en répondant par de la vraie information.
Autant de bons conseils qui devront être mis en application régulièrement pour défendre au mieux le métier et son image...