Publié le 16/04/2015 à 00:00 / Jura Agricole

METEO

Sur les régions Rhône-Alpes, Bourgogne et le Jura, la météo du mois de mars a été plutôt clémente avec des températures supérieures aux références et des pluies plus faibles que les normales de saison.

Un mois de mars sec et doux

Les fameuses giboulées de mars n'ont pas été très présentes cette année. Ces violentes et soudaines averses ont touché la région Rhône-Alpes, Bourgogne et le Jura la première semaine de mars. Les pluies se sont faites plus rares ce mois-ci qu'à la normale.
Trois zones, suivies par des stations météorologiques, affichent des cumuls proches de la moitié de la normale : la vallée de la Saône en Bourgogne, le nord des Alpes et le sud Ardèche.
À Dijon, il n'est tombé que 28,7 mm pour une normale de 60 mm, soit un déficit de 53 %. À Mâcon, le déficit est de 45 % comme à Thonon-les-Bains. Enfin, à Lanas en Ardèche, seuls 32 mm
pour une normale à 54,4 mm ont été comptabilisés.

Le Jura et les monts du Lyonnais n'ont pas été très arrosés. Lons-le-Saunier affiche ainsi un déficit de 36 % et Les Sauvages de 33 %.
Ailleurs, les stations enregistrent des cumuls déficitaires de 10 à 15 %. C'est le cas à Ambérieu, Lyon Saint-Exupéry, Montélimar, Saint-Étienne-Bouthéon et Grenoble. Seules les stations alpines
de Bourg-Saint-Maurice et de Chambéry- Aix ont enregistré des précipitations supérieures à la normale respectivement de 30 % et 10 %.

Ce mois de mars globalement déficitaire sur la zone Centre-Est de la France arrive après deux mois plutôt bien arrosés. Les cumuls de pluie depuis janvier sont encore très largement excédentaires, mais on constate que les stations du val de Saône, Dijon et Mâcon sont en déficit sur l'année 2015. Le siège de la région Bourgogne affiche un retrait de 23 % par rapport à la normale, contre 2,5 % pour Mâcon. Dans les Alpes du Nord, le cumul depuis le début de l'année 2015 est également légèrement en deçà de la normale et n'atteint que 97 % de la normale.
Depuis septembre, soit la période de recharge hivernale des nappes phréatiques, la majorité des zones sont excédentaires en cumul de précipitations, sauf les stations alpines qui affichent de 3 à 5 % de déficit par rapport à la normale et celle de Lons-le-Saunier en retrait de 6,5 %.


Douceur des températures


Les températures du mois de mars n'ont pas été très froides. Un long épisode de températures douces, de journées ensoleillées, d'absence de pluie et de vent a même entraîné un épisode de pollution de l'air assez long, du 15 mars au 22 mars, qui a touché l'axe Rhône-Saône de Dijon à Montélimar, ainsi que la Loire, le département de l'Ain et le nord Isère. Si les températures en base 0 sont assez nettement supérieures aux normales dans toutes les stations, notamment dans le sud de Rhône-Alpes et sur l'arc alpin, elles sont inférieures aux normales en base 8°C. C'est surtout vrai en altitude, à Saint-Étienne, aux Sauvages ou à Lons-le-Saunier.


Camille Peyrache

Pourquoi les giboulées ont-elles lieu en mars ?


Ce phénomène météorologique se développe principalement au printemps (mars-avril). À ce momentlà, le soleil qui est plus haut dans le ciel qu'en hiver, réchauffe le sol et les basses couches de l'atmosphère. Ces couches d'air chaud et souvent humide remontent par convection et se refroidissent dans les couches d'altitude de l'atmosphère qui sont encore très froides, jusqu'à -35 °C à 5 000 mètres. Le refroidissement entraîne la formation de nuages verticaux en forme de chou-fleur, connus sous le nom de cumulonimbus. Ces nuages donnent alors des averses orageuses qui peuvent provoquer de la pluie, du grésil ou de la grêle. Lorsqu'elles se produisent, les giboulées ont tendance à rafraîchir fortement l'atmosphère, de l'ordre de 6 à 8 °C.