Publié le 15/04/2015 à 00:00 / Jura Agricole

Coopératives laitières

Histoire de prendre de la hauteur, les FDCL du Doubs et du Jura ont invité Pascal Boniface. Le directeur de l’Iris a disserté sur les bouleversements du monde.

Des opportunités planétaires à saisir

«J'ai droit à quarante minutes pour aborder la question des bouleversements du monde ; c'est bien moins que le tour du monde en quatre-vingts jours», constate Pascal Boniface. À
l'invitation des FDCL du Doubs et du Jura, le fondateur et directeur de l'Iris (Institut des relations internationales et stratégiques) est invité à parler de tous ces changements opérés notamment depuis la fin de la Guerre froide, une situation qui n'a pas conduit à un monde pacifique. Les crises, les conflits et le terrorisme qui font la une de l'actualité sont là pour le rappeler chaque jour.
Sur cette toile de fond, l'orateur a par ailleurs une feuille de route établie par Bernard Marmier : «Concernant ces changements et ses bouleversements qui secouent le monde, je vous invite à dresser quelques passerelles pour nos AOC et nos filières économiques», souhaite le président de la FDCL du Doubs. De fait, ces nouvelles situations invitent à se dire que plus rien ne sera comme avant. «C'est vrai mais c'est aussi faux», tempère le conférencier. Car cet ancien monde n'est pas en train de basculer vers un nouveau monde. Pascal Boniface prend le 11 janvier 2015 comme exemple. Serait-ce la date butoir où tout chavire ? Point s'en faut. «La France n'est pas à feu et à sang. La France n'a pas changé sa politique étrangère.» Pourtant il y a des morts. «Il ne faut pas confondre émotion et réalité.»

Pour le directeur de l'Iris, le revirement se situerait plutôt à la chute du mur de Berlin. Amenant la fin du monde bipolaire. Une conclusion logique dans la mesure où le bloc de l'Est était «largement effrité».


Nouvelle donne


Les États-Unis d'Amérique ont donc gagné. Mais à y regarder de plus près, il faut tenir compte de l'émergence des Bric — Brésil, Russie, Inde, Chine et on pourrait encore ajouter l'Afrique du Sud — «Une invention de la banque Goldman-Sachs» qui s'appuie sur des taux de croissance de l'ordre de 5 % qui permet l'émergence des classes moyennes.
Et les énormes progrès induits par les nouvelles technologies. «Le monde est devenu un village global dans lequel il n'y a plus rien de secret.» Penser global, agir local devient une nouvelle articulation. «S'en saisir permet de se retrouver au coeur d'une mondialisation réussie et non subie.» Et incite à regarder ailleurs où de nouveaux marchés sont en voie d'éclosion. Car les produits européens sont attractifs en terme d'image. «Il y a trente ans, une mère de famille chinoise ne savait pas qu'il existait un ailleurs et si elle en avait eu connaissance elle n'aurait jamais avoué à sa voisine ne pas faire confiance aux produits chinois sous peine de se retrouver au goulag.»
Comme le pouvoir d'achat augmente, le consommateur ne cherche plus à subvenir à sa subsistance. «Il est sorti de la misère et recherche des produits de qualité. C'est une belle opportunité pour votre comté et vos autres produits.» Une opportunité grandement confortée par la force de l'image. Il suffit de s'attarder sur le succès du Tour de France. Donc il
ne faut pas regarder l'avenir en noir mais aussi éviter une vision béate. «Je vous invite au pessimisme de la lucidité et à l'optimisme de la volonté


D. G.