Publié le 15/04/2015 à 00:00 / Jura Agricole

Cultures soja

Le soja fait l'objet d'un regain d'intérêt et les surfaces progressent. Cette culture possède de nombreux atouts environnementaux : peu de maladies et d'insectes nuisibles, pas d'apport d'engrais azotés et un impact agronomique et parasitaire positif sur les cultures suivantes. Néanmoins pour réussir son soja, il est important de bien choisir sa parcelle et de soigner son implantation.

Réussir son implantation de soja

Le soja s'adapte à de nombreux milieux mais il convient de bien sélectionner sa parcelle :

- Eviter les sols trop calcaires (>10% de calcaire actif), qui provoquent des chloroses ferriques et où le potentiel de rendement est plus limité. S'il faut éviter les reliquats importants (plus de 80 unités) à l'implantation qui contrarient la nodulation, le soja valorise bien les sols à bonne teneur en matière organique dont la minéralisation estivale complète les besoins importants en azote de la culture
- Une bonne alimentation en eau est primordiale tant pour la plante que le bon fonctionnement des bactéries fixatrices d'azote ; dans les situations limitantes (RU>120 mm), rendement et teneur en protéines risquent d'être limités.
- Avoir une parcelle « propre » car si le soja se désherbe relativement bien, il n'est pas très concurrentiel des adventices.
- Sélectionner une parcelle suffisamment plane, ce qui permet de récolter plus facilement les 1ères gousses et ainsi de limiter les pertes de rendement (de 2 à 7q/ha mesuré). Pour les parcelles caillouteuses, prévoir un roulage, pour enfoncer les pierres.

 

Soigner son implantation


Comme toute culture de printemps, le soja est sensible à la structure du sol. Il est donc important de semer sur un sol bien ressuyé et réchauffé (>10°C). Cela permet une levée homogène et d'obtenir un départ rapide et vigoureux de la culture.
Semer :
• à 2 cm en semis précoce, terre froide ou battante.
• à 3 ou 4 cm en semis plus tardif, terre chaude, ou sèche et motteuse, à une vitesse de 6 km/h maxi, quel que soit le semoir.
• Semer à 4-5 cm de profondeur si un étrillage agressif en prélevée ou post-levée précoce est envisagé.

Les bactéries (Rhizobium japonicum) qui permettent à la culture de s'alimenter en azote sans apport d'engrais ne sont pas présents naturellement dans les sols français et doivent être apportées sous forme d'inoculum. Inoculer systématiquement est donc obligatoire sauf dans quelques cas : seules les parcelles ni calcaires, ni sableuses (<35%) ayant reçu du soja bien inoculé au cours des 3 dernières années peuvent s'en passer.
Attention les bactéries sont fragiles et les conditions de conservation et d'emploi (délai, température, lumière) sont à respecter scrupuleusement.

 

Adapter sa densité et sa date de semis


La date de semis idéale dépend du secteur et du groupe de précocité des variétés. La densité de semis est dépendante du groupe de précocité choisi. Plus les variétés sont précoces, plus il convient d'augmenter les densités

 

Période optimale de semis par groupe de précocité : Auvergne, Bourgogne, Franche-Comté, nord Rhône-Alpes, vallées alpines : du 1er au 31 mai

Adapter ensuite l'écartement au groupe de précocité :

• 18 à 30 cm pour les groupes 00 et 000/TTP ;
• 35 à 60 cm pour les groupes 0, I et II.

 

Et enfin adapter la densité de semis aux conditions de culture :
• Plus une variété est précoce, plus la densité doit être élevée (voir tableau ci-dessous). En effet, les variétés précoces ramifient moins, et en particulier celles du groupe 000/TTP.
Les pertes à la levée peuvent être dues à la faculté germinative des semences (qui varie selon les lots), ou aux conditions de semis et de levée.
• Les semences certifiées ont une capacité germinative minimale de 80 %.
• Les semis réalisés en mauvaises conditions (vitesse excessive, profondeur trop importante, sol insuffisamment réchauffé, etc.) augmentent les risques de pertes de graines.
• Il est conseillé d'augmenter la densité de semis de 5 à 10% si l'utilisation d'une herse-étrille est envisagée.

 

 

F.Boizet Cetiom